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Les mondes du bal
Apprill Christophe
PARIS OUEST
17,00 €
Épuisé
EAN :9782840163268
Le bal, entre lieu social et espace de création artistique, suscite des expériences corporelles et sensuelles très particulières, que décrypte cet ouvrage.L'érotisation des gestes, des parures et des regards prend son aise au bal. Les émotions s'enchevêtrent, le désir circule. Danser au bal, c'est faire société et se plonger dans un bain d'existence où la combinaison des sens peut générer des rencontres imprévisibles. Si la conscience d'une fête partagée est un ferment inépuisable, elle ne vaut pas par l'échange des idées et des concepts mais par la présence du corps à soi et à l'autre.Ainsi s'assemblent simplement chaque semaine dans une pluralité de lieux des danseuses et des danseurs. Du bal "populaire" à la nostalgie du "ptit bal perdu" , notre imaginaire fait la part belle aux petites mythologies qui tendent à nous faire oublier ses mutations contemporaines. Autour des mouvements revivalistes et de l'émergence des danses du monde, plusieurs cercles d'amateurs se sont structurés autour d'un unique type de danse, où passion amateur et professionnalisation apparaissent étroitement associées.En questionnant le sens de ces engagements sensibles et en relativisant sa réputation de lieux de rencontre, cet ouvrage décrypte le rôle des bals dans la fabrique du genre et dans l'existence des amateurs qui les font vivre. Qu'est-ce qui anime ces danseurs qui ne sont pas des artistes ? Que produisent ces engagements corporels fondés sur une rencontre de l'Autre impliquant le toucher ? A travers les affects qui quadrillent les passions, les mondes du bal ne sont-ils pas une fabrique de culture ancrée dans le quotidien, distincte des mondes de l'art, mais nécessitant une implication sensible ? Les danseurs et leurs danses, les musiques, les codes, les savoir-faire, la piste et ses entours, comment s'articulent ces expériences émotionnelles spécifiques ?Table des matières : I- Le bal mode d?emploi1- Les rondes du bal« La plus belle pour aller danser »A chacun son style, à chacun sa danseSavoir-faire2- Un mode d?existencePolysensorialité et sentiment d?existerLes parenthèses du balUne transe de basse intensitéEn amont des mots3- Avec le corpsLe mythe du corps « naturel »Le corps et ses « vérités »Vieillir et aller danserII- Un moment de formation des couples1- Nous sommes tous les enfants du balUn moment privilégié pour la formation des couplesL?affaiblissement de « l?institution marieuse »Les plaisirs ambivalents de la mixité2- L?allégorie du corps à corps hétérosexuelDes désirs normésL?omniprésence du sexe3- Le bal comme fabrique du genreHégémonie masculine et fabrique des garçonsJeu des regards« Guider/suivre »III- Les mutations du bal1- Réinventions, recompositions, transfertsDes monomanies discriminantesJusqu?au bout de la nuit? et de la vieCulte des origines et passion du voyage2- FormalisationsLa professionnalisationL?artification du bal ?3- Le bal est-il toujours populaire ?Une popularité relativeUn érotisme populaire ?Le bal fait-il encore rêver ?IV- Des danses démocratiques sans aura1- Des danses démocratiquesDe 9 à 99 ans : une large accessibilitéDes « danses plaisirs »Quand l?accessibilité devient frein2- Des danses sans auraL?invention de la « création » en danseLa naturalisation de la créationLes danses de bal ne sont pas artistiques3- Du symbole politique aux danses sans idéologieDes communautés peu engagéesBal et collectivitésV- Danse et musique : des « faux frères »1- Proximités et différences entre danse et musiqueCoprésence du sensible et du rationnelLa danse subordonnée à la musique2- La danse ne marche pas comme la musiqueLa médiatisation numérique à l?épreuve de la danseDanser en bal : au-delà de l?écoute3- L?engagement de la danseLe corps dansant : plus qu?une médiation, une immédiationCorps engagé : corps connaissant ou corps ignorant ?ConclusionBibliographie
Dorier-Apprill Elisabeth ; Gervais-Lambony Philipp
Cet ouvrage est le fruit, original, d'une écriture et d'une réflexion collectives de quinze chercheurs et enseignants-chercheurs de diverses disciplines et institutions, travaillant à partir de terrains très variés, du Nord comme du Sud, sur ce qui fait la ville aujourd'hui pour ceux qui l'habitent. Il entend répondre au discours commun sur l'évolution univoque des organismes urbains dans le contexte de la mondialisation, comme à l'inquiétude suscitée par ce que seront les villes du XXIe siècle. Les textes présentés analysent, à travers l'observation des vies citadines, les interactions contemporaines entre les recompositions spatiales et sociales urbaines. Ils proposent des éléments de réponse aux débats actuels se rapportant à la question de la dissolution de la ville dans l'urbain, à la déconnexion, annoncée par certains, des liens entre citadinité et urbanité, ainsi qu'à la notion de fragmentation urbaine. A l'image de certaines rues de nos villes, le plan de l'ouvrage invite plutôt à la flânerie. A chacun donc son itinéraire citadin au fil des pages. Ce qui fait le lien d'un texte à l'autre, c'est la recherche commune de ce qui fait ville malgré tout, pour le meilleur ou pour le pire.
