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Un monde sans ressources. Besoin et société en Europe (XIe-XIVe siècles)
Arnoux Mathieu ; Giraud Gaël
ALBIN MICHEL
23,00 €
Épuisé
EAN :9782226477583
Le réchauffement climatique et la transition écologique ont placé la notion de " ressources " au centre de nos préoccupations. Or son histoire, plus ancienne qu'il n'y paraît, est une problématique majeure de la construction des sociétés. Dès le Moyen Age, les Européens eurent le souci de nourrir les affamés, vêtir les indigents, loger les sans-abris, autant de besoins concrets auxquels tâchèrent de répondre l'Eglise et les pouvoirs politiques, en s'efforçant de construire un mode de vie durable. Explorant les liens tissés au coeur de la grande croissance médiévale entre besoin et développement, sobriété et consommation, Mathieu Arnoux souligne à la fois les réussites et les impasses d'un système économique construit presque exclusivement sur l'exploitation de ressources renouvelables, au risque de mettre en crise le régime féodal ; ce dont témoignent aussi bien une célèbre oeuvre de fiction, le Roman de Renart, que les statuts de grandes communautés monastiques, comme l'ordre de Cîteaux. A l'heure où l'épuisement des ressources pose la question de la survie des modes contemporains de développement et d'existence, nous pouvons tirer profit des leçons, étonnamment modernes et ingénieuses, du Moyen Age chrétien.
Extrait de l'introductionQuand je considère combien d'accidents et risques de maladies, hasard ou violence, menacent la vie de l'homme d'infinies manières, et combien de choses doivent concourir durant l'année à vouloir que la récolte soit bonne, il n'y a rien dont je m'émerveille plus que de voir un vieil homme, une année fertile.Dans ces mots, que le Florentin François Guichardin écrivit à son propre usage vers 1530, se lit son désarroi face à la situation italienne après le sac de Rome de 1527, marquée par les assauts successifs de la peste, de la guerre, civile, étrangère ou de religion, et de la famine. Mais, comme souvent chez le grand historien, la phrase va au-delà de l'expérience individuelle, ici celle de l'échec et du découragement. Souvent lue comme un retour au grand pessimisme stoïcien, la maxime parle en effet de volonté et d'émerveillement, et n'incite pas au fatalisme. Elle célèbre le vieillard, vainqueur des menaces qui pèsent sur l'existence humaine, et la belle récolte, fruit de la conjonction des peines communes. Élevé dans les années 1480, médiévales autant que renaissantes, Guichardin résume à sa manière, en quelques lignes, l'expérience de cinq siècles de construction d'un modèle démographique et économique européen. Au-delà de la silhouette du vieillard et du spectacle des moissons, l'aphorisme évoque la possibilité de la croissance démographique et de l'abondance. Au seuil de l'époque moderne, à un moment où la première mondialisation suggère de changer tous les paradigmes d'interprétation du monde contemporain, une phrase suffit à redire ce que les siècles précédents avaient affirmé: l'importance et la valeur du labeur mis en commun. Mais Guichardin s'en émerveille, comme d'un mystère. Les pages qui suivent sont nées du désir d'affronter cette énigme.À qui réclame un récit, plus conforme à l'usage des historiens qu'un aphorisme, notre histoire pourrait se raconter en trois tableaux, observés à l'échelle de l'ancien continent, plus précis et riches en détails à mesure que le temps s'écoule. Plaçons-nous d'abord par la pensée dans le monde méditerranéen des dernières années du Xe siècle. La chrétienté latine, dominée par la construction impériale ottonienne, est l'une des trois puissances qui se partagent ou se contestent la suprématie sur les territoires de l'ancien empire romain. Elle fait alors la démonstration de sa capacité à se protéger contre les attaques de l'extérieur, qui lui a permis depuis le milieu du Xe siècle de repousser les agressions menées par les Hongrois, les Sarrasins et les Vikings, et elle se trouve dans la situation privilégiée, face à ses rivaux affrontés l'un à l'autre et menacés par les envahisseurs turco-mongols, de n'avoir à redouter que sa propre violence. Pour autant, les contemporains ne lui donneraient sûrement pas la première place face au prestige et à la puissance militaire de l'Empire byzantin ou au rayonnement culturel et artistique du monde arabo-musulman. Le succès brutal des chevaliers francs lors de la première croisade, à la fin du siècle suivant, ne bouleverse pas réellement les données du problème: la suprématie temporaire des uns ne ravale pas les autres au second rang.
