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Une modernité indigène. Ruptures et innovations dans les théories politiques japonaises du XVIIIe si
Ansart Olivier
BELLES LETTRES
35,50 €
Épuisé
EAN :9782251722207
Dans le Japon du XVIIIe siècle, lorsque certains penseurs commencent à ré-imaginer radicalement la société humaine et son contexte, le champ de la philosophie politique entre en ébullition. Ici, c'est une vue totalement "désenchantée" du monde naturel qui est avancée ; là, c'est le caractère non seulement inéluctable, mais encore positif des passions individuelles qui est affirmé ; ailleurs encore, c'est l'idée que les normes politiques et morales sont des inventions humaines, ou que la société est un réseau de relations purement contractuelles, que la raison est un instrument de critique et de calcul, ou encore que la compétition, le risque et l'échec, l'intimité, la vie privée et la responsabilité individuelle sont des choses positives. Cet ouvrage veut décrire et comprendre des conceptions si novatrices qu'elles composèrent, en ne recourant jamais qu'aux vocabulaires existants, une "modernité indigène", et d'autant plus remarquables qu'elles apparaissent dans une société largement féodale, une sorte de dictature militaire encore épargnée par tout contact approfondi avec l'Occident.
Quels liens y a-t-il entre Enfantin, Fourier et Proudhon? Pour répondre à une telle question, il faudrait plus d'une thèse de philosophie ou de sciences économiques et sociales afin de mettre en évidence les aspects communs et les divergences entre ces auteurs, dont les pensées ont indubitablement marqué le XIXe siècle. Pour l'historien, un lien moins idéologique, mais tout simplement humain peut apparaître: il s'agit de Jules Lechevalier." Né aux Antilles dans une famille de négociants, Jules Lechevalier Saint-André fit une brillante scolarité en métropole. Après son droit, il se passionna pour les philosophies de Cousin et Hegel. Il rejoignit ensuite le mouvement saint-simonien dont il fut un des principaux propagateurs, avant de vulgariser la pensée de Charles Fourier. Partisan de l'association, Lechevalier prônait également dans les années 1830 la nécessité de créer une économie sociale qui prenne le contre-pied de l'économie classique. Il développa ses idées dans la presse et tenta de les mettre en pratique en Guyane par l'abolition de l'esclavage. Ruiné par ses projets, la révolution de 1848 sembla enfin lui donner raison. Lechevalier fréquenta alors les démocrates socialistes et participa à la banque du peuple de Proudhon. Condamné à l'exil en 1849, il se réfugia en Angleterre où il contribua activement à la création de coopératives. Toujours fidèle aux principes d'économie sociale, Lechevalier se rallia en fin de vie au Second Empire. Alors qu'il était bien connu de son vivant, ce dernier revirement explique sans doute sa disparition de la mémoire collective. Sans complaisance pour le personnage, cet ouvrage a pour but de retracer son oeuvre pratique et théorique. Biographie de l'auteur Olivier Chaïbi est professeur dans le secondaire et membre des sociétés de recherche P.-J. Proudhon et d'études saint-simoniennes. Il a soutenu une maîtrise d'Histoire en 2000 à Paris I sur Pierre-Joseph Proudhon et la Banque du Peuple (1848-1849) et un D.E.A. d'Histoire en 2002 sur les théories relatives au crédit en France de 1660 à 1851. Cet ouvrage est issu d'une thèse de doctorat d'Histoire soutenue en 2007 à la Sorbonne devant MM. Jacques Marseille, Alain Plessis, Christophe Charle et Philippe Régnier.
Ansart Pierre ; Guillemard Anne-Marie ; Legrand Mo
Le fait de l'allongement de la vie dans les pays développés ne suscite, communément, que des débats portant sur des changements économiques : niveau des retraites, coût des frais de maladie... Or l'allongement de la durée de vie entraîne des bouleversements beaucoup plus importants et qui concernent tous les - aspects de la vie personnelle et collective transformation des représentations de l'identité personnelle, reconsidération des modèles de carrière, modification des rôles sociaux, création de nouveaux rapports entre les générations, formation de nouvelles associations et de nouvelles activités dites de troisième âge. Ces bouleversements, généralement inaperçus, deviennent particulièrement visibles par la comparaison de nations connaissant le même choc démographique, telles la France et le Japon. Mais l'on découvre, à travers ces rapprochements, que, face au même phénomène de vieillissement de la population, ces sociétés réagissent diversement, élaborent des politiques publiques différentes selon leur culture traditionnelle et en fonction de la perception qu'elles ont des implications de ce vieillissement. Ces comparaisons permettent de comprendre l'ampleur de ces changements ; elles invitent aussi le lecteur à s'interroger sur l'adaptation et sur les inadaptations des politiques publiques face à ce sujet devenu fondamental.
