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Le Dossier Bertrand. Jeux d'histoire
Artières Philippe ; Demartini Anne-Emmanuelle ; Ka
MANUELLA
20,00 €
Épuisé
EAN :9782917217016
Un notaire avide, une femme adultère, un divorce, une mystérieuse lettre anonyme, un procès, des expertises graphologiques... La vie de Daniel Bertrand est plus trouble qu'il n'y paraît. Directeur paternaliste d'une agence bancaire lilloise, il aspirait pourtant, dans cette France de l'entre-deux-guerres, à l'existence tranquille et honnête d'un notable de province. Comment s'est-il retrouvé pris dans ce jeu de trahisons familiales, entre vaudeville social et tragédie personnelle? Qui se cache derrière cet homme apparemment sans histoire qui met tout en ?uvre pour sauver son honneur? Un dossier d'archives exhumé d'une brocante, une réunion à la Sorbonne, une règle du jeu, une paire de ciseaux, un dé à jouer, une sonnette manuelle... Cinq historiens en quête de personnage ouvrent le "Dossier Bertrand" et s'attachent, chacun à sa manière, à en élucider l'énigme. Leurs récits se nouent, se croisent et se répondent pour composer un cadavre exquis; une histoire faite de multiples histoires, rendant sensible la pluralité des approches et des genres de l'écriture de l'histoire. Car les démêlés judiciaires de notre bourgeois bien-pensant ne sont qu'un prétexte à une autre affaire: si Bertrand a échoué de son vivant à imposer ses vues aux experts en graphologie, il parvient aujourd'hui à questionner les pratiques des historiens qui se penchent sur lui.
?La piste, le chemin, la route, l'autoroute ont progressivement, depuis l'Antiquité, quadrillé les territoires. Ces lignes ont tracé au fur et à mesure un réseau de communication entre les villes. Elles ont dessiné ainsi dans l'espace de nouveaux paysages. Cette histoire est connue, de même que celle des pratiques de représentation qui l'accompagne : des cartes aux plans. Pourtant, si on se place dans la perspective de l'infra-ordinaire, chère à Georges Perec, si on envisage la route comme un dispositif, alors elle apparaît comme un lieu inconnu. Convoquant la littérature, la psychanalyse, le cinéma, la photographie et même les manuels de conduite, ce livre montre comment la route, loin d'être un simple moyen de se rendre d'un endroit à un autre, devient ce lieu en soi, avec son régime propre d'inscriptions, des inscriptions qui ont le pouvoir extraordinaire de construire des espaces nouveaux, propices à la fiction. N'est-ce pas sur la route qu'Oedipe croisa son père sans le reconnaître, et qu'une banale querelle de priorité l'amena à commettre son geste fatal, donnant ainsi naissance à l'un des mythes les plus révélateurs de notre inconscient ?
La collection de photographies privilégie une approchethématique, transversale, voire poétique, de la photographiemoderne et contemporaine, illustrée d'une soixantained'oeuvres choisies parmi les 70000 que compte la collectionphotographique du Centre Pompidou, l'une des plusimportantes sur le plan international. La ville écrite. L'histoirede la photographie est traversée par l'histoire de l'écriture etvice versa. Depuis les premiers relevés photographiques deshiéroglyphes égyptiens jusqu'aux graffitis urbains, en passantpar les néons publicitaires qui éclairent la nuit des grandesvilles, l'écrit hante la photographie. L'image photographique aaussi, à l'inverse, profondément modifié notre regard surl'écriture. A l'époque moderne, la ville est devenue unimmense réservoir de signes, une page sur laquelle s'inscritnotre histoire quotidienne, poétique ou politique. Dessurréalistes à Andreas Gursky, de Brassaï à William Klein,c'est à cette lecture urbaine que nous invite ce livre.
Prendre au sérieux l'idée de contemporanéité, faire se télescoper ce qui coexista et se risquer à produire un collage qui donnerait à voir, en un même livre, les écrits d'une carmélite et ceux de criminels, en un même chapitre les lettres de menaces envoyées par d'anonymes anarchistes et les lettres d'intercession écrites au front par les poilus, en une même page les commentaires des théologiens et ceux des graphologues de l'affaire Dreyfus. Produire par ce montage une biographie collective d'un moment de notre histoire sociale et politique. Laïciser Thérèse pour montrer qu'elle fut certes la fille de saint Jean de la Croix et Thérèse d'Avila, mais également, le fruit de la société française des lendemains de la Commune, le véritable monument de papier de la IIIe République. En suivant Thérèse au fil de ses petits papiers, c'est une vie de rien qui se dévoile, une existence comme en dehors de l'histoire et qui pourtant va s'y inscrire par l'écriture. Là est sans doute le plus remarquable à plus d'un siècle de distance: l'extraordinaire destin de la figure de Thérèse Martin ne tient pas dans son exceptionnalité mais dans son caractère profondément ordinaire; elle apparaît comme une passionnante figure pour comprendre l'histoire de l'écriture depuis les années 1880 jusqu'à aujourd'hui. C'est une plongée au milieu des archives minuscules, dans les boucles de l'écriture de la jeune carmélite morte en 1897 que l'ouvrage nous propose, dressant un portrait polyphonique de la petite sainte.
