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Méditations de Saint-Nazaire
Arenas Reinaldo
VERDIER
10,14 €
Épuisé
EAN :9782903945541
Je suis en ce moment en France, à Saint-Nazaire. Je voudrais seulement demander à ce ciel resplendissant, à cet océan qu'il m'est donné de contempler pour quelques jours encore, d'abriter ma terreur. Biographie de l'auteur Reinaldo Arenas, né en 1943 dans les environs de Holguin ( Cuba ), est décédé en 1990 à New York. Romancier, nouvelliste, poète, essayiste, il a été persécuté par le régime castriste pour son homosexualité et son non-conformisme. Il s'est exilé aux Etats-Unis en 1980. Il raconte son histoire dans son autobiographie Antes que anochezca ( Avant la nuit, Julliard, 1992, Actes Sud, 2000 ) qui a inspiré le film Before night falls réalisé par Julian Schnabel en 2001 et qui a obtenu le Grand Prix du jury de la Mostra de Venise en 2000. Il a été invité en résidence à la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs de Saint-Nazaire.
J'aime bien me promener la nuit quand il n'y a personne pour me voir. Oui, ça me plaît parce que je peux marcher à cloche-pied. Prendre mes aises à la cime d'un arbre et danser dessus, et faire des cabrioles. Et trente-six singeries, toutes différentes. Me rouler par terre et me remettre à courir, avant de me perdre dans le brouillard et entre les branches des hijillos qui restent encore debout. J'aime être tout seul et me mettre à chanter. Celestino s'est approché de moi et m'a demandé une gorgée d'eau." Où la prendre? Où? "lui dis-je, et je lui montre mes mains vides. Mais, en vérité, c'est que j'ai très mauvaise mémoire et que je n'arrive jamais à bien apprendre une chanson. Mais ça n'a pas d'importance - j'en invente. Je préfère presque les inventer plutôt que de les apprendre par coeur.Ça y est, je suis en train d'en inventer une."Celestino, le cousin du narrateur, s'est mis à écrire des poésies. Comme un fou, il écrit sans arrêt, partout, même sur les feuilles des arbres, même sous l'orage. Incompris des membres de sa famille, il s'entête malgré leurs cris et leurs menaces. Il ne sait rien faire que rêver et pleurer. Petit paysan cubain, il se dresse contre un monde qui essaie de le foudroyer. Voué à la douleur, à la mort - de faim, de tristesse, de solitude -, il transfigure le réel avec magie pour la défense de la liberté et de l'imagination.Celestino avant l'aube, publié à Cuba en 1967, constitue le premier volet d'une pentagonie, qui compte les romans: Le Palais des très blanches mouffettes, Encore une fois la mer, La couleur de l'été et L'Assaut. Biographie de l'auteur Reinaldo Arenas (1943-1990) est un romancier et poète cubain exceptionnel. Son oeuvre littéraire hors normes ainsi que son homosexualité affirmée fui valurent d'être considéré comme un dangereux "contre-révolutionnaire", traqué, condamné et emprisonné par le régime de Fidel Castro.
Roman traduit de l'espagnol (Cuba) par Liliane Hasson Situé à la Havane au début du XIXème siècle, ce roman nous plonge dans un monde bariolé et pittoresque de passions amoureuses contrariées, de révoltes d'esclaves...
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".
Dans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.