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TITANIC ET AUTRES CONTES JUIFS DE BOSNIE
ANDRIC
MOTIFS
9,09 €
Épuisé
EAN :9782842612597
Ivo Andric est un conteur rare, inspiré. Chroniqueur des Balkans, il témoigne de ce fabuleux creuset où durant des siècles se sont rencontrés, combattus, mélangés, séparés : Turcs, Autrichiens, Hongrois, Bosniaques, chrétiens orthodoxes ou catholiques et juifs issus de multiples exodes. C'est cette communauté qui est au c?ur du présent recueil ; des sépharades chassés d'Espagne par Isabelle la Catholique, des ashkénazes qui viendront par l'Est deux cents ans plus tard, de la place qu'ils ont eue et des ultimes folies de la Seconde Guerre mondiale qui les emporteront. A travers ces portraits d'une extrême justesse, c'est toute l'histoire des juifs de Bosnie qui se révèle et, au-delà, celle de tous les hommes de ces territoires, aux vies brassées par les vagues successives des empires.
Andric Ivo ; Matvejevitch Predrag ; Matillon Janin
Il était une fois, en Bosnie, dans la ville de Travnik, un vizir nouvellement nommé. Comme ses prédécesseurs, il se fit connaître et par sa cruauté, et par un animal fétiche. Certains avaient fait venir des panthères, d'autres des singes, lui fit venir un éléphant. Bientôt il fut clair pour tout le peuple que cet éléphant, qui bousculait les étals au marché et faisait trembler de peur toute personne honnête, était bien semblable au vizir; et une même haine les confondit tous les deux. L'Éléphant du vizir, nouvelle-titre de ce recueil, donne le ton de l'ouvrage, car pour Ivo Andrié, prix Nobel de littérature, c'est le petit peuple de Bosnie, qui est le véritable héros de l'Histoire. Passeront les vizirs et leurs animaux extravagants, Turcs, Français et Autrichiens pourront se succéder, seul le peuple demeure. Et en souriant, le soir, à l'auberge, les hommes se racontent l'histoire de l'éléphant du vizir...
Résumé : C'est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, entre 1946 et 1951, qu'Ivo Andric écrit les nouvelles qui composent La Chronique de Belgrade. Elles s'étendent du début du XXe siècle, de l'annexion de la Bosnie-Herzégovine par l'Autriche-Hongrie à la libération de Belgrade, en 1944, et constituent un véritable témoignage littéraire sur une époque trouble. Andric y évoque des "petites gens" dans leur humanité la plus admirable ou dans la complexité de leurs relations familiales. Ironique ou indulgent, il les observe minutieusement avec la même bienveillance. Tantôt acteurs, tantôt témoins, ses personnages subissent ensemble les bouleversements tragiques de l'histoire, la métamorphose de la société ou celle de leurs propres existences. On découvre en filigrane un portrait formidablement vivant de Belgrade et un hommage à la ville qui, en 1918, avait accueilli Andric à bras ouverts, alors qu'il était déjà un écrivain engagé. Son écriture, d'une élégance dépourvue de tout artifice, son style, sobre et lapidaire évoquent la longue tradition orale de la poésie populaire et des légendes de son pays. Héritage qu'Ivo Andric assume parfaitement : "Il faut laisser l'écrivain raconter". Né en 1892 dans un village proche de Travnik (Bosnie), mort à Belgrade en 1975, Ivo Andric a été lycéen à Sarajevo, étudiant à Zagreb et Vienne, avant de s'engager dans les rangs de l'organisation révolutionnaire Jeune Bosnie et d'être emprisonné, au début de la Première Guerre mondiale. Diplomate en Europe de 1921 à 1941, il a résisté au nazisme, fut député, puis se consacra uniquement à l'écriture d'une oeuvre magnifique. Elle lui a valu le prix Nobel de littérature en 1961. 9782940701414 | ARRET SUR LE PONTE VECCHIO Ces nouvelles nous font traverser le XXe siècle dans ce qu'il aura présenté de plus lucide et de plus tragique. Des exactions des Chemises noires fascistes, des douleurs de la guerre à celles de l'après-guerre, elles rendent à la littérature slovène la place qu'elle mérite au coeur de l'Europe. "La sensibilité de l'écrivain, la douceur subtile du regard qu'il porte sur le monde et les êtres se mêlent à cette mémoire tragique pour composer un livre superbe et bouleversant". La Croix Boris Pahor (1913-2022) est une figure majeure de la littérature slovène, infatigable combattant des régimes totalitaires. Sa voix singulière a défendu des grands thèmes tels que l'amour, la souffrance et la sauvegarde des cultures minoritaires. Il a connu une consécration tardive grâce aux traductions françaises et allemandes.
