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Mon Europe
Andrukhovych Yuri ; Stasiuk Andrzej ; Malanchuk Ma
NOIR BLANC
15,20 €
Épuisé
EAN :9782882501400
En l'an 2000, l'idée vient à deux auteurs issus de l'est de l'Europe de chercher à cerner « leur place » dans l'Europe élargie en train de se dessiner. Ils composent chacun un essai d'essence largement autobiographique. Le livre publié en Pologne par la maison d'édition de Stasiuk est un succès. Il se compose de deux parties distinctes; Le Journal de bord de Stasiuk et le Révision du centre-Est d'Andrukhovych. Le texte de Stasiuk tourne autour de sa fascination pour les cartes et de son idée d'avoir décidé de vivre en un point du monde, de l'Europe, considéré et idéalisé comme le nombril du monde, ses entrailles, son centre nerveux et vital, sa colonne vertébrale. L'image utilisée est celle du compas dont la pointe serait placée à l'endroit où il vit et où tout porte à croire qu'il restera et l'autre extrémité sur Varsovie, le lieu de sa naissance et de sa petite enfance. Serait ainsi tracé un cercle imaginaire de 300 kilomètres autour de son village. Ces considérations à l'origine purement géographiques donnent prétexte à des divagations, pérégrinations, escapades, à pied, à cheval ou en voiture concourant à donner « l'esprit du lieu », un parfum composite et particulier qui donne à ce texte une originalité intéressante. La contribution d'Andrukhovych, autobiographique également, s'attache davantage à l'histoire de sa famille. En exergue figurent les paroles d'un enfant de quatre ans « L'homme meurt, mais son squelette vit éternellement ». Le ton est donné. D'entrée de jeu, il nous informe de sa fascination pour les ruines sous toutes leurs formes nombreuses en Ukraine, résultat qu'elles sont de guerres, changements de frontières ou désaffections diverses. Il nous narre par petites touches le parcours d'un de ses grands-pères Allemand des Sudètes, débarquant il y a cent ans en Galicie autrichienne avec pour tout bagage une certaine aptitude à copier des tableaux. Son autre grand-père est le fils de l'un des nombreux Ukrainiens partis chercher fortune au États-Unis. Le père de l'auteur, lui, poussé vers l'Ouest par l'avancée des armées soviétiques, se retrouve « displaced person » avec une partie de sa famille dans un village autrichien, mais détenteur d'un passeport soviétique, car résident du « un sixième » (terme issu de la propagande soviétique proclamant que l'URSS représente le un sixième de la terre), il doit rentrer au pays. Ce même père devenu garde forestier prend son fils pour complice lorsqu'il rentre fortement imbibé de ses tournées sylvestres. Plus tard, il l'initiera aux joies de l'alcool fort, son fils se détachera de lui pour le retrouver sur son lit de mort. Un livre précieux pour comprendre les mentalités et l'arrière-plan culturel des nouveaux européens.
Comment retrouver un semblant d'ordre et d'humanité dans une réalité brisée par la guerre ? L'autrice ukrainienne Sofia Andrukhovych tente ici de nommer et d'exprimer ce qui n'a pas de nom, ce qui se trouve bien au-delà de la perception humaine : ce dont il est effrayant de parler, ce qui se dérobe. Il s'agit pour l'autrice de rechercher de liens entre des fragments de réalités déchirés par la guerre et la violence, et un désir d'esquisser et d'observer les phénomènes et les réactions de la conscience humaine face à des événements traumatisants, à des changements dramatiques et irréversibles, à des pertes. Dans ce poignant journal intérieur de la première année d'invasion de l'Ukraine par la Russie, on est ainsi confronté à une multitude de rencontres et de personnages, d'histoires et d'expériences humaines, de combinaisons incompréhensibles de drames et de tragédies, de manifestations comiques ou ridicules, d'empathie et de tendresse. Dans ces circonstances a priori inhumaines, tout ce qui est humain se manifeste plus profondément et plus pleinement. Au final, il semble que les choses mêmes qui détruisent les vies établies et la conscience révèlent l'essence de l'être humain - sans défense et faible, mais si assoiffé de vie et de la présence des autres à ses côtés.
