La chair renvoie ontologiquement à l'origine et à la finitude de l'homme. C'est un sujet encore largement méconnu, alors que le "corps", qui a pour finalité la mise en relation avec l'autre et le monde, a été amplement traité. Comment, de l'Antiquité à nos jours, l'homme a-t-il rendu compte des représentations symboliques véhiculées par la chair ? Celles-ci traduisent-elles une universalité de la conception de l'existence charnelle, ou au contraire ces représentations sont-elles d'abord culturelles ? Le champ d'investigation relatif à la chair se décline presque à l'infini. De l'autel du sacrifice à la table du repas en passant par l'étal du boucher, de la flétrissure de la chair du condamné à l'impassibilité de la chair des saints, de l'Incarnation à l'union charnelle, de la chair magnifiée par l'art à la chair fragile mise au tombeau : autant de perspectives croisées susceptibles d'éclairer une anthropologie juridique de la chair.
Depuis sa naissance, il y a quelque trois mille cinq cents ans, le forgeron est investi d'une puissance sacrée. Maître du feu, il dompte la matière et métamorphose le minerai, substance symbolique issue de la Terre génitrice. Cette suprématie ne s'exerce pas sans douleur: le travail dans les ateliers de la forge est un des plus durs et des plus implacables qui soit. Conté par Jean-Yves Andrieux, le destin des hommes du fer nous parle certes de techniques, de plus en plus maîtrisées, de luttes économiques et d'enjeux politiques, mais aussi de misères et de souffrances, de traditions et de fiertés.
Résumé : Respectant le texte original, l'écrivain Jean-Paul Andrieux traduit en roman graphique deux écrits de jeunesse de l'auteur de Madame Bovary. La Dernière heure est un récit inachevé daté de janvier 1837. La Femme du monde a été rédigé dans la nuit du 1er au 2 juin 1836, "en moins d'une demi-heure" précise Gustave Flaubert alors âgé de quatorze ans. Les deux oeuvres expriment l'étrange obsession de l'adolescent face à la mort.
Andrieux Béatrice ; Colleyn Jean-Paul ; Paganini A
A l'occasion de la célébration du Centenaire de la naissance de Jean Rouch, ce numéro double de Camera offre un aperçu de l'héritage cinématographique et ethnologique de l'inventeur du "cinéma vérité" . L'occasion d'inviter plusieurs personnalités influencées par l'oeuvre du cinéaste dont la photographe, réalisatrice et productrice de films documentaires Catherine de Clippel. Depuis 1980, elle s'est associée avec les anthropologues Jean-Paul Colleyn, puis Marc Augé pour coproduire une trentaine de films documentaires et reportages photographiques au Mali, en Côte d'Ivoire, au Togo, au Sénégal, au Venezuela, au Brésil, en Allemagne, en Belgique et en France. "Sur les traces de Rouch" est une rétrospective de son travail photographique publiée conjointement à une longue conversation.
Comme d'autres artistes associés au Pop Art qui se penchent sur l'imagerie sexuelle - notamment Allen Jones, Tom Wesselman, Mel Ramos, Robert Graham - l'art d'Antony Donaldson peut être vu comme l'incarnation du balayage et des changements complets d'attitudes dans la société des années 1960, et qui ont imprimé un impact permanent sur les générations successives." Marco Livingstone. "Antony Donaldson fait partie des artistes mythiques du Pop anglais. Son analyse originale et schématique des formes et des couleurs proposées par l'environnement urbain marie efficacité et étrangeté, figuration et géométrie avec une iconographie marquée par la répétition stroboscopique de pin-up girls, de voitures de course, de façades de cinémas, d'hommages à l'histoire de l'art... Sa toile Take Five est le premier tableau pop entré à la Tate dès 1963 ! " Renaud Faroux.
C'est au tournant des années 1960 et 1970 qu'apparaissent dans les stades d'Italie des banderoles aux dénominations singulières : Commandos, Fossa, Ultras ou encore Brigate. Derrières celles-ci se regroupent des adolescents qui soutiennent activement leurs équipes respectives. C'est une nouvelle manière d'envisager le rôle du tifoso qui émerge. Les ultras, des supporters jusqu'au-boutiste, s'approprient un espace, créent des normes, se façonnent un rôle. Les tribunes qu'ils occupent sont le lieu de véritables spectacles colorés qui se déroulent en concomitance de l'évènement sportif. Ce mouvement connaît une évolution qui reflète celle de la société italienne. Il est étroitement lié à l'histoire contemporaine de la péninsule mais aussi à celle de la jeunesse occidentale : de la contestation de 1968 au triomphe de la société de consommation des années 1980, de l'étirement du temps de la construction personnelle au sentiment d'appartenance générationnelle. Cinquante ans après ses débuts, cette culture perpétue et renouvelle son succès auprès des supporters du monde entier. Les formes de sociabilité et les valeurs que le modèle ultras propose restent toujours sollicitées grâce à sa créativité, à son autonomie, à son rejet de la commercialisation du football et à sa critique de la répression étatique.
De nombreux couples ont participé aux mouvements artistiques de la première moitié du XXe siècle. Paris en a accueilli, inspiré et lancé certains qui ont marqué l'entre-deux-guerres. A Montmartre, Montparnasse, Saint-Germain-des-Prés, ils ont fréquenté les mêmes ateliers, cabarets, cafés, bals, théâtres et cinémas. Emportés par leurs attirances et leur passion, ces hommes et ces femmes ont vécu leur liaison en toute liberté. La plupart venaient de pays étrangers : tous se sont rencontrés dans la Ville Lumière. Muses ou modèles, peintres, auteurs et photographes... tous participent au fabuleux brassage intellectuel de l'époque.