Qu'est-ce que faire de l'histoire ? Comment naissent et se construisent les projets de recherches ? Pourquoi décider d'enquêter sur un événement, une pratique, un lieu ? Qu'est-ce qui nourrit le besoin de consacrer du temps et de l'énergie à une question relative au passé ?.... En dévoilant ses Rêves d'histoire, Philippe Artières nous invite dans les coulisses de la discipline historique, à la genèse et au coeur du travail de l'historien. Ces rêves (d'une histoire de la ceinture, de l'anonymat, de la cloison, de l'imposture, des ratages, des routes et des déviations...) sont autant d'expériences qui dessinent une géographie historique inédite. La réflexion, ici, est affaire de plaisir, elle irrigue toutes les pages, déborde d'érudition, de surprises et de rebondissements. Il s'agit pour Philippe Artières d'accorder de l'importance à ce qui est minoré et fragile, de laisser leur part aux doutes, aux dérives, aux déplacements... Il s'agit aussi de faire se télescoper pratiques et disciplines, d'inviter dans la danse celles qu'on n'attendait pas : philosophie, sociologie, cinéma, art, littérature... Enfin, ces Rêves d'histoire témoignent d'une attention particulière au présent et d'une volonté d'inscrire la discipline historique au centre des préoccupations contemporaines. Il y a là un enjeu politique majeur : renouer, face à l'injonction au " devoir de mémoire " et dans le contexte d'un fort recul de l'histoire, avec une pensée critique de ce qui est en train de se passer. " Rêver n'est pas renoncer, bien au contraire. "
En 2017, alors qu'il célèbre ses quarante ans d'existence, le Centre Pompidou propose à Philippe Artières d'intervenir dans l'institution durant toute une année. L'historien imagine alors le Bureau des archives populaires. "Confiez-moi l'un de vos souvenirs du Centre Pompidou ! " C'est par ces mots que Philippe Artières s'adresse au public. Revêtu d'une blouse grise, installé derrière un bureau en carton confectionné pour l'occasion, il attend les visiteurs à l'intérieur du Centre. Il recueille leur parole, leurs souvenirs et parfois même des documents, autant de témoignages intimes, de microhistoires, qu'il collecte précieusement et qui constituent une archive sur le lien sensible entre une institution et ses visiteurs, sur le lien personnel que ceux-ci entretiennent avec l'art et la culture. Dans ce petit théâtre se joue un face-à-face inédit entre le corps de l'historien et le corps du témoin qui, au-delà de la transmission de mémoire, nous invite à une réflexion sur l'histoire en train de se faire, sur la pratique de l'histoire du très contemporain, lorsqu'elle "se risque dans l'instant de notre présent".
Cet entretien avec Nil Yalter est le premier volume d'une collection d'entretiens inédits créée en lien avec le prix d'honneur AWARE pour les artistes femmes, remis chaque année depuis 2017 à une plasticienne, liée à la France, pour l'ensemble de sa carrière. Cette collection poursuit les objectifs du prix : donner une visibilité à des artistes femmes dont les carrières ont pâti des biais de genre. Au-delà de cette question, il s'agit de donner accès à la parole des artistes. Cet ouvrage est l'occasion pour Nil Yalter de revenir sur l'ensemble de sa carrière : depuis la mise en place d'un art "sociocritique" dans les années 1970, pionnier dans l'art vidéo, proche du documentaire et en dialogue avec ses engagements féministe et communiste, exposant la condition des femmes, de la classe ouvrière ou des migrant·e·s, jusqu'à son usage des nouveaux médias dans une exploration de l'abstraction. Cet entretien est réalisé par Fabienne Dumont, historienne de l'art, critique d'art et enseignante en école d'art, spécialiste de la scène artistique féministe des années 1970.
Eugénie Paultre livre ici une réflexion brillante sur les artistes Etel Adnan et Simone Fattal, Ce regard de philosophe, mais aussi de peintre sur ces deux artistes dont elle connaît parfaitement les oeuvres, offre une analyse précise de leur travail et invite à un voyage instructif et poétique dans leurs mondes sensibles.