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L'abécédaire de Raymond Aron
Aron Raymond ; Schnapper Dominique ; Gardel Fabric
L'OBSERVATOIRE
19,00 €
Épuisé
EAN :9791032905739
Trois jours avant de se suicider, Romain Gary écrit à son ami : "Cher Raymond Aron, votre esprit souligne si bien ces temps obscurs que l'on en vient parfois, en vous lisant, à croire à la possibilité d'en sortir et à l'existence d'un chemin. Rares sont les cas où la force de la pensée rejoint celle d'un caractère." "Temps obscurs", la formule fait étrangement écho aujourd'hui. Une Europe qui ne croit plus en ses valeurs. La violence, la haine, la confusion qui gagnent. L'insulte qui remplace le dialogue démocratique. Le brouhaha médiatique, la radicalité inquiétante des réseaux sociaux. Le désarroi des intellectuels. Le "petit camarade" de Sartre, qui fut son adversaire le plus intelligent, a tenté, sa vie durant, de penser le monde dans sa complexité. Son obsession : le goût de la vérité, la détestation des fake news, la défense de nos systèmes démocratiques, " les pires des régimes à l'exception de tous les autres". Les Désillusions du progrès, Penser la guerre, L'Opium des intellectuels... Il est salutaire aujourd'hui de relire ce "professeur d'hygiène intellectuel" dont parlait Claude Lévi-Strauss, l'un des esprits les plus lucides du XXe siècle.
J'ai lu De la guerre pour la première fois il y a une vingtaine d'années, puis je l'ai cité comme tout le monde. En 1971-1972, j'étudiais l'ensemble des écrits militaires, politiques, personnels de Clausewitz et crus constater que la pensée du plus célèbre des stratèges restait à découvrir et à comprendre", écrit Raymond Aron en 1976. La pensée de Carl von Clausewitz retrouve ici sa dimension essentielle: être une théorie en devenir, qui jamais ne trouva sa forme définitive, puisque le général prussien, né en 1780, mourut en 1831, victime du choléra. Dans ce premier tome, Raymond Aron reconstruit, avec la rigueur qu'on lui connaît, le système intellectuel de celui qui voulut mettre à jour l'esprit, c'est-à-dire la nature et l'essence, de la guerre, "véritable caméléon". Formation du système, tendances divergentes, synthèse finale, équivoque irréductible, rapport à Montesquieu, à Kant ou à Hegel - sur tous ces sujets Aron formule ses analyses qu'il confronte aux jugements des critiques allemands.
Résumé : Ce tome deuxième prend l'exacte mesure de la place de Clausewitz dans le monde d'aujourd'hui. Les grandes écoles d'état-major l'enseignent, Moltke comme Foch, Lénine comme Mao Zedong l'ont lu, étudié ou appliqué. Qui d'entre tous s'y montre le plus fidèle ? Clausewitz peut-il lui-même être tenu pour responsable des massacres militaires et civils de la Première Guerre mondiale ou bien pour le plus farouche procureur contre la guerre d'anéantissement menée par Hitler ? Grâce à son échec dans l'action, Clausewitz, tel Machiavel, a trouvé le loisir et la résolution d'achever au niveau de la conscience claire la théorie d'un art qu'il a imparfaitement pratiqué. Son héritage consiste en deux idées maîtresses : le principe d'anéantissement et la suprématie de l'intelligence politique sur l'instrument militaire. L'arme nucléaire confirme la deuxième et modifie le sens de la première.
Les études rassemblées dans ce volume, dont quelques-unes remontent à l'avant-guerre, partent toutes d'un même projet : éclairer les problèmes que posent les péripéties de l'histoire contemporaine en les rapportant aux idées des philosophes classiques (Machiavel, Marx, Pareto, Max Weber, Alain) et aux systèmes de la science moderne politique à l'intérieur des Etats ou entre les Etats. Le lecteur percevra l'écho du tumulte du forum dans ces études, engagées et détachées, d'un homme qui n'a jamais franchi le seuil de l'action, "spectateur impur" des batailles auxquelles il ne se mêle que par la plume ou la parole". Raymond Aron.