Résumé : Felix Austria se déroule à Stanislaviv, l'actuelle Ivano-Frankivsk, autour de 1900. Nous sommes dans l'une des capitales culturelles de la Galicie, province de l'Empire d'Autriche-Hongrie. La vie de cette paisible ville des confins est vue à travers les yeux d'une jeune femme engagée comme cuisinière dans une famille aisée. Le récit explore les destins entrecroisés de Stefania et Adèle, la domestique et sa maîtresse, empêtrées dans une relation fusionnelle qui tournera mal. Dans sa transition vers la modernité, si bien décrite par Musil ou Stefan Zweig, ce monde s'avère à la fois hermétique et incroyablement divers, un brassage d'ethnies, de langues et de religions. A Stanislaviv, les habitants mènent leurs petites affaires : ils éprouvent des amours non partagées, dissimulent leurs secrets dans des armoires, se passionnent pour les sciences ou des spectacles de magie, s'amusent dans les bals et les carnavals. Cependant, malgré sa prospérité et sa stabilité apparentes, cette société porte les ferments de sa propre dissolution. Pour Sofia Andrukhovych, le mythe de la Felix Austria ("Autriche heureuse") évoque un monde disparu, une société tolérante, prospère et multiculturelle. Une plongée dans l'Europe centrale d'avant 1914 - où l'on pressent les bouleversements du siècle à venir.
D'accord, mais si votre culture est véritablement aussi ancienne et aussi puissante, pourquoi vos toilettes publiques sont-elles aussi puantes? [...] Pourquoi les centres-villes historiques meurent-ils par quartiers entiers, pourquoi les balcons tombent-ils, pourquoi y a-t-il si peu de lumière sous les portes cochères et autant de verre cassé sous les pieds?" Karl-Joseph Zumbrunnen, photographe autrichien, multiplie les voyages en Ukraine dans les années 1990. Fasciné par la construction de ce nouvel Etat, il décrit, dans des lettres à ses amis, le chaos de la période postsoviétique et l'arrivée brutale de l'économie de marché. Les rencontres improbables et les événements inattendus lui paraissent bien plus excitants que sa vie rangée d'Européen de l'Ouest. Avec son interprète, qui est aussi sa maîtresse, il est invité dans un observatoire transformé en hôtel, perdu dans les Carpates. Le photographe s'installe dans cette "Auberge sur la Lune" avec une compagnie hétéroclite, réunie sans raison par un mystérieux milliardaire: vidéaste, strip-teaseuses, gardes du corps et intellectuels postmodernes. Les situations absurdes et les malentendus s'enchaînent: affaires mafieuses, orgies alcooliques, récupération du folklore local, man?uvres douteuses d'écrivains sur le déclin, et relations amoureuses débridées. Avec ironie et grincements de dents, Yuri Andrukhovych décrit une réalité carnavalesque à travers les yeux d'un Autrichien naïf et un peu coincé, dont les valeurs et la manière de vivre sont bouleversées par son voyage lyrique à travers l'Europe de l'Est.
Présentation de l'éditeur Stanislav Perfetsky, figure de l'underground ukrainien, poète et auteur de performances littéraires bruyantes et audacieuses, est invité dans un symposium international à Venise. Celui-ci porte sur l'absurdité post-carnavalesque du monde. En route pour Venise, il rencontre des bohémiens qui le retiennent à Munich, il tombe amoureux d'une femme envoyée pour l'espionner, et s'empêtre dans des aventures érotiques et des intrigues sans fin.Arrivé à bon port, Perfetsky disparaît dans Venise, laissant la fenêtre de sa chambre d'hôtel ouverte sur le Grand Canal. Que lui est-il arrivé ? Est-il possible que ce maître des masques, des dissimulations et autres « perversions » ait organisé sa propre disparition ? Comme dans Le Maître et Marguerite de Boulgakov, auquel le roman d'Andrukhovych fait écho, une chose est certaine : la réalité quotidienne s'efface, les aventures burlesques se succèdent à un rythme effréné, sous l' il étonné de La Sérénissime, et le surnaturel prend peu à peu le contrôle du monde.
Au printemps 1939, une organisation top secret est fondée à Londres, surnommée " l'armée secrète de Churchill " : elle a pour objectif de détruire la machine de guerre d'Hitler, au moyen d'actes de sabotage spectaculaires. La guérilla s'avéra aussi extraordinaire que les six gentlemen qui dirigèrent les opérations. Churchill les avait choisis pour leur créativité et leur mépris des convenances. L'un d'eux, Cecil Clarke, était un ingénieur fou qui avait passé les années 1930 à inventer des caravanes futuristes. Son talent fut employé dans un but bien plus dangereux : c'est lui qui construisit la bombe destinée à assassiner le favori d'Hitler, Reinard Heydrich. Un autre membre de l'organisation, William Fairbairn, était un retraité corpulent à la passion peu commune : il était le spécialiste mondial des techniques d'assassinat sans bruit. Sa mission consistait à entraîner les hommes parachutés derrière les lignes ennemies. Dirigés par Colin Gubbins, un pimpant Ecossais, les six hommes formaient un cercle secret qui planifia les sabotages les plus audacieux de la Deuxième Guerre mondiale. Winston Churchill les appelait " son ministère de la Guerre sale ". Les six " ministres ", assistés d'un groupe de femmes formidables, furent si efficaces qu'ils changèrent le cours de la guerre. Raconté sur le ton d'un récit d'aventure, avec la verve remarquable de Giles Milton et son subtil sens du détail, Les Saboteurs de l'ombre se base sur de vastes recherches historiques et sur des archives inédites jusqu'ici.
