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Seine et Danube N° 6 : Le groupe onirique
Apert Olivier
PARIS MEDITERRA
18,25 €
Épuisé
EAN :9782842722364
Le groupe dit onirique est apparu dans la littérature roumaine après 1964. Comme par hasard, nous étions dix : Leonid Dimov, Dumitru Tsepeneag, Virgil Mazilescu, Sorin Titel, Vintilà lvànceanu, Daniel Turcea, Emil Brumaru, lulian Neacsu, Florin Gabrea et Virgil Tànase. Notre groupe descendait du surréalisme comme l'homme descend du singe ; car il niait complètement l'écriture automatique et le hasard objectif. Le rêve n'est ni source ni dépotoir pour la littérature onirique, il est, comme disait Dimov, un modèle législatif. C'est plutôt la peinture surréaliste qui nous a inspirés. Par sa spécificité, la peinture ne peut pas se soumettre à l'écriture automatique ou alors elle se transforme en ce qu'on a appelé peinture gestuelle (Pollock et autres). En hommage à cette peinture aimée par les surréalistes mais également par nous, nous avons gardé une place pour un essai sur Victor Brauner. D. Tsepeneag.
Si et seulement si : le titre parle de lui-même : il s'agit de la condition sine qua non du poème ; de son émergence, de sa lente urgence, de sa nécessité. Si et seulement si, sous-titré prosèmes & suites parce qu'il s'agit d'un livre composé, comme musicalement, avec du narratif et des humeurs qui prennent en compte toutes les strates qui justement nous composent : de l'affect, de la mémoire, de l'ironie, de la violence, de la légèreté grave, de la mélancolie euphorique emportés par l'invention verbale.
Cloué dans un fauteuil roulant, Ali évoque le destin de ses trois amis d'enfance, Hamid, Kader, Malik, trois hommes perdus dans l'Algérie des lendemains de l'Indépendance. Ils s'étaient promis de construire un monde plus beau, plus excitant que celui qu'avaient connu leurs pères. Mais ils se sont assoupis et ont laissé le champ libre aux apprentis sorciers. Au bout du compte, ils ont récolté une houle d'une rare violence qui a emporté leurs vies dans un tourbillon de folle destructrice.
Pour échapper au temps du massacre, Salim se réfugie dans un territoire inexpugnable, celui de la mémoire. En revisitant quelques personnages du passé, il s'aperçoit qu'il n'a lui-même jamais franchi les bornes de l'enfance. Délicieuse occasion alors pour voguer au gré de l'imagination et de la géographie : un rêve andalou qui ne se limite pas à la nostalgie, des aventures d'écolier où la "guerre des boutons" le cède très vite à la vraie guerre, le souvenir d'un beignet amer substitué à un vélo, le contre-pied de Ben-Nicolas, le seul petit roumi ami des Arabes... Jusqu'à cet ultime retour au pays où les massacres sont pudiquement évoqués, au passé. Évocation de l'exil, des racines, des gens du voyage. Loin de vouloir jouer les redresseurs de tort, Djilali Bencheikh comme son personnage Salim - son double -, souhaite simplement lancer un bouquet de fraîcheur à la face de ses contemporains. Juste pour dire que le bonheur est d'abord un acte de liberté.