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Héroïsme et victimisation. Une histoire de la sensibilité
Apostolidès Jean-Marie
CERF
31,90 €
Épuisé
EAN :9782204094696
Retournant aux sources de notre civilisation, l'auteur de ce livre montre qu'elles donnent naissance à deux systèmes de valeurs, en perpétuel conflit l'un avec l'autre. Le premier, dont les racines plongent dans la barbarie préchrétienne, engendre une culture de l'héroïsme, faite de violence, de domination et d'accomplissement de soi dans un cadre aristocratique. Le second, issu des valeurs judéo-chrétiennes, donne naissance à une culture de la victimisation, fondée sur la pitié, le respect d'autrui et le renoncement à soi, dans un cadre potentiellement démocratique et égalitaire. L'opposition, à l'intérieur de chaque individu, entre les valeurs de l'héroïsme et celles de la victimisation, entraîne un conflit fondamental qui caractérise l'ensemble de nos comportements. Ce modèle d'explication du dynamisme culturel, simple sans être simpliste, permet de mieux comprendre les caractéristiques de la sensibilité collective ainsi que la nature des liens sociaux qui attachent les individus les uns aux autres. Paru une première fois en 2003, cet essai, politiquement incorrect, a été entièrement justifié par le tournant actuel de la société française, qui a fait choix de la victimisation au détriment de l'héroïsme, unanimement condamné au cours des révoltes de Mai 1968.
Comme en Grèce, le théâtre classique en France doit son émergence au chevauchement de deux systèmes de valeurs à la fois inévitables et incompatibles. Les conflits naissant de leur opposition, ne pouvant s'exprimer ni dans l'espace politique ni dans la dimension religieuse, empruntent la voie de l'art. Grâce à sa relative autonomie, la scène théâtrale offre aux auteurs la possibilité d'explorer les arcanes du gouvernement des hommes. Alors que, dans Le roi-machine, le souverain était saisi dans sa fonction d'organisateur, tout ensemble metteur en scène et héros d'un spectacle politique, ici l'image monarchique est analysée dans son apparence sacrée. Au théâtre, le rex et le sacerdos ne sont plus incompatibles. Le premier incarne l'Etat, il gère le réel dans la longue durée, selon une temporalité historique à la fois cyclique et oscillatoire. Le second prend en charge l'imaginaire et, sur une autre scène, il se sacrifie en représentation. Le temps tragique qui en découle est l'envers de celui de l'histoire; il est subjectif, personnel, incommunicable. C'est le temps du vécu intime, celui du fantasme; il se présente comme un instant longuement suspendu grâce aux procédés rhétoriques mis en oeuvre dans les tirades. A la charnière de la religion et de l'art, le théâtre sous Louis XIV s'apparente à un rituel qui permet à la collectivité d'accomplir le "travail de deuil" des valeurs anciennes, absolues, liées à la société médiévale. En les représentant sous forme de symptômes, en permettant leur récitation tragique, la scène classique assure leur évacuation, ou du moins leur offre une autre place, à l'intérieur de la conscience individuelle, parce qu'elles sont désormais incompatibles avec les valeurs de la modernité fondées sur la comparaison, l'échange monétaire et la mise en relation, c'est-à-dire la relativité. Cette interprétation politique de la littérature permet une relecture nouvelle des grandes oeuvres de Corneille, Racine et Molière.
Trois individus ayant vécu à des moments différents de l'histoire sont arbitrairement réunis dans l'espace abstrait d'une scène de théâtre. Il s'agit du marquis de Sade, de l'écrivain romantique Marie Lafarge et d'une mystérieuse espagnole, cloîtrée dans un couvent de Poitiers, la soeur Josefa Menéndez. Chacun d'eux revit son existence et sa passion, exacerbée en raison de l'enfermement auquel il est soumis. L'excès, le délire et la mauvaise foi caractérisent leurs discours jusqu'au moment où ces trois vies brisées se rejoignent en un chant collectif.
Depuis sa création en 1897, Cyrano de Bergerac connaît un immense succès. Il existe en France une telle affinité entre ce personnage littéraire et le caractère national qu'on peut parler d'un véritable complexe de Cyrano. Qu'est-ce qui explique la fascination du public pour le héros d'Edmond Rostand ? Son nez légendaire, source de fierté et parfois de honte ? Sa liberté d'esprit ? Son goût des formules à l'emporte-pièce ? Son courage devant le danger ? L'amour désespéré qu'il voue à la belle Roxane ? Le pacte secret qui le lie à Christian ? Tous ces éléments forment sans doute les ingrédients d'un succès populaire jamais démenti. Reste à expliquer le mécanisme par lequel le spectateur se trouve émotionnellement tenu jusqu'au dernier acte, quand le héros passe aux aveux complets. ?uvre de réconciliation, cette comédie héroïque panse les plaies d'une France affaiblie, en proie à la mélancolie et au doute. Grâce à une fiction généreuse, elle vient réconforter un orgueil national que les divisions internes et la défaite extérieure ont sérieusement écorné depuis 1870. Au-delà des circonstances particulières qui ont accompagné sa création, elle présente une homologie étonnante entre sa structure profonde et les fondements imaginaires de la nation. C'est ce que notre analyse, à la fois littéraire et politique, permet de mettre au jour : les raisons inconscientes qui fondent le désir d'un destin commun. Au moment où, en France, le doute quant à l'avenir de la nation gagne les esprits, la compréhension de Cyrano de Bergerac peut apporter quelque lumière sur les bases imaginaires autour desquelles s'est édifié le sentiment d'appartenance collective, "l'enveloppe" nationale. " J.M.A.