Andric est âgé de 28 ans lorsque, en 1920, il est nommé à l'ambassade du royaume des Serbes, des Croates et Slovènes auprès du Vatican. Cette nomination lui permettra de vivre de l'intérieur l'atmosphère insurrectionnelle et le chaos qui règnent en Italie, puis la montée inexorable et violente de la réaction. Ce dont il rend parfaitement compte dans La révolution fasciste qui paraît à Zagreb dès 1923. Deux séjours ultérieurs en Italie le conforteront dans son appréhension du fascisme. Même éloigné de la péninsule italienne, il suivra pas à pas les développements de la dictature mussolinienne et de ses épigones (notamment bulgares), les présentant au public par voie de presse entre décembre 1923 et mai 1926. A la lecture de ces neuf textes, tous inédits en français, nous sommes frappés par la finesse et la justesse de l'analyse proposée par Ivo Andric. Quoique contemporains de la montée du fascisme, ces écrits semblent aujourd'hui nettement postérieurs, conune rédigés par un historien qui aurait bénéficié d'un net recul dans le temps pour se pencher sur l'avènement de ce monstre que fut le fascisme.
Andric Ivo ; Huibner-Fuzellier Ljiljana ; Fuzellie
Si la littérature d'aujourd'hui nous apparaît parfois trop tournée vers elle-même, insuffisamment oxygénée par l'air du dehors, peu irriguée par les courants de la vie.... alors, qu'on se retourne vers ces écrivains qui, hier encore, savaient nous offrir des livres dont on entendait à chaque page battre le c?ur. Visages (1960), l'un des plus célèbres recueils de nouvelles d'Ivo Andric, prix Nobel de littérature eu 1961, était resté inexplicablement inédit en français jusqu'à ce jour (six seulement, parmi les vingt et un récits que rassemble l'ouvrage, avaient été traduits). Et pourtant c'est dans ce registre peut-être qu'Andric, donne son meilleur : au point d'égaler parfois Tchekhov conteur. Lui-même était conscient d'avoir composé là - avec grand soin - un florilège ait se trouveraient mises en valeur toutes les facettes de sort art. Soit un "portrait " kaléidoscopique, formidablement vivant, de la Bosnie d'hier - telle, eu tout cas qu'elle perdura jusqu'à la dernière Guerre mondiale; une contrée encore protégée par ses montagnes, rudement agreste, et d'esprit profondément balkanique, c'est-à-dire tout ensemble ensauvagé, généreux et insoumis. Le texte intitulé " Visages ", qui donna son titra au recueil. dit assez que, par-delà les violences et les absurdités de l'histoire, c'est le grand mystère de la face humaine que l'écrivain interroge d'abord ici, où joies et souffrances ont tracé, ont creusé ces mille hiéroglyphes qui épellent en silence la langue du destin et que nous n'aurons jamais fini de déchiffrer.
Un homme âgé, le narrateur, entreprend un voyage d'Anvers à Venise, voyage dont le lecteur pressent que ce pourrait être son dernier. À chaque étape il retrouve une connaissance. À Lunéville, en France, il revoit Martin, jeune assistant social qui s'occupe d'handicapés mentaux. Avec Martin, c'est la thématique du rapport à l'altérité et une éthique de la différence qui est mise en jeu dans les histoires rapportées. Au lac de Constance, en Allemagne, le narrateur retrouve Anton, un ami cinéaste qui a rompu avec le milieu du cinéma. Incidemment il écrit aussi. Les anecdotes mises en scène ramènent ici à des questions sur le cinéma et la littérature. À Matrei am Brenner, petit village du Tyrol autrichien, il revoit son amie Louise, anthropologue à la retraite ayant parcouru le monde. La thématique sur laquelle se fondent leurs échanges est le rapport à l'autre et à sa culture en anthropologie. Enfin, à Vérone, en Italie, le narrateur retrouve Mirek, polonais d'origine et historien d'art. Là, c'est essentiellement le rapport à l'art plastique et à la peinture qui prédomine. Quand il arrive à Venise, le narrateur se retrouve seul avec lui-même, au terme de son voyage, au terme peut-être de sa vie. Mais une dernière rencontre remettra tout en jeu. L'auteur signe là un texte qui ouvre des chemins, éveille des curiosités, ranime souvenirs et correspondances, et dont on regrette d'avoir à tourner une dernière page !
La luxure... Se vautrer dans le stupre... Jouir ! Telle fut la ligne vitale de cette inconnue aujourd'hui âgée qui confie ses mémoires charnelles à un magnétophone. D'une totale impudeur, exaltant le sexe dans tous ses plaisirs, elle raconte ses amants et maîtresses avec gourmandise et dans une langue plus que crue. De cet exercice de style - écrire sur la luxure -, le romancier brésilien João Ubaldo Ribeiro fait un livre admirablement dévergondé, empli de drôlerie et de joie, un livre bienheureux comme ces deux bouddhas propitiatoires qui ouvrent le récit.
Seul roman achevé d'Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz (1877-1939), le grand écrivain lituanien d'expression française, L'Amoureuse Initiation fait figure, comme d'autres oeuvres de l'auteur, d'autobiographie lyrique. Parce que l'ouvrage possède les qualités littéraires les plus éminentes, il est de ceux qui confèrent à Milosz une actualité que les ans n'entament pas. Situé dans la Venise cosmopolite et décadente du XVIIe siècle, L'Amoureuse Initiation, plus qu'une évocation d'un lieu littéraire par excellence, est un récit sur la passion, dont la tendresse et la jalousie formeraient comme les deux pôles, à l'image d'une ville qui est à la fois celle de la fête et de la fin des choses.