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L'HOMME QUI ACHETAIT LES REVES
ARRIVE MICHEL
CHAMP VALLON
18,75 €
Épuisé
EAN :9782876735606
Dans un ancien hangar de la SNCF, quelque part dans la Champagne profonde, la Senhora Doutora exerce au noir le métier de psychothérapeute. Réfugié dans la maisonnette voisine depuis qu'il a perdu sa ferme du Sombrevoir, le père Manouvrier tente d'écrire le récit de ses rêves. Hélas l ils se font de jour en jour plus rares. Pour continuer à écrire, il demande à la Senhora de lui raconter les rêves de ses patients. Leur petit commerce s'accompagne d'aimables privautés favorisées par la cachaça brésilienne. Mais ces excellentes relations courent un risque mortel : la Senhora menace de révéler les infidélités conjugales du seul ami de Manouvrier, le pharmacien du village. Comment le père Manouvrier fera-t-il cesser cet odieux chantage ?
Le français d aujourd hui évolue sous nos yeux à un rythme stupéfiant. Il conserve une bonne part de ses caractères de jadis et il s enrichit des innombrables innovations lexicales que lui apportent les mutations de la société et de ses moeurs.Les verbes sont les témoins privilégiés de cette évolution de la langue, parce qu ils désignent des activités qui, il y a peu encore, n étaient pas nommées, pour la meilleure des raisons: elles n existaient pas: chatter, coocooner, débloguer, fragnoler, paparazzer, titriser, twitter, verdir (au sens écolo), yourser, zipper, etc En évitant de se crasher ou de sescratcher. Ce qui ne les empêche pas de continuer, parfois sous des formes nouvelles, à brader, cafter et chiner (sans chinoiser?), à consommer et, hélas, à consumer, à (se) chambrer ou (se) cuisiner et (s )engueuler, parfois à flipper, gafferou tilter.C est l univers de ces verbes, sages ou fous, souvent sages et fous, anciens, et, surtout récents, parfois tout récents, qui révèlent les modes de vie des Français et des Francophones dans les premières années du XXIe siècle, querévèle l auteur de façon savante et drôle.
Un village, près de Fribourg, en Allemagne. Le nazisme règne sur le pays, la guerre se prépare, puis éclate. Une petite fille réussit à être à peu près heureuse. Avec sa grand-mère, institutrice retraitée, elle apprend à écrire, aux deux sens du mot : elle trace avec délices les belles lettres de l'écriture gothique, et elle commence à composer des contes, sur le modèle des frères Grimm. Bientôt, hélas, sans qu'elle en décèle vraiment la cause, elle perdra, pour longtemps, le véritable don d'écriture qu'elle a eu jusqu'à l'âge de douze ans.. Une station de ski déserte, au début de l'été, une trentaine d'années plus tard. Un notable de province, professeur de pharmacie et expert en mycologie, entreprend d'étrangler sa maîtresse, qui vient de lui signifier son congé. Mais il manque d'expérience : elle survit.. La jeune femme qui vient d'échapper à la mort ne serait-elle pas la petite fille allemande qui ne pouvait plus écrire ? On se pose la question avec une insistance croissante en lisant les récits alternés que le professeur et la Walkyrie - elle aurait donc retrouvé le don de l'écriture ? - font de leur lune de miel passionnée et orageuse. . . Michel Arrivé, qui est linguiste de son état, et a beaucoup écrit sur le langage et l'inconscient, est aussi un spécialiste de Jarry. La Walkyrie et le professeur est son cinquième roman, après, notamment, Les Remembrances du vieillard idiot (Flammarion, 1977, Prix du premier roman), et Une très vieille petite fille (Champ Vallon, 2006).
Résumé : Une très vieille dame, Geneviève Briand-Lemercier ? C'est ce que l'état civil indique : quatre-vingt-onze ans. Mais en même temps une toute petite fille. Elle ne résiste à aucune tentation et se trouve réduite, chaque fin de mois, à vendre chez Gibert quelques-uns de ses livres. Et elle suit toujours à la lettre la consigne, donnée par son père il y a trois quarts de siècle, d'écrire chaque jour quelques lignes de son journal. Cependant, l'angoisse la point : Madame Bertrand, la prestigieuse professeure de graphologie et d'astrologie transcendantales, dont elle paie à prix d'or les leçons, lui donne la consigne de ne plus écrire, et même de " désécrire ". C'est que le poids de ses écrits est un obstacle à sa longévité. L'Immortalité ? Elle ne pourra l'atteindre qu'à condition de se défaire de tous ses vieux cahiers. La vieille dame entreprend dans la douleur son travail de " désécriture ". Mais peu à peu elle s'interroge : ne serait-il pas plus commode de tuer les êtres plutôt que les lettres ?
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.