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Robert de Montesquiou. Souverain des choses transitoires suivi d'un florilège du Comte
Apert Olivier
OBSIDIANE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782916447681
Dans cet essai, Olivier Apert tente de percer la personnalité d'une figure célèbre de son temps, par ailleurs écrivain, dandy et homosexuel mondain qui fréquenta (et régala dans son hôtel particulier de Latour-Maubourg) le Tout- Paris . Et de figure il devint type, puisqu'il servit de modèle au personnage de Charlus ainsi qu'à celui de Des Esseintes dans A rebours, de Huysmans. Robert de Montesquiou (1855-1921), qui fit beaucoup pour la renommée de Verlaine et Mallarmé, Fauré et Debussy, s'attira les critiques et les propos acerbes, ironiques ou simplement étonnés de maints confrères (Daudet, Goncourt, Lorrain, Pierre Louÿs, Renard...) pour ces provocations inlassables, son " style " et ses bons mots parfois féroces ! " Esbroufeur et tapageur comme un vieux perroquet ", selon la verve de Léon Daudet, Montesquiou n'en était pas moins d'une grande générosité, d'une parfaite éducation et d'une délicate attention pour ses contemporains (ceux qu'il prisait). Auteur prolixe, il a laissé une vingtaine de recueils de poèmes, essais, biographies, mémoires... dont Les Chauves-souris (1892) et Le Chef des odeurs suaves (1893) connurent un certain succès. Avec son sens particulier de l'essai biographique pratique comme un exercice d'abord littéraire (Baudelaire, Forneret, Gauguin), Olivier Apert traverse l'époque " Fin de siècle " à travers le personnage de Montesquiou, mi amusé mi admiratif mais toujours précis et érudit. Un " florilège " suit l'essai d'Olivier Apert, qui propose une quarantaine de poèmes, présentés par thème ; ce choix illustre parfaitement la prosodi du Comte et son style à la fois classique, élocutoire et maniériste (on parlera des recueils d'une " Précieuse "), dont Remy de Gourmont dira, dans son Livre des Masques, qu'" Il y a même un raffinement singulier dans les nuances et dans le dessin et des hardiesses amusantes de ton et de lignes ". Et Olivier Apert parle, lui, d'une poésie : " abondante, excessive parfois dans sa recherche sonore - qu'on baptisa préciosité symboliste ou décadente - terriblement cultivée, si l'on entend par là l'expansion d'un goût, d'une vie voués à la littérature et aux arts comme seul culte, mais souvent, ce que l'on oublie, marquée d'une tristesse native et finale toute pétrie de solitude vraie. "...
Nulle autre musique, nul autre chant, nulle autre parole n'ont autant inspiré les XXe et XXIe siècles que le blues. Inspiration tout à la fois évidente - par la simplicité de la structure rythmique - et mystérieuse - par l'ampleur universelle de son influence : jazz, rock'n'roll, rythm' blues, rap. La parole-blues nous parle parce qu'elle est l'expression sans détour - mais non sans double sens - des affects essentiels qui nous émeuvent : solitude, amour, sexe, trahison, départ, combat, angoisse, affirmation de soi mais aussi goût de l'ivresse, du chant, qu'il soit lamentation, invocation, jubilation. Mais ce qui est frappant en elle réside bien dans l'extrême liberté de son énonciation, l'immédiateté de son dire et la faculté de rébellion ne se résolvant pas à la défaite. En bref, une histoire sentimentale du peuple Noir américain. Cette anthologie inédite offre donc une histoire chronologique du blues à partir des premiers enregistrements des années 20 (les race records qui rencontrèrent un succès inattendu) des hautes voix légendaires du Delta du Mississippi et du Texas, de Ma Rainey à Leadbelly, de Bessie Smith à Blind Lemon Jefferson, de Memphis Minnie à Bukkha White jusqu'à l'extension électrique à la source du rock de Howlin Wolf, Muddy Waters, B. B. King...
La thèse du Terrorisme à l'état gazeux est que la crise pandémique est plus que sanitaire : la puissance du coronavirus est aussi la puissance d'une métaphore. Oui, lorsque nous nous représentons cet agent microbien comme un " ennemi invisible et insaisissable " (discours d'Emmanuel Macron du 16 mars 2020), nous commettons une métaphore, c'est-à-dire un mensonge littéraire ; mais il est rare que les mensonges de ce genre ne murmurent pas une vérité. Notre civilisation produit des virus mutagènes et des barbares vaccinés : c'est dire qu'elle n'a au fond plus d'autre ennemi qu'elle-même. Certes elle se fortifie dans l'adversité, tout fléau la provoque à de nouvelles mutations et fait le jeu, en fin de compte, de sa propre stratégie. Nous n'avons certes pas à craindre pour elle, mais pour nous-mêmes. Nous avons à craindre le sort toujours moins respirable que fera aux individus la logique toujours plus implacable de son fonctionnement.
Rainer Maria Rilke offre un cas qui ne laisse pas d'être assez extraordinaire ; un poète profondément germanique, qui figure, sous sa forme la plus aiguë, la plus fragile, le rameau extrême du romantisme allemand au point où il va rencontrer les derniers prolongements du monde spirituel slave, découvre sa véritable identité au contact d'une ville française. Ce poète allemand trouve à Paris non seulement un domicile passager et des amitiés plus ou moins durables, mais une inspiration qui le guide vers les formes secrètes de son être. Pendant douze ans il y reviendçra presque année après annés, heureux et malheureux d'y retrouver des joies ou des souffrances toujours neuves et un paysage presque éternel. Cette ville lui prêtera le cadre et les thèmes d'une oeuvre par laquelle il a le sentiment de s'exprimer jusqu'au bord de l'indicible, jusqu'à envisager et accepter d'un coeur tranquille la mort au terme d'un livre dans lequel il a conscience d'avoir concentré toute la sève d'une vie.
Un seul poème, trente-trois rebonds le long des rives du fleuve-frontière Amour (par exemple) où s'embusque le léopard des neiges. Trente-trois salutations aux forces sauvages qui donnent élan et s'arrachent aux méandres de la mélancolie. Une voix souple et prudente s'adresse au fauve aux aguets, salue à sa splendeur menacée de capture et de disparition, concentré dans sa chasse, loin de la solitude des dangereuses foules humaines... En contrepoint, le dessin espiègle de Sébastien Pignon, s'épèle comme on jette par-dessus l'épaule ce qui entravait la marche et le saut". Dessins de Sébastien Pignon
Avec Sous la cendre les étoiles, Maurice Kamto nous dévoile "l'aube primordiale" d'un très grand chant où se mélangent l'enfance du poète et celle d'une nation. D'un côté, l'insouciance et le geignement de l'enfant bousculé par l'absence brève mais profonde des figures de l'amour. De l 'autre, la difficile parturition d'un nouveau pays. Alors se déploie un panorama où l'attention du poète se manifeste aussi bien à l'égard des enfants des rues, des femmes, des arbres que pour la geste continentale. L'espoir soutient chaque vers, cha - que syllabe. Ce pourrait être la définition du poème. Léopold Sédar Senghor trouve en Maurice Kamto un digne continuateur de la poésie épique, mais réinventée, transfigurée.