Résumé : Mikhaïl Chichkine, qui s'était donné pour mission d'adapter le modernisme "à la Joyce" aux lettres russes, se révèle ici au lecteur dans une simplicité et une intimité nouvelles. Qu'il évoque les relations entre la Suisse et la Russie, l'importance du mot ou le destin de l'écrivain, ses textes sont émaillés de détails biographiques qui leur confèrent la saveur toute personnelle du souvenir. Le texte sur Robert Walser, auquel il voue une grande admiration, est un chef-d'oeuvre : c'est, selon Paul Nizon, l'hommage éblouissant d'un écrivain à un autre écrivain. Une enfance soviétique, une jeunesse rebelle, la haine de la violence ordinaire, l'appel de la littérature, l'exil, qui lui fit craindre de perdre sa langue maternelle, puis le rapprocha de "sa" langue d'écrivain et de la littérature russe : on trouve, dans ce recueil, le "code" de tous les livres de Mikhaïl Chichkine, ses sources d'inspiration autant que ses obsessions.
Né en 1933 à Zurich, René Burri est partout où l'histoire se joue. Membre de l'agence Magnum depuis 1955, il photographie le Moyen-Orient, la Guerre des Six Jours et celle du Viêt Nam ; il parcourt le Japon, la Chine, l'Europe, l'Amérique du Nord et du Sud. De nombreuses personnalités sont passées devant son objectif : Picasso, Le Corbusier, Niemeyer, Giacometti ou Tinguely. En 1963, il réalise son célèbre portrait du "Che au cigare" qui le fera connaître auprès de tous les publics. Les liens entre René Burri et le Musée de l'Elysée sont ancrés dans l'histoire de l'institution. Son exposition "Les Ruines du futur" y est présentée en 1987, suivie d'une rétrospective en 2004. En 2013, René Burri décide de créer une fondation à son nom au Musée. A partir de ce fonds exceptionnel, le Musée de l'Elysée a programmé une nouvelle rétrospective. Celle-ci révélera pour la première fois l'ensemble de l'oeuvre multiple de Burri. Les photographies seront mises en perspective avec ses films, carnets de voyage, collages, dessins, aquarelles... On y découvrira ainsi la part plus intime d'un des plus grands photoreporters de notre temps.
Résumé : En 2012, La Terre est l'oreille de l'ours s'offrait comme une célébration du Vivant où notations en forêt, spéculations et remémorations se conjuguaient avec une mosaïque de lectures brassant sciences naturelles, environnement, éthologie, psychologie, poésie, spiritualité et anthropologie. Cinq ans plus tard, L'île où les hommes implorent s'attache, le temps de quatre saisons, à inventorier les éléments constitutifs d'une rapide dégradation des conditions de vie sur la planète Terre. D'où son sous-titre : " Chronique d'un désastre amorcé ". Mû par une inquiétude que chaque mois s'emploie à confirmer, l'auteur n'en ressent que plus fort l'urgence d'explorer la palette des prodiges recelés par le monde qui s'étiole ? ce à travers quatre entités géographiques : le territoire traditionnel des Innus du Québec-Labrador, l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, l'île cycladique de Sifnos et la campagne vaudoise où l'ancien Parisien a choisi de s'établir. De lieux en peuples aimés, Jil Silberstein dit la splendeur d'un rituel particulier aux Nuu-chah-nulth de l'île de Vancouver, les prouesses d'une araignée (le Pholque phalangide), les enjeux du Pléistocène, l'exploration du Pacifique. Il s'initie à la dérive des continents. Sonde les motifs d'un marbre antique du sanctuaire de Delphes. Retrouve au coeur de la forêt subarctique le peuple innu dépossédé par le colonialisme. Célèbre l'écrivaine américaine Annie Dillard, le Tao te king et son cher Joachim Du Bellay. D'une telle démarche " tous azimuts " résulte l'irrésistible goût d'observer à son tour. Et de chérir ce qui peut l'être encore.