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Lignes de partage. Littérature / Poésie / Philosophie
Armengaud Françoise
KIME
22,40 €
Épuisé
EAN :9782841742622
Voici douze études, sur des artistes, des romanciers, des poètes, des philosophes, où l'on trouvera presque toujours un enjeu de discernement entre des registres (entre des genres, entre des discours) voisins, irréductibles et proches, voire rivaux : philosophie/poésie (Platon, Levinas, Wittgenstein), littérature/philosophie (Camus) ; le savoir et le croire (Moore et Wittgenstein), etc. " Partage " est donc à entendre comme dans " partage des eaux " : délimitation de frontières au gré des pentes et des courants, au fil des immanences respectives. Or l'image empruntée à l'hydrologie - et qui peut se poursuivre en ligne de faîte, ligne de crête, clivage, ou encore ligne de faille... - fait assez vite place à une autre image encore plus familière : au sens du partage du pain (ou toute autre chose), c'est-à-dire à la fois la mise en commun, la partition et la répartition ; partage de l'innovation sémantique entre les locuteurs, chez Francis Jacques ; exploration des ratés, refus et dénis du partage chez Nathalie Sarraute et Monique Wittig (et rôle réparateur de la littérature) ; partage (impérieux) d'une vision métaphorique des choses chez Victor Hugo, chez André Verdet, ou chez Violette Leduc ; partage de l'effet sémantique entre texte et image chez Jean Le Gac. Aux perspectives sémantiques classiques d'étude des textes philosophiques et littéraires, l'auteur a voulu ajouter l'approche pragmatique. Cette approche fait, par exemple, de la métaphore une injonction à un "voir comme" (dont le dialogisme et l'interrogativité sont mis en évidence par Francis Jacques). Non seulement le " faire voir " que l'on reconnaît habituellement comme la capacité de l'image pittoresque, ou le " donner à voir " comme à prendre ou à laisser, mais une intimation : non seulement offrir une vision, mais y contraindre ; non seulement la proposer, mais l'imposer. Par la métaphore, l'écrivain communique ce qu'il y a de plus singulier et de plus libre, et aussi de plus autoritaire dans sa vision. C'est finalement, chez Victor Hugo, comme chez André Verdet ou chez Violette Leduc, un impérieux " voir à ma manière " qui est suggéré. La métaphore devient une interrogation/imposition toute personnelle et singulière des signes du monde.
Table des matières : Introduction I -- Genèse de l'approche pragmatique : Fondation de la sémiotique par Charles Sanders Peirce -- par Gottlob Frege -- Mise en place du paradigme de la communicabilité par Wittgenstein -- L'apport de Charles William Morris -- Deux fondateurs relais, Rudolf Carnap, Yehoshua Bar-Hillel -- Le programme de Stalnaker en 1972 -- Le programme de Hansson en 1974 II -- La pragmatique du premier degré. L'étude des symboles lexicaux : La tentative de réduction par Russelll -- Le traitement des symboles indexicaux par Bar-Hillel -- La thèse de Paul Gochet -- Diversification ou unification ? III -- La pragmatique du second degré. Sens littéral et sens communiqué : Présuppositions et implicatures -- Le point de vue de Searle -- Le point de vue de Ducrot IV -- La pragmatique du troisième degré. La théorie des actes de langage : La classification des actes de langage -- Les actes de langage indirects V -- A partir de la pragmatique, portée philosophique d'une nouvelle approche du langage : L'intégration de la pragmatique dans les philosophies de l'action -- Autour de l'École de Francfort -- La pragmatique de Francis Jacques -- Esthétique et pragmatique Conclusion -- Bibliographie
Née en 1935, Anita Tullio est une artiste inventive, pionnière, intransigeante. Elle compte aujourd'hui parmi les très grands contemporains dans ce que Valéry appelait " le plus noble des arts ", car le plus périlleux… Par ce récit-poème d'une rencontre, l'auteur a voulu porter un témoignage subjectif sur une subjectivité à l'uvre, esquisser un portrait, méditer sur une vocation et sur une destinée.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.