Dans la pensée internationaliste, l'oeuvre de Georges Scelle occupe D sans doute une place à part en raison de l'approche originale qu'elle propose et des perspectives de recherche qu'elle ouvre, inspirées par les théories sociologiques d'Emile Durkheim et les enseignements de Léon Duguit sur la solidarité sociale, comme fondement de l'ordre juridique international. Fondée sur une méthode "réaliste et scientifique qui repousse tout postulat dont la preuve ne pourrait se faire expérimentalement", la doctrine de Georges Scelle recourt continuellement à la sociologie et à l'histoire pour y trouver l'explication des phénomènes juridiques. Les contributions de Georges Scelle à la compréhension des phénomènes juridiques au niveau international sont multiples, qu'il s'agisse de la création des normes, des rapports entre ordres juridiques, des mutations étatiques, de la souveraineté ou du fédéralisme. Pour Georges Scelle, "la force du droit international doit être organisée de telle sorte qu'elle puisse découvrir et réaliser les règles générales et lointaines de la solidarité humaine et les opposer à l'immédiateté des égoïsmes individuels et collectifs". Paroles on ne peut plus actuelles.
La psychologie sociale étudie les processus mentaux liés aux interactions sociales ? : les questions de la soumission à l'autorité, celle du handicap et de l'inclusion, les mécanismes relationnels, les jeux de pouvoir entre groupes et individus, le poids des normes et des représentations... Et si on (re)découvrait ? : - les changements de paradigme sociétal avec le film Men In Black ? ; - l'escroquerie et la manipulation dans le film A l'origine ? ; - la question de l'allégeance à l'obéissance dans I comme Icare... 1 film + 1 spécialiste = 1 concept-clé expliqué ! La psychologie sociale n'aura plus aucun secret pour vous !
Quand il fut bien certain qu'il aurait du mal à dépasser le grade de brigadier-chef, il démissionna de la police. Et il ouvrit immédiatement une agence de détective. Il ressentait désormais un grand soulagement. L'adhésion à la CEE allait bientôt devenir une réalité. Il avait agi avec célérité et surtout de manière prévoyante.
Apostolidès Jean-Marie ; Mazeron Michel ; Renaudin
Cet ouvrage se présente comme un triptyque. Le panneau central offre une autobiographie à l'état brut de Michel Mazeron, le héros de notre histoire. Elle se compose de lettres envoyées à ses proches, ou de mémoires soumis à l'administration pour dénoncer l'injustice qui lui a été faite, et constitue l'Affaire Mazeron, proprement dite. Avec tout ceci se joue le rêve d'un autre monde au point de jouxter, littéralement, la folie, ou la déraison visionnaire... avec l'arrière-plan toujours présent de Mai 68, dont Mazeron fut un acteur, au sein du CMDO, et dans la mémoire de l'amitié et de l'échange avec Guy Debord, dont ce dernier veut bien, par une lettre inédite à Mazeron, se porter garant. Le panneau de gauche est une suite de quatre entretiens, dans le style du XVIIe siècle, entre les trois protagonistes et responsables du projet. Le panneau de droite est le film, Buvons, buvons et moquons-nous du reste ; docu-fiction qui met en scène Mazeron et sa forte présence par le verbe iconoclaste, aux limites de l'onirisme. Chaque panneau est en harmonie avec les deux autres et lui sert de miroir. A certains égards, ce triptyque rend la parole à un "vaincu" de Mai 68, qui a pris ses slogans au pied de la lettre... plutôt que de "faire carrière". Mais si "l'ambition est l'ultime refuge de l'échec" (Wilde), il est loisible de penser qu'une telle histoire, mi-tragique et mi- grotesque, laisse, encore et toujours, sa part sensible et vivante au rire et au rêve.
Résumé : Il y a plus de vingt ans disparaissait Guy Debord, l?un des derniers grands intellectuels français, figure mythique des mouvements d?avant-garde de la seconde moitié du XXe siècle. Ecrivain, cinéaste, penseur révolutionnaire, autodésigné "ennemi de son siècle", il a été le chef de file de l?Internationale lettriste (1953-1957) puis de l?Internationale situationniste (1957-1972), et, à partir de son oeuvre majeure, La Société du spectacle (1967), l?infatigable pourfendeur de la société de consommation. Mais Debord était également, selon ses mots et comme le révèlent ses archives, "un déclassé conspirateur, un aventurier ne respectant rien parce que n?ayant rien à perdre", un "enfant gâté, qui a toujours cru que le monde était fait pour lui faire plaisir et n?a jamais été capable de ressentir les choses au-delà de cet infantilisme affectif", un "Capricorne patient comme le grisou qui s?accumule dans les galeries de mines de la société". C?est qu?il était bien placé pour connaître l?homme qui se cachait derrière le mythe qu?il s?était forgé, et cette part d?ombre que l?impressionnant travail d?investigation de Jean-Marie Apostolidès met enfin au jour. Une biographie intime et sans concession où l?on découvre un homme qui construit sa vie comme une oeuvre d?art, en se rêvant tour à tour bandit, chef de bande, agitateur, général d?armée, empereur et philosophe.