Résumé : Loyauté, honneur, courage, telles auraient été les vertus des samurais de la voie des guerriers (bushido) du Japon pré-moderne. Le présent essai explique pourquoi leur vie était cependant plus souvent faite de mensonges, de trahisons et d'impostures. Peu de cultures ont porté aussi haut que celle du Japon l'exaltation de la "voie des guerriers" (bushido). Celle-ci prenait la forme de discours -des textes, des codes de représentations et des comportements ritualisés- qui changèrent profondément avec le temps et les circonstances politiques, économiques et sociales. Ce livre est consacré au discours qui se développa pendant l'époque Tokugawa (1603-1868) et entretint alors avec les réalités de la vie des guerriers (les bushi ou samurai) des rapports très différents de ceux caractéristiques des périodes précédentes. Certes, il avait toujours été, et il sera encore, fort loin de simplement refléter la réalité des comportements des guerriers, mais c'est au cours de l'époque Tokugawa que la dimension théâtrale du discours de la voie des guerriers avec les mensonges et les impostures dont il était saturé, acquit une dimension nouvelle. Ces guerriers qui n'en étaient plus, mais ne pouvaient le faire voir, devinrent des serviteurs qui sous le masque de la loyauté complotaient contre leurs maîtres, des truqueurs sans vergogne de généalogies imaginaires, des tricheurs et menteurs en série, des amateurs de confort douillet qui brandissaient des armes qui n'étaient plus que des symboles vides.
Résumé : Maurice Garçon (1889-1967) fut l'un des plus grands avocats de son temps. De 1912 à sa mort, il a consigné presque chaque soir les événements, petits et grands, dont il était le témoin ou l'acteur. Ce premier volume de son journal inédit couvre, parfois heure par heure, la guerre, la défaite, l'Occupation et la Libération. A cinquante ans, l'avocat est alors au sommet de son art. Dans ces chroniques, il révèle aussi des qualités d'observation et un talent d'écriture enviables. Il y a du Albert Londres chez Maurice Garçon. Curieux de tout, il sillonne Paris et la province, furète, recoupe, rédige, avec le mérite constant, et rare, de s'interdire toute réécriture : c'est un premier jet qu'on lit sur le vif. Maréchaliste de la première heure, il fait volte-face à l'armistice et, après le vote des pleins pouvoirs à Pétain, ne cessera plus de fustiger "le Vieux". Fureur patriote, chagrin sans pitié, colère, espoir, désespoir. Honte de la collaboration. Virulence contre les nouvelles lois de Vichy. Son journal déborde. Portraits, anecdotes, détails méconnus foisonnent. Croisées au Palais de justice, les figures du barreau, souvent têtes d'affiche de la politique, deviennent familières. Maurice Garçon connaît tout le monde, est de tous les grands procès, des dossiers criminels aux affaires politiques. Ses plaidoiries érudites ont fait de lui, dès avant guerre, un avocat littéraire, voire mondain, futur académicien. Toute une galerie de personnalités en vue défile dans ses pages, écrivains, peintres, comédiens, éditeurs. Nous voici conviés à une ahurissante traversée des années noires, histoire immédiate haletante.
Résumé : Faire l'histoire de peuples et de pays qui jusqu'au XVIIIe siècle ont tout ignoré de l'Inde et des Indes, et dont beaucoup ont ignoré l'idée même de l'histoire, tel est le pari de ce livre. En 1888, John Strachey écrivait dans son India : "Il n'y a pas, et il n'y a jamais eu d'Inde, ou même un pays, l'Inde, qui, selon les idées européennes, aurait possédé quelque unité, physique, politique, sociale ou religieuse." L'inde était un artefact crée par l'impérialisme européen. Cela était vrai à la fin du XIXe siècle et pour le passé, mais aujourd'hui l'inde, partie des Indes, existe : être indien est à la fois une réalité et une prétention ; c'est aussi une exclusion, dont témoignent les violents débats historiques qui passionnent l'Asie du Sud. Pour retracer la longue histoire de ce pays promis à devenir une des grandes puissances du monde, Michel Angot réussit un véritable tour de force : embrasser plusieurs milliers d'années et un espace aux dimensions de l'Europe, avoir recours aux sources les plus étendues et tenir ensemble les traces du temps, de l'Antiquité à nos jours, qui font de cette histoire une fabrique de l'Histoire.
Ordine Nuccio ; Flexner Abraham ; Hersant Luc ; He
Biographie de l'auteur Abraham Flexner (1866 - 1959) a enseigné à Harvard puis à l'Université de Berlin avant de rejoindre la Fondation Carnegie pour la recherche éducative. Il a étudié la question de l'enseignement médical et rédigé en 1910 le fameux « Rapport Flexner ». Nuccio Ordine (né en Italie, à Diamante, en 1958) enseigne la littérature italienne à l'Université de Calabre. Visiting professor dans diverses universités européennes (l'ENS, l'EHESS et l'Université Paris-IV-Sorbonne à Paris; le Warburg Institute à Londres; le Max-Planck Institut à Berlin) et américaines (Yale, NYU), il a publié plusieurs ouvrages sur Giordano Bruno et sur la Renaissance: Le mystère de l'âne (2005, 2e tirage), Le seuil de l'ombre (2003), Giordano Bruno, Ronsard et la Renaissance (2004), Le rendez-vous des savoirs (2009, 2e tirage), Trois couronnes pour un roi (2011). Avec Yves Hersant, il dirige trois collections d'ouvrages classiques aux Belles Lettres.