Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Ce que l'on dit des juifs en 1889. Antisémitisme et discours social
Angenot Marc
PU VINCENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782903981594
La plupart des historiens de l'antisémitisme ont centré leur attention sur les doctrinaires systématiques de cette idéologie de haine ; d'autre part, ils ont approché leur objet dans une perspective historique traditionnelle, c'est-à-dire généalogique, diachronique. Le présent ouvrage prend le contre-pied de cette démarche ; il étudie la diffusion d'énoncés hostiles aux Juifs dans une coupe temporelle - l'année 1889 - et en parcourant tous les secteurs, tous les genres et les discours établis : la presse des diverses tendances, les propagandes politiques, la littérature, les disciplines scientifiques, sans négliger les formes vulgaires ou ignorées du discours social : roman pour la jeunesse, chanson de caf' conc', pornographie... On immerge en quelque sorte les écrits des antisémites " professionnels " dans cette dissémination générale de stéréotypes et de préjugés. Ce changement de perspective, joint à une méthodologie appuyée sur le concept de discours social, permet à l'auteur de contredire nombre de conclusions généralement admises. En montrant l'antisémitisme comme inscrit dans la doxa, dans le " sens commun " d'il y a un siècle, et en suivant tous les avatars d'énoncés antijuifs, l'auteur aboutit à des propositions nouvelles sur la nature de l'hégémonie dans un état de culture.
Comment la pensée sociale du XIXe siècle s'est-elle construite à l'aide des sciences sur un terreau originellement mystique ? II s'agit d'explorer l'articulation qui se noue autour du discours "mystique" du romantisme social et de son argumentaire scientifique. Car la mystique développée par l'Illuminisme récupère toute une tradition scientiste qui remonte à l'Antiquité, par l'intermédiaire de l'Humanisme et de la Renaissance. Là où le profane oppose sciences et métaphysique, l'initié - ou le connaisseur - tend à y reconnaître une complémentarité. En effet la science n'a pas pour objectif de démontrer la seule matérialité du monde au détriment du spirituel mais d'exposer le lien étroit entre la matière et l'énergie qui le constituent. Aussi convient-il de définir l'usage fait des théories de Newton dans les loges maçonniques de la fin du XVIIIe siècle, de comprendre comment le féminisme de Mme de Krüdener a émergé d'une réflexion positiviste sur la religion, de démontrer l'analogie entre autobiographie et histoire de la nation chez Ballanche, de découvrir comment un religieux défroqué devient le pape de l'occultisme, tandis que Victor Hugo se fait théologien et prophète pour la postérité, de voyager avec Gérard de Nerval afin de retrouver les fondements orientaux de nos propres racines occidentales, de comprendre comment l'effacement de la Pologne au me siècle a nourri l'imaginaire social français et d'assister à la constitution d'une église théosophique à partir de la quête scientifique d'une société idéale...
Cet ouvrage fouille les doctrines et les programmes de la deuxième Internationale et débouche sur une réflexion théorique portant sur les notions de mythe et d'utopie, sur le caractère antinomique des idéologies modernes et sur la nature de la foi militante.
Qui a jamais persuadé son prochain à force d'arguments? Au cours d'une vie, rares sont les moments où l'on se laisse convaincre et où l'on parvient à emporter l'adhésion de notre interlocuteur, préalablement attaché à une opinion autre que la nôtre. La rhétorique, traditionnellement définie comme l'art de persuader par le discours, se révèle être une science qui ne remplit pas l'objectif qu'elle se donne. Les hommes argumentent constamment, et en toute circonstance, mais à l'évidence ils se persuadent assez peu mutuellement. Du débat politique à la querelle de ménage, de la dispute amicale à la polémique philosophique, c'est l'expérience constante que l'on en a. Peut-être, du temps d'Aristote et des sophistes, le rhéteur persuadait-il ses concitoyens à coups de sorites, d'enthymèmes et d'épichérèmes? Il semblerait qu'aujourd'hui cela ne marche plus. Qu'en est-il d'une science, la rhétorique, aussi faillible? Pourquoi, se persuadant rarement, les hommes persévèrent-ils à argumenter? Ils persistent à soutenir des controverses interminables, faites d'échecs répétés. Pourquoi ces échecs? Qu'est-ce qui ne va pas dans le raisonnement mis en discours? Pourquoi lorsque l'on argumente le message passe-t-il si mal? Dans cet essai original et ambitieux, Marc Angenot nous propose d'explorer l'univers de la mécompréhension, d'en analyser les mécanismes, de répertorier les formes du raisonnement logique et celles des errements illogiques. Il éclaire des cas illustres ou méconnus de dialogues de sourds qui marquèrent l'histoire de la philosophie et celle des débats publics. Il en vient ainsi à poser la question de l'universalité de la raison raisonnante et à réexaminer les théories admises sur le sujet.