Souvent admirés pour leur esthétique, les châteaux néogothiques de Bourgogne n'avaient suscité qu'un faible intérêt universitaire jusqu'à présent. Ce paradoxe est aujourd'hui dépassé, les styles "néo" ne sont plus objets de mépris mais d'un vif intérêt de la part des historiens de l'art. Dans cet ouvrage, l'étude approfondie du château de La Rochepot est renforcée par celle d'une trentaine d'édifices, célèbres ou méconnus, mais tous remarquables par la qualité architecturale qui leur a été donnée entre 1820 et 1940. Ce livre atteste non seulement de la valeur artistique de ces châteaux mais il les replace également dans un contexte national et local de longue durée, pour mieux saisir les nouveautés et les continuités, les originalités et les conformismes. Ainsi, au gré de riches archives et de nombreuses illustrations, c'est un moment très riche de l'histoire bourguignonne qui apparaît dans ses oeuvres et ses différents protagonistes.
Quand il présente Fenêtre sur cour en 1954, Alfred Hitchcock jouit d'une popularité croissante, bien que la critique peine encore à le prendre au sérieux. Le film est tourné en un lieu unique, un défi séduisant pour le réalisateur qui confirme son inventivité en matière de mise en scène, de montage et d'utilisation de la musique. L'intrigue, quant à elle, offre une dimension subversive évidente : le spectateur se trouve dans la position du héros-voyeur, et tous deux sont déçus quand ils pensent qu'il n'y a pas eu meurtre ; en finissant par assouvir leurs désirs macabres, Hitchcock joue ainsi avec leurs sentiments. Il contourne également la censure, l'épilogue n'étant qu'une façade, au même titre que les murs en briques des immeubles du décor. Comme la caméra qui dépasse le cadre strict de la fenêtre de l'appartement de Jeff dès la scène d'ouverture, cet essai se propose d'étudier ce classique à la lumière des autres réalisations du cinéaste, afin de montrer combien Fenêtre sur cour peut être envisagé comme une synthèse de son oeuvre, périodes anglaise et américaine confondues.
La mort accidentelle d'Albert Camus, l'intellectuel solitaire et solidaire, le 4 janvier 1960 à Villeblevin (Yonne), a sidéré le monde entier. Quand on évoque Albert Camus, icône de la littérature française, ce sont les écrits du romancier, L'Etranger, La Peste, La Chute que l'on cite spontanément. Mais il était aussi dramaturge, éditorialiste de génie, essayiste, philosophe et citoyen du monde, ne se dérobant jamais face à un combat pour condamner toutes les formes de totalitarismes et l'horreur nazie. L'Algérie, son pays d'origine, fait partie intégrante de sa vie et de son oeuvre. L'originalité du présent essai est de retracer la trajectoire exceptionnelle d'un gamin pauvre du quartier Belcourt à Alger au Prix Nobel de littérature. Mais au-delà d'une simple biographie, ce texte cerne une production littéraire qui reste un témoignage essentiel sur les bouleversements du XXe siècle et sur des faits qui sont encore de notre temps. Dans un monde absurde, l'être humain doit faire au mieux pour accomplir sa destinée d'Homme.
La psychomécanique du langage, fondée par G Guillaume (1883-1960), a longtemps suscité des études consacrées à l'histoire des langues (en particulier du français), et a parfois été tenue pour une linguistique fondamentalement diachronique. Cependant, aucune synthèse n'avait encore été consacrée à l'exposition des conceptions guillaumiennes de la diachronie et du changement linguistique. La linguistique diachronique suscitant un regain d'intérêt sans cesse croissant, c'est cette lacune que le présent ouvrage vise à combler, en réunissant l'ensemble des propositions théoriques de Guillaume relatives à la diachronie. S'il présente la diachronie telle qu'elle est développée dans le cadre conceptuel de la psychomécanique du langage, l'ouvrage vise également à confronter cette théorie aux propositions du paradigme du changement linguistique, et à mesurer ainsi les points d'accord et les singularités de chacune de ces deux approches de l'histoire de la langue.