Résumé : "La Chine n'est plus communiste" : la rumeur s'est répandue, comme une évidence. Mais ne serait-ce pas le plus grand malentendu de notre époque ? Malgré l'ouverture économique de 1978, les mesures d'internationalisation des entreprises d'Etat, l'établissement de relations diplomatiques avec les puissances occidentales, la Chine demeure fidèle à ses racines rouges. "Le communisme est un idéal vers lequel nous devons tous tendre" affirment aujourd'hui encore les cadres du Parti. Renforcé par l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013, le Parti communiste chinois s'infiltre au quotidien dans toutes les strates de la société : politique et économique, bien sûr, mais aussi culturelle, artistique, éducative, sociale ou religieuse, et ambitionne d'étendre cette influence à l'international. Il fallait bien sept années d'observation et plus de 400 entretiens menés par Alice Ekman auprès de hauts cadres du Parti et fonctionnaires, diplomates, représentants d'entreprises, chercheurs et étudiants pour parvenir à comprendre la Chine contemporaine, son fonctionnement, ses évolutions récentes et sa stratégie de puissance, dans un contexte périlleux de tensions avec les Etats-Unis et de rapprochement avec la Russie. Car, alors que l'idéal libéral est de plus en plus contesté, la Chine cherche désormais à s'imposer comme une puissance de référence, une "solution" pour le monde, selon les propres mots de Xi Jinping, pour un jour parvenir à la "disparition ultime du capitalisme et la victoire finale du socialisme".
Chaque année, des tueries de masse plongent les Etats-Unis dans l'horreur. Et pourtant, la liberté d'être armé est un droit fondamental, reposant sur le sacro-saint deuxième amendement à la Constitution, que soutiennent une majorité d'Américains : la puissante National Rifle Association, de paisibles mères de famille, les chasseurs, les tireurs sportifs, toutes celles et ceux qui veulent se défendre contre d'éventuelles agressions, qui n'ont confiance ni dans leurs polices ni dans les institutions fédérales. Ce que contestent, avec de solides arguments, les partisans du contrôle des armes. Le débat divise le pays, au même titre que l'avortement, la peine de mort et l'immigration. Il tient une place encore plus importante que l'opposition entre démocrates et républicains. Il suscite la controverse dans le monde religieux, universitaire, politique. En un mot, il nous plonge au coeur de la culture américaine, si proche et si différente de la nôtre.
Qu'elles soient joyeuses ou tragiques, visibles ou non, les ruptures rythment notre existence, nous transforment, nous remettent profondément en question. Comment conjuguer ces « bifurcations » de nos vies que sont les ruptures avec l'idée de notre identité, une et constante ? Nous révèlent-elles la multiplicité de nos identités possibles, ou le fait que nous nous affirmions progressivement, au fur et à mesure de ces « accidents » de la vie ? Nous épurent-elles ou nous démolissent-elles ? Pour la philosophe Claire Marin, la définition de notre être est tout autant dans nos sorties de route que dans nos lignes droites, dans les accrocs au contrat que dans le contrat lui-même. Naissances ou deuils, séparation ou nouvel amour, besoins d'ailleurs : nos oscillations, nos vacillements fragilisent nos représentations, ébranlent nos certitudes, certes. Mais ils soulignent aussi fondamentalement la place de l'imprévisible, et questionnent notre capacité à supporter l'incertitude, à composer avec la catastrophe et, en les surmontant, à parfois démarrer une nouvelle vie.
La France prend des rides et des cheveux blancs. Désormais, les plus de 60 ans sont plus nombreux que les moins de 20 ans. Une première dans l'histoire et l'un des phénomènes sociaux majeurs de notre époque. Nous entrons dans un "nouvel âge des seniors". Une planète poivre et sel où les vieux n'ont plus grand-chose à voir avec leurs aînés ; où la société tout entière est en voie de transformation, en route vers un autre paradigme. Au-delà des déséquilibres économiques, la longévité exceptionnelle qui nous est donnée, et dont il faut se réjouir, a de multiples répercussions et pose de nombreux défis dont on commence seulement à prendre conscience et à mesurer l'ampleur. Elle secoue le paysage politique, bouscule les relations familiales, bouleverse les rapports sociaux, chamboule l'univers culturel, soulève des questions éthiques... Elle nécessite aussi de repenser l'habitat, la ville, les transports. L'industrie, les services, la distribution, la santé, le marketing sont contraints de s'adapter. Sans bruit, une "silver société" s'installe et chacun doit déjà s'en accommoder. Elle impose de revoir notre approche de la vieillesse, de changer notre regard sur les personnes âgées, de revisiter leur place et leur rôle. Loin d'être une "mort sociale", la retraite est à présent un temps de l'existence à part entière.