L'urbanisation de la planète est le fait géographique majeur d'aujourd'hui : mégapoles, conurbations, étalement périurbain, poussée des villes petites et moyennes... Les pressions sur l'environnement sont l'artificialisation des sols et de l'air, la ponction sur les ressources. Les villes sont des milieux de vie spécifiques avec leur atmosphère propre, leur végétation, leurs microclimats. En ville, l'eau, si vitale, est mal partagée ; le traitement des déchets fait débat ; réhabiliter des quartiers crée de nouvelles ségrégations sociospatiales. Désormais, la ville est un enjeu politique et marketing. Quelles sont les représentations collectives de la nature et de l'environnement ? Le développement durable est-il possible ? Les réglementations sont-elles pertinentes ? Les auteurs, qui choisissent leurs exemples dans le monde entier, offrent une réflexion critique et font la première synthèse de recherches originales.
La collection "petite philosophie du voyage" invite Christophe Apprill, danseur et sociologue, à déclarer son amour du tango, dont le pouvoir de séduction s'étend bien au-delà de l'Argentine. Entre abandon et maîtrise, dans la ferveur (les émotions partagées, des couples s'enlacent, virevoltent et célèbrent une véritable communion des sens.
Cambrure, talons hauts, jambes effilées comme des couteaux, le regard qui harponne... Pourquoi cette posture plaît-elle tant? Pourquoi le tango fascine-t-il tellement? Serait-ce parce qu'enfin, on pourrait s'enlacer et jouer à être un homme ou une femme, un jeu auquel plus grand monde n'ose se prêter ouvertement? Avec ses icônes et son folklore, le tango séduit aussi parce qu'il correspond à une sensibilité de notre époque: à a fois chic et populaire, pratique de la rue et de la scène artistique, culture du monde, traditionnel et branché. En danseur et sociologue. Christophe Apprill pointe ainsi le jeu des tensions du tango: le bal du milonguero et la scène avant-gardiste, les tenants de la musique et ceux de la danse, Paris, Buenos Aires ou Rio de la Plata, l'homme et la femme, la chaussure à talon et les baskets, tango ouvert ou fermé... Autant de dissymétries qui marquent cette cadence si particulière!
Jibokji Joséphine ; Maître Barbara le ; Pernac Nat
Architectures grandioses, expositions médiatisées à outrance et instituées en rituels saisonniers, le musée est aujourd'hui investi d'une attractivité touristique et d'une charge patrimoniale, politique, symbolique sans précédent. Ce qui s'y monnaye est-il cette "monnaie de l'absolu" dont André Malraux célébra l'universalité? L'interrogation court tout au long de cet ouvrage qui choisit le prisme du cinéma de fiction pour revisiter le musée, dans ses missions et mythologies traditionnelles mais aussi dans ses coulisses et sa violence. Au final, les intrigues muséales tramées entre autres par Michael Curtiz, Tsai Ming-liang, Jean-Luc Godard, les frères Quay, Sanjay Gadhvi, Marco Bellocchio ou Charles Crichton sondent notre rapport fétichiste à l'oeuvre d'art et notre regard sur le patrimoine. A travers des analyses subtiles et décapantes, muséologues, historiens de l'art et du cinéma nouent un dialogue qui atteste la puissance discursive de la fiction. Il en naît aussi une éclatante relance théorique sur les fonctions du musée, sur les valeurs qui s'y transmettent, s'y échangent, s'y révisent et s'y réinventent.