Au mois de mars de l'année 1957, un adolescent de 13 ans attend d'être reçu en audience privée avec ses parents par le pape Pie XII. Garçon très pieux, mauvais élève, il attend beaucoup de cette audience, et d'abord la confirmation de ce qu'il croît être une vocation religieuse. Confronté à l'attitude "réaliste ? du Saint Père, le garçon a la révélation soudaine que tout est fausseté, mensonge et comédie. À son retour de Rome, il renonce à la prêtrise pour se diriger vers le théâtre. Cet événement, qui peut sembler anecdotique et privé, sert de point de départ à l'auteur pour dresser le portrait de toute sa famille; il propose à cette occasion un tableau de la vie de province en France pendant un demi-siècle, dans ce qu'elle a d'étrange et de dérangeant. Peu à peu, l'autobiographe se transforme en historien, pour se muer enfin en romancier. Biographie de l'auteur Jean-Marie Apostolidès est professeur de littérature française et d'études théâtrales de l'Université de Stanford (Californie). Il est l'auteur de plusieurs livres très influents dans le domaine de l'histoire culturelle, dont Le Roi-Machine (Minuit), Le Prince sacrifié (Minuit), Cyrano, qui fut tout et qui ne fut rien (Les Impressions Nouvelles), Les Métamorphoses de Tintin (Flammarion, Champs), Tombeaux de Guy Debord (Flammarion, Champs), Ivan Chtcheglov, profil perdu (Allia) et Héroïsme et victimisation (Flammarion)."
Présente trente-cinq semaines d'affilée dans la liste des best-sellers, La Spectaculaire Histoire des rois des Belges est proposée ici dans une version revue et actualisée.
Présentation de l'éditeur Stéphane Bern confirme son talent exceptionnel de « conteur » de l Histoire de France. Cette année, à l occasion du 5e anniversaire de l émission Secrets d Histoire, il signe un ouvrage collector, ainsi qu une édition spéciale comprenant des bonus inédits (calendrier, index...). 23 sujets forts dont 15 seront diffusés courant 2014 dans l émission de France 2 sélectionnés avec soin, qui ne manqueront pas de créer l événement, tant par le secret dévoilé que par la mise en images remarquable. Un Secrets d Histoire singulier, polémique et instructif.EDITION LIMITEE « 5e ANNIVERSAIRE » Avec un calendrier inséré offert. Avec un index de tous les sujets traités dans les 5 tomes (index chronologique et alphabétique des lieux et des personnages).
Résumé : 1895. Boni de Castellane, jeune et séduisant fleuron de la noblesse française, n'ayant pour seuls biens que son panache et ses rêves d'esthète, épouse Anna Gould, héritière convoitée de la plus grosse fortune d'Amérique. Mais le conte de fées tourne bientôt au cauchemar. A travers ce couple improbable, deux mondes s'affrontent, l'Ancien et le Nouveau : une France aristocratique, catholique et libertine, où flotte encore un parfum d'Ancien Régime ; l'Amérique du Gilded Age, puritaine, vouée au culte de l'argent et du self-made man. Ce roman vrai commence à New York sous une profusion de fleurs et de diamants et s'achève à Paris en 1969, dans les décombres d'une demeure légendaire, le Palais Rose. En toile de fond : les fastes de la Belle Epoque et l'effondrement de la vieille Europe, que le comte Boni avait prévu de longue date. Ses prophéties n'échappèrent pas à Marcel Proust, toujours en embuscade pour nourrir la Recherche, dont l'auteure nous livre ici de nouvelles clés. La chronique du couple est fertile en rebondissements, de fêtes somptueuses en procès sordides, de rêves accomplis en destins brisés. Au fil des épreuves, Boni découvre dans "l'art d'être pauvre" sa véritable richesse ; Anna, devenue duchesse de Talleyrand, s'enfermera à jamais dans ses tourments.
Comprendre pourquoi il n'y a pas ou peu de femmes dans les livres d'histoire. Aider les femmes à ne pas tomber dans le mécanisme de l'invisibilisation. Pourquoi les noms comme les exploits des femmes n'apparaissent-ils ni sur les plaques des rues ni dans les manuels scolaires ? N'auraient-elles donc rien fait qui vaille la peine qu'elles soient reconnues ? Pourtant, de plus près, en balayant les légendes, en soulevant les tapis, en fouillant les placards, on découvre que l'Histoire qui est enseignée n'a pas retenu le nom de la femme qui affirme l'existence du système solaire avant Galilée, invente l'art abstrait avant Kandinsky, ou théorise les pulsions de mort avant Freud...Mais pourquoi, et surtout comment ? En décortiquant les mécanismes qui ont fait tomber les 75 femmes de ce livre aux oubliettes, le collectif Georgette Sand met en lumière sur un ton décalé ce qui a été occulté, spolié ou fantasmé. Il révèle également que ce qui rend invisible n'est pas une fatalité et peut même être désamorcé très simplement : pour être reconnues, il faut être connues, et pour être connues, il faut être vues.