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Moscoviada
Andrukhovych Yuri ; Malanchuk Maria
NOIR BLANC
19,25 €
Épuisé
EAN :9782882501851
Otto von F, étudiant en littérature originaire d'Ukraine occidentale, vit à Moscou, le coeur « pourri » d'un empire à moitié mort. Nous sommes en 1989 et l'URSS vit ses derniers soubresauts. Dans la résidence universitaire rattachée à l'Institut Gorki de littérature où il habite, se côtoient les futurs auteurs des différentes nations du pays : des spécialistes de la poésie yiddish du Moyen-Âge, des épopées rimées ukrainiennes ou de la chanson ouzbèk. Tous sont pleins d'espoirs poétiques, ont soif de la trop rare vodka et sont prêts à en découdre.Un jour, Otto part à la recherche de cadeaux. Il s'égare, et se trouve à errer dans un monde interlope, dans les sous-sols glauques de la ville où d'anciens KGBistes élèvent une armée de rats. Un métro gouvernemental secret dans les catacombes du Kremlin fait partie des découvertes étonnantes.Ce parcours du combattant permet de mettre le doigt sur le nationalisme, les dérives du communisme, le kitsch chauviniste, la pression idéologique qui sont évacués dans un spectacle grandguignolesque en un immense éclat de rire.
D'accord, mais si votre culture est véritablement aussi ancienne et aussi puissante, pourquoi vos toilettes publiques sont-elles aussi puantes? [...] Pourquoi les centres-villes historiques meurent-ils par quartiers entiers, pourquoi les balcons tombent-ils, pourquoi y a-t-il si peu de lumière sous les portes cochères et autant de verre cassé sous les pieds?" Karl-Joseph Zumbrunnen, photographe autrichien, multiplie les voyages en Ukraine dans les années 1990. Fasciné par la construction de ce nouvel Etat, il décrit, dans des lettres à ses amis, le chaos de la période postsoviétique et l'arrivée brutale de l'économie de marché. Les rencontres improbables et les événements inattendus lui paraissent bien plus excitants que sa vie rangée d'Européen de l'Ouest. Avec son interprète, qui est aussi sa maîtresse, il est invité dans un observatoire transformé en hôtel, perdu dans les Carpates. Le photographe s'installe dans cette "Auberge sur la Lune" avec une compagnie hétéroclite, réunie sans raison par un mystérieux milliardaire: vidéaste, strip-teaseuses, gardes du corps et intellectuels postmodernes. Les situations absurdes et les malentendus s'enchaînent: affaires mafieuses, orgies alcooliques, récupération du folklore local, man?uvres douteuses d'écrivains sur le déclin, et relations amoureuses débridées. Avec ironie et grincements de dents, Yuri Andrukhovych décrit une réalité carnavalesque à travers les yeux d'un Autrichien naïf et un peu coincé, dont les valeurs et la manière de vivre sont bouleversées par son voyage lyrique à travers l'Europe de l'Est.
Résumé : Felix Austria se déroule à Stanislaviv, l'actuelle Ivano-Frankivsk, autour de 1900. Nous sommes dans l'une des capitales culturelles de la Galicie, province de l'Empire d'Autriche-Hongrie. La vie de cette paisible ville des confins est vue à travers les yeux d'une jeune femme engagée comme cuisinière dans une famille aisée. Le récit explore les destins entrecroisés de Stefania et Adèle, la domestique et sa maîtresse, empêtrées dans une relation fusionnelle qui tournera mal. Dans sa transition vers la modernité, si bien décrite par Musil ou Stefan Zweig, ce monde s'avère à la fois hermétique et incroyablement divers, un brassage d'ethnies, de langues et de religions. A Stanislaviv, les habitants mènent leurs petites affaires : ils éprouvent des amours non partagées, dissimulent leurs secrets dans des armoires, se passionnent pour les sciences ou des spectacles de magie, s'amusent dans les bals et les carnavals. Cependant, malgré sa prospérité et sa stabilité apparentes, cette société porte les ferments de sa propre dissolution. Pour Sofia Andrukhovych, le mythe de la Felix Austria ("Autriche heureuse") évoque un monde disparu, une société tolérante, prospère et multiculturelle. Une plongée dans l'Europe centrale d'avant 1914 - où l'on pressent les bouleversements du siècle à venir.