Jean-Michel Maulpoix Vie commune ou vie promise? Il est peu d'oeuvres poétiques contemporaines qui invitent autant que celle de Guy Goffette à poser radicalement la question de l'expression lyrique. Tous les ingrédients que la tradition répète à loisir, en effet, sont là: expression du sentiment, aspiration à l'idéal, mélancolie, déploration du temps passé ou perdu, primauté de la voix et valorisation des ressources musicales du langage... Or nous sentons bien que chacun de ces motifs est trop stéréotypé ou trop vague pour rendre compte des subtils enjeux de cette écriture. Pour y voir un peu clair, il faut aller plus loin: chercher vraiment à entendre ce que la poésie réclame et ce pourquoi elle porte plainte. Il convient d'observer tout d'abord que la parole poétique de Goffette entre plus directement et vivement dans l'intime que tout autre. Elle ne l'exprime pas, elle le traque, le débusque, le poursuit parmi ses contradictions et ses jeux de masques, ses leurres, ses faux-semblants, ses bonnes et ses mauvaises consciences... Elle interpelle, questionne, insiste, malmène; elle tutoie et rudoie, elle parle du «je» comme d'un autre; elle y met la plume comme on y met le fer, avec l'espoir qu'il accouche d'une vérité. Cette vérité concerne moins le poète que son lecteur dont la figure se trouve curieusement prise au beau milieu de cette espèce d'intime scène de ménage dont le sujet lyrique est le théâtre. C'est de la vie commune, dans les deux sens du terme, qu'il est ici question... Du sort de tous et de chacun tel qu'il se connaît décousu et tel qu'il aspire à une chimérique unité La poésie lyrique regarde l'existence dans l'angle du sentiment et demande: qu'est-ce que la vie d'un homme, avec ses «amours de bric et de broc, toujours plus ou moins contrariées»? Ainsi donne-t-elle à entendre de combien de lignes de fuite, de bosses et de creux, une existence humaine est faite, ce qu'elle suppose de prétentions éconduites et d'espérances déçues. Si le Temps ainsi presse sur l'âme et la fait gémir dans le noir, si l'avenir jamais ne tient ses promesses, c'est que nous sommes travaillés d'étranges désirs, peu cohérents, mal explicables, et qui nous conduisent si souvent à trahir l'amour même que nous aurions bien mauvaise grâce à déplorer qu'il nous manque! À travers sa fièvre de comparaisons et de métaphores, l'écriture lyrique de Guy Goffette semble à la recherche d'une image, d'une formule ou d'une clef, qui la délivrerait enfin de son mal en le nommant une fois pour toutes... Mais un tel salut ne vient pas. Les mots ne sont que de l'herbe sèche que l'on arrache, ou des poignées de sable que l'on jette au vent. L'écriture ne peut que «remâcher» indéfiniment ses larmes. En vers ou en prose, elle est contrainte de déchirer et repriser les mêmes phrases tristes et coupables. Telle est la punition du poète-Pénélope qui attend en vain le retour du sens et de la pureté perdue! La poésie de Guy Goffette diagnostique cruellement l'incurable maladie dont souffre la vie commune. Nous autres, frères humains, sommes un bien curieux mélange de liens et de coupures! Comme la poésie même en ses filages et ses césures... Tout poème est un «manteau de fortune», un canevas de fuites et d'attaches. Partance: tel pourrait être, en définitive, sous la plume de Goffette, le mot-clef du mal-être. Comme on le dit d'une vieille barque accrochée à la rive, que le courant aspire, et qui tire en vain sur sa corde...
Résumé : Les livres sont aussi des bibliothèques. Dans la salle de lecture de celle que constitue celui-ci, on peut croiser, entre autres, Thomas Bernhard, André Breton, Blaise Cendrars, Pascal Quignard, Pierre Michon ou encore Philippe Sollers, qui y forment une petite communauté provisoire. Chacun de ces lecteurs singuliers vient là pour des raisons diverses : pour voyager, dénombrer, rêver ou encore interpréter. On y rencontre aussi l'auteur qui s'interroge sur cette étrange passion lire dont il soupçonne qu'elle cache quelque chose. Il semble que chacun de ces lecteurs ait trouvé dans le livre un objet d'amour. Un objet d'amour qui en remplace un autre.
Résumé : " Il y a des dates qui comptent, d'autres qui tombent en poussière. Tandis que 1896 ou 1907 se laissent oublier et ne marquent plus pour nous que des heures surannées, 1900 est une échéance, un jubilé, noces d'or du passé et de l'avenir ". C'est en orfèvre que Paul Morand célébrait 1900, trente ans après. Entre temps il aura été un des héraults des Années folles et, tout particulièrement, de l'année 1925, qui tout autant que 1900 a marqué une échéance et s'est vite imposée à la mémoire collective comme une année mythique. Étonnante et durable fortune ! Entre l'armistice de 1918 et la crise de 1929, les années vingt, profondément marquées par les horreurs de la Grande Guerre, présentent un singulier mélange de désarroi, de révolte et de frivolité. À la fin des combats qui ont dévasté l'Europe, tout un monde s'écroule, plongeant modèles et valeurs dans une crise durable. En cette période d'extraordinaire effervescence, la table rase et l'expérimentation sans tabous sont à l'ordre du jour. Les moeurs oscillent entre deux tendances fortes : émancipation et détraquement. Amour et libertinage jouent à cache-cache aux quatre coins de l'Europe galante. Discréditée par un conflit qu'elle a provoqué ou qu'elle n'a pas su empêcher, la politique hésite entre les tentations du communisme et du fascisme. Et la littérature, gagnée elle aussi par la difficulté d'être, cherche les voies de son renouvellement. Pour restituer l'esprit de cette époque qui à tant d'égards dialogue avec la nôtre, il fallait remplir deux conditions. Réunir, en premier lieu, des recherches travaillant dans des disciplines différentes. Se croisent ici des travaux de spécialistes d'architecture et de cinéma, de littérature française et de littérature comparée, d'études anglo-américaines et de Kulturwissenschaft, des hispanistes et des slavistes, des italianistes et des historiens du sport. D'autre part, il était indispensable de faire appel à des spécialistes internationaux.