Ce n'est pas parce qu'on entre au collège Qu'on est trop jeune pour penser par soi-même. Le monde vous intéresse. En vous proposant : informations précises et solides, mais aussi des récits, des histoires et des interviews de spécialistes, Les Idées en Revue vous donne l'occasion de réfléchir et de discuter sur les sujets les plus importants de la vie des hommes. La pauvreté, la justice, l'argent, la guerre, le langage, la mort, le progrès, le racisme, la création, la famille, le mensonge, l'amour ou la violence... autant de grandes questions morales et sociales qui ne sont pas réservées aux adultes.
La Normandie fut, jusqu'à une période récente une importante région de production de fer. Cette recherche, fondée sur une documentation vaste et variée, met en lumière les structures très originales de sa sidérurgie médiévale, entièrement maîtrisée par les communautés d'habitants. Celles-ci assurent l'extraction du minerai et contrôlent la production et le travail du métal par l'intermédiaire de corporations rurales, les métiers de férons. Cette sidérurgie paysanne, dont les sources attestent la puissance et le dynamisme dès le XIe siècle, sut résister jusqu'à la fin du XVe siècle aux prétentions seigneuriales. Les métiers de férons ne perdirent leur autorité que lorsque la diffusion de techniques nouvelles bouleversa les conditions économiques de type capitaliste, entièrement contrôlée par les privilégiés. L'importance de la diffusion du fer et la place des forgerons dans le développement de l'Occident médiéval avaient été depuis longtemps soulignées, sans que soient véritablement étudiées les conditions réelles de la production, du travail et du commerce du métal. Un chapitre important de l'histoire industrielle de l'Europe se trouve ainsi révélé par cette enquête, qui ouvre aussi des perspectives nouvelles sur l'histoire sociale des campagnes médiévales.
Résumé : En dehors d'approches ethnologiques, l'intérêt pour l'étude de la divination et des arts divinatoires en général a été pendant longtemps réduit, en occident, au débat qui oppose les sciences et les " parasciences ". D'un côté, le mépris et la négation systématique ; de l'autre, une confiance aveugle qui n'est pas sans rapport avec ce qu'il est convenu d'appeler la " pensée magique ". N'est-ce pas là, d'une part et d'autre, la meilleure façon de passer à côté du sujet, en le constituant comme croyance et non comme objet d'étude ? S'il est vrai que les procédés divinatoires, de la géomancie à l'astrologie, ne relèvent pas de la science, il n'en reste pas moins qu'ils ont une réalité propre dont il faut rendre raison. C'est à ce travail profondément novateur que s'est attachée Marie-Louise von Franz. Explorant les fondements inconscients qui ont donné le jour à "c es pratiques", la disciple de Jung affirme que les arts divinatoires dont d'abord symboliques. Ils obéissent à des lois spécifiques qui peuvent nous renseigner sur ce " lieu " de l'âme où se rejoigne potentiellement l'esprit et la matière.
Le Livre de la Voie et de la Vertu (Tao Te King) est attribué à Lao Tseu (ve-IVe siècle av. J.-C.). C'est une superbe prose classique. Elle jaillit comme le souffle de l'univers entre le Ciel et la Terre. La Voie, comme leur principe unique, produit tous les êtres. Elle les contient, elle les soutient, elle les régit, maintenant leur cohérence intime et leur cohésion globale. D'un seul mouvement du coeur, contemplons le repos de cette Mère, observons les enfants qui sortent d'elle. Tel est le monothéisme si vivant des Chinois. Le Taoïsme sécrète l'optimisme, désarme l?agressivité, élude les difficultés, avec la grâce du naturel propre à l'esprit chinois.
Résumé : En 195 aphorismes, les Yoga-Sutras de Patanjali codifient l'enseignement d'une pratique traditionnelle plusieurs fois millénaire. C'est l'esprit même du Yoga qui se trouve ici décrit, résumé en une série de remarques lapidaires et lumineuses. Vrai traité de connaissance de soi, cet ouvrage est l'un des textes majeurs de l'humanité. Son message, transcendant les siècles, se révèle bien plus que moderne : essentiel.