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Le Sexe oublié
Anatrella Tony
FLAMMARION
18,60 €
Épuisé
EAN :9782080663733
De l'écoute quotidienne de ses patients mais aussi de l'observation affinée de nos comportements, Tony Anatrella dégage une thèse originale mais magistralement argumentée: notre société dite "libérée" est en fait celle du "sexe oublié", nié, celle du refus du corps, de la dilution de la sexualité dans une sensualité vague où le sensoriel prévaut sur le rationnel. Les exemples sont ici légion, analysés comme on n'y avait jamais songé - du port du Jean qui moule et contraint les formes en passant par le rock qui exhibe un corps solitaire et clos jusqu'au Grand Bleu, justement décrit comme le film culte d'une adolescence qui se perd dans un univers matriciel diffus et asexué. Un regard neuf et un savoir renouvelé mettant à mal les stéréotypes, où la rigueur informée du psychanalyste se joint au sens des valeurs.
Crise pour les uns, étapes pour d'autres, l'adolescence reste un passage obligé entre l'enfance et la maturité de l'adulte. Plus que jamais les adolescents fascinent, intéressent, inquiètent. Parents, enseignants, éducateurs le disent : il n'est jamais simple de vivre avec des adolescents. Qu'il se montre ou qu'il se cache, qu'il hurle ou qu'il se taise, l'adolescent nous entraîne dans ses joies, ses angoisses, ses envies folles de vivre, de mourir aussi parfois. Que trouvent-ils en face d'eux, ces jeunes en quête d'images, de modèles, de raison de vivre et de grandir ? Une société qui leur ressemble et des adultes égarés dans leurs propres difficultés. Glanées au fil des semaines ces chroniques sont autant de témoignages de garçons et de filles blessés dans leur relation aux autres ou à eux-mêmes à cause d'un événement parfois insignifiant et qui soudain met en péril un équilibre précaire. Une mauvaise note, une parole offensante, un geste déplacé, une lettre volée peuvent compromettre l'avenir de ces adolescents souvent considérés comme des adultes qu'ils ne sont pas, mais qu'ils rêvent de devenir. Chacune de ces chroniques initialement écrites pour le journal La Croix est une histoire vraie, un cas unique. Tous y retrouveront pourtant un fils, une fille. A moins que ce ne soit l'adolescent qui demeure en chacun...
Résumé : Il faut lutter contre le sida, tout le monde en est convaincu. Mais la prévention qui s'est mise en place ne passe-t-elle pas à côté du problème ? Est-il pertinent, sous le prétexte d'informations sanitaires, de faire de la sexualité infantile une norme sociale ? Qu'on favorise chez les jeunes une prise de conscience de leur responsabilité, c'est une bonne chose; mais il ne saurait être question de cautionner "officiellement" n'importe quels comportements. Face à cette prévention partielle et hygiéniste, l'Eglise présente un autre discours qui s'appuie sur une conception relationnelle de la sexualité. Comment, en effet, ne pas reconnaître que la jouissance sexuelle acquiert toute sa dimension dans la reconnaissance de l'autre? Des présupposés de l'Eglise en matière sexuelle, on a tout dit et son contraire. Procès d'intention? Obscurantisme? Sur le préservatif, notamment, que prescrit l'Eglise et d'où parle-t-elle? Devant la mauvaise foi des uns, l'excès des autres, Tony Anatrella aborde de front le débat le plus polémique de la morale sexuelle d'aujourd'hui. Il analyse les structures psychiques qui sous-tendent les campagnes de prévention, confronte les déclarations et les diverses prises de position. Non, l'Eglise n'a pas condamné unilatéralement le préservatif, elle l'a simplement subordonné à une réflexion de fond portant sur les enjeux de la sexualité humaine.
Notre liberté est chaque jour détruite, mais nous refusons de le voir. Nous nous complaisons dans l'idée que nous sommes "libérés" et nous proclamons que tout se vaut; nous faisons ce que nous voulons de notre corps; nous tenons pour anachronique l'universalité des lois écrites et non écrites... Cela n'est pas la liberté, tout au plus l'individualisme, où chacun bricole son propre système de références, en fermant naïvement les yeux sur les dépendances qui l'enchaînent. Ces dépendances, pourtant, sont nombreuses, aussi bien physiologiques que psychologiques, sociales ou culturelles. Au premier rang d'entre elles, la drogue est par excellence le symbole de cette perte du sens de la vraie liberté. L'"évasion" qu'expérimente le toxicomane est purement imaginaire: ce qu'il recherche, par-delà la sensation extrême, ce sont les ressources qu'il ne parvient pas à découvrir en lui, mais qu'il ne trouve pas davantage ailleurs. Tel est le nouveau "malaise dans la civilisation". Avant d'être sanitaire, la question que la drogue pose à notre époque est donc celle de la transmission. Comment se fait-il qu'une société animée par l'idéal du progrès et du bonheur ne parvienne à léguer aux jeunes générations que l'ennui et la désespérance? Comment expliquer qu'elle soit incapable de leur proposer d'autres modèles que celui du plaisir immédiat ou de l'abondance matérielle? Comment admettre enfin que, faute de s'interroger sur les conséquences de ses actes, elle s'en tienne à promouvoir le seul "principe de précaution"? En faisant l'économie d'une réflexion de fond sur sa mission éducative, en transformant la pédagogie en soutien psychologique, en récusant obstinément la référence à des valeurs morales communes, notre société ne transmet plus qu'une illusion de liberté.