Andrukhovych Yuri ; Stasiuk Andrzej ; Malanchuk Ma
En l'an 2000, l'idée vient à deux auteurs issus de l'est de l'Europe de chercher à cerner « leur place » dans l'Europe élargie en train de se dessiner. Ils composent chacun un essai d'essence largement autobiographique. Le livre publié en Pologne par la maison d'édition de Stasiuk est un succès. Il se compose de deux parties distinctes; Le Journal de bord de Stasiuk et le Révision du centre-Est d'Andrukhovych. Le texte de Stasiuk tourne autour de sa fascination pour les cartes et de son idée d'avoir décidé de vivre en un point du monde, de l'Europe, considéré et idéalisé comme le nombril du monde, ses entrailles, son centre nerveux et vital, sa colonne vertébrale. L'image utilisée est celle du compas dont la pointe serait placée à l'endroit où il vit et où tout porte à croire qu'il restera et l'autre extrémité sur Varsovie, le lieu de sa naissance et de sa petite enfance. Serait ainsi tracé un cercle imaginaire de 300 kilomètres autour de son village. Ces considérations à l'origine purement géographiques donnent prétexte à des divagations, pérégrinations, escapades, à pied, à cheval ou en voiture concourant à donner « l'esprit du lieu », un parfum composite et particulier qui donne à ce texte une originalité intéressante. La contribution d'Andrukhovych, autobiographique également, s'attache davantage à l'histoire de sa famille. En exergue figurent les paroles d'un enfant de quatre ans « L'homme meurt, mais son squelette vit éternellement ». Le ton est donné. D'entrée de jeu, il nous informe de sa fascination pour les ruines sous toutes leurs formes nombreuses en Ukraine, résultat qu'elles sont de guerres, changements de frontières ou désaffections diverses. Il nous narre par petites touches le parcours d'un de ses grands-pères Allemand des Sudètes, débarquant il y a cent ans en Galicie autrichienne avec pour tout bagage une certaine aptitude à copier des tableaux. Son autre grand-père est le fils de l'un des nombreux Ukrainiens partis chercher fortune au États-Unis. Le père de l'auteur, lui, poussé vers l'Ouest par l'avancée des armées soviétiques, se retrouve « displaced person » avec une partie de sa famille dans un village autrichien, mais détenteur d'un passeport soviétique, car résident du « un sixième » (terme issu de la propagande soviétique proclamant que l'URSS représente le un sixième de la terre), il doit rentrer au pays. Ce même père devenu garde forestier prend son fils pour complice lorsqu'il rentre fortement imbibé de ses tournées sylvestres. Plus tard, il l'initiera aux joies de l'alcool fort, son fils se détachera de lui pour le retrouver sur son lit de mort. Un livre précieux pour comprendre les mentalités et l'arrière-plan culturel des nouveaux européens.
A Saint-Pétersbourg, les bolcheviks ont déjà gagné la guerre civile. Mais en Sibérie, à l'extrême est de la Russie, les Iakoutes résistent et tentent un dernier assaut contre l'Armée rouge. En 1922, le général Anatoli Pepeliaïev, poète à ses heures, défenseur de la justice et de la liberté, rassemble les soldats dispersés de l'Armée blanche et met sur pied un détachement de volontaires pour soutenir l'insurrection iakoute. Face à lui se dresse un commandant de l'Armée rouge, Ivan Strod, anarchiste et futur écrivain à succès. Lui aussi est une figure énigmatique de la révolution de 1917. Les deux hommes, guidés par des idéaux très proches, sont devenus ennemis par la force du destin. Dans cet épisode méconnu de la guerre civile russe, Youzefovitch dépeint les passions humaines : l'amour et la souffrance individuelle qui se cachent derrière les idéologies, la soif de justice, mais aussi l'ambivalence des personnages, tout à la fois oppresseurs et victimes. Au coeur du récit, la rivalité tragique des deux héros, dans les neiges de Sibérie, se révèle comme une captivante histoire de vie, d'amour et de mort.
Résumé : Mikhaïl Chichkine, qui s'était donné pour mission d'adapter le modernisme "à la Joyce" aux lettres russes, se révèle ici au lecteur dans une simplicité et une intimité nouvelles. Qu'il évoque les relations entre la Suisse et la Russie, l'importance du mot ou le destin de l'écrivain, ses textes sont émaillés de détails biographiques qui leur confèrent la saveur toute personnelle du souvenir. Le texte sur Robert Walser, auquel il voue une grande admiration, est un chef-d'oeuvre : c'est, selon Paul Nizon, l'hommage éblouissant d'un écrivain à un autre écrivain. Une enfance soviétique, une jeunesse rebelle, la haine de la violence ordinaire, l'appel de la littérature, l'exil, qui lui fit craindre de perdre sa langue maternelle, puis le rapprocha de "sa" langue d'écrivain et de la littérature russe : on trouve, dans ce recueil, le "code" de tous les livres de Mikhaïl Chichkine, ses sources d'inspiration autant que ses obsessions.
Dans les premières décennies du XXe siècle, Shanghai est la Babylone de l'Extrême-Orient : elle attire de nombreux aventuriers, écrivains et artistes du monde entier pour son atmosphère de glamour et de fête. Emily Hahn, dite " Mickey ", est une célèbre journaliste du New Yorker. Après la crise de 1929, elle arrive à Shanghai et descend au somptueux Cathay Hotel ; elle est immédiatement emportée par le tourbillon mondain de la ville, croisant notamment Ernest Hemingway, Harold Acton, des aristocrates italiens et des officiers anglais. Mais c'est lorsqu'elle rencontre Zau Sinmay, un poète chinois issu d'une illustre famille, qu'elle découvre la véritable Shanghai : la ville des riches coloniaux, des agents triples, des fumeurs d'opium, des paysans déplacés depuis leurs provinces misérables, des réfugiés juifs et russes blancs. C'est grâce aux chroniques et aux reportages de Mickey que le public américain découvrira les réalités de la vie en Chine. Cependant, la brutale occupation japonaise détruira la Shanghai d'avant-guerre, et la Chine entrera dans une nouvelle période de son histoire.
Dans cette brève histoire de la Pologne, pratique et moderne, le lecteur trouvera les faits essentiels qui se sont produits depuis les origines jusqu?à nos jours. Elle se présente sous la forme de dix-sept chapitres, qui correspondent moins à des périodes historiques classiques qu?à des moments forts de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays. La lecture de l?ouvrage y gagne ainsi en logique et en intérêt. L?histoire d la Pologne est ici envisagée dans un cadre plus large sur toile de fond européenne et internationale. Cet ouvrage de référence permet de comprendre le rythme de l?histoire polonaise avec ses périodes heureuses aussi bien que ses époques récentes plus troublées.