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Judas Iscariote et autres récits
Andreïev Léonid
CORTI
22,40 €
Épuisé
EAN :9782714307217
Les récits proposés dans ce troisième tome des ?uvres de prose de Léonid Andreïev marquent l'apogée de sa gloire et de son talent. Datés de 1906 à 1908, ils traduisent les angoisses et les obsessions d'un homme ébranlé par deux tragédies : la tragédie nationale que représentent l'échec de la révolution de 1905, porteuse de tant d'espoir pour l'intelligentsia russe, ainsi que les sanglantes répressions qui s'en suivirent, et une tragédie personnelle : la mort de sa femme bien-aimée lors d'un voyage en Occident. Devenu un auteur célèbre, Andreïev va désormais délaisser de plus en plus les récits courts et réalistes pour se consacrer d'une part au théâtre, et d'autre part, à de longues nouvelles, parfois presque de petits romans, qui développent et illustrent toujours les thèmes qui lui sont chers : le terrorisme et les idéaux de la révolution confrontés à la réalité de la nature humaine (entre autres dans Les ténèbres, qui lui vaudra en partie sa rupture avec Gorki) ; l'angoisse face à la mort, dans Lazare, et dans celui de ses récits qui reste sans doute le plus célèbre en Russie, Histoire des sept pendus ; la traîtrise, dans judas Iscariote ; la solitude de l'homme moderne dans l'enfer des villes et face à l'absurdité de l'existence (La Malédiction de la Bête et Mes carnets). Bref, le lecteur retrouvera ici, une fois de plus, cet écrivain tourmenté et attachant qui a su pressentir avec acuité les inquiétudes et le désarroi d'un monde déjà secoué par les forces qui allaient se déchaîner au cours du XXe siècle. S.B.
Ce deuxième tome de l'?uvre en prose de Léonid Andreïev ne risque pas de décevoir les lecteurs qui ont été sensibles au charme souvent ténébreux du premier tome, Le Gouffre : outre de courtes nouvelles remplies d'humour, de sensibilité et de tendresse, il contient quelques-uns des plus grands textes de l'écrivain, écrits en 1902 et 1905. Au fur et à mesure que sa renommée grandit, Andreïev prend de l'assurance : certains de ses récits s'allongent jusqu'à devenir de petits romans, et il y aborde de façon plus profonde et plus fouillée les thèmes qui l'obsèdent : celui de la folie - le dérèglement de la raison dans La pensée ou de la foi dans La vie de Vassili Fiveïski, la vie quotidienne à la fois tragique et cocasse d'un asile de fous dans Les fantômes - ; le thème de la sexualité dans Dans le brouillard ; celui de la guerre dans Le rire rouge, rempli des échos de la guerre russo-japonaise et de ceux prémonitoires de la guerre de 14. Et enfin, dans Le gouverneur et Ce qui fut sera, le thème du terrorisme et de la révolution qu'il traite avec une sensibilité " politique ambiguë ", qui lui vaut bien des critiques, mais témoigne d'une vision elle aussi prémonitoire. Si les textes d'Andreïev sont si poignants, c'est peut-être parce que, à l'instar de l'un de ses héros, il avait appelé à lui la détresse des hommes, et la détresse était venue à lui. Son âme flambait comme un autel sacrificiel, chaque homme qui s'approchait, il avait envie de le serrer dans ses bras et de lui dire : " Mon pauvre ami, viens, luttons ensemble, pleurons et cherchons ensemble. Car l'homme ne reçoit aucune aide de nulle part. " Sophie Benech.
LUNTZ. Aujourd'hui, j'ai peur des étoiles. Je me dis : comme elles sont gigantesques, comme elles sont indifférentes, et comme elles n'ont rien à faire de moi, et je deviens tellement petit, tellement pitoyable - comme, vous savez, une espèce de poussin qui se cache je ne sais où pendant un pogrom qui reste là et qui ne, comprend rien. VERKHOVTSEV. Les étoiles et le pogrom. Combinaison étrange. (...) LUNTZ. Le duvet vole, les vitres se cassent, et lui, il se cache - à quoi il pense ? VERKHOVTSEV. Il ne pense à rien. Il pense qu'il neige. LUNTZ. J'ai peur de l'infini. Qu'est-ce que c'est, l'infini ? A quoi bon, l'infini ? tenez moi, je regarde les étoiles : une étoile, dix, un million - et sans fin. Mon Dieu, à qui est-ce que je me plaindrai ? VERKHOVTSEV. Et à quoi bon se plaindre ?
C'était..., nouvelle incontournable de Leonid Andreiev, a été publiée pour la première fois en France en 1903. Vous souhaitez lire autrement et profiter d'une expérience de lecture originale ? Grâce à notre charte éditoriale, nous vous offrons l'opportunité de découvrir cette nouvelle dans une édition aérée et dans un grand format, facilitant ainsi votre lecture pour vous permettre de profiter d'une expérience de lecture unique.
Le Sauvagerie est une épopée totale concernant l'enjeu le plus brûlant de notre époque : la crise écologique, la destruction massive des écosystèmes. A partir de dizains d'abord commandés à cinquante poètes contemporains, aux voix reconnues ou émergentes, francophones et anglophones, Pierre Vinclair a composé cet ensemble monumental : douze chants explorant les rapports variés que nous entretenons avec les autres vivants, les catastrophes passées et présentes comme les moyens dont nous disposons pour envisager un avenir commun? sur la Terre qui pour nous doit être, comme la DELIE pour Scève, "l'objet de plus haute vertu". Dans ce livre de combat, toutes les ressources et tous les registres poétiques sont mobilisés : les poèmes se font tour à tour tombeaux de la sauvagerie perdue et refuges pour les espèces à protéger, description des catastrophes et chansons à la gloire des héros de l'écologie, méditation face à un arbre, souvenirs de paysages disparus, descente aux enfers, prophéties.
Résumé : Ce livre est né de dix années d'affût, et d'un si long regard que l'oeil qui observait s'est peu à peu identifié à l'oiseau qu'il pourchassait. Chasseur pacifique, chasseur d'images, qui a épié les faucons pèlerins dans une vallée débouchant sur les marécages de l'estuaire de la Tamise, entre octobre et avril, quand les étangs désertés se chargent des brumes et des silences de l'automne, des soleils pâlis et des drames de la nature, et qui, à son tour devenu proie, s'est fondu dans le paysage mouillé, s'est fait lui-même roman, journal, livre de nature, poème-jeté, comme l'oiseau, point dans le ciel, parole dans le silence. Ce livre, d'abord publié au Mercure de France, en 1968, était épuisé, nous le rééditons enrichi d'une postface de Francis Tabouret, dans la traduction d'Elisabeth Gaspar, revue.