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La liberté détruite
Anatrella Tony
FLAMMARION
15,30 €
Épuisé
EAN :9782082125376
Notre liberté est chaque jour détruite, mais nous refusons de le voir. Nous nous complaisons dans l'idée que nous sommes "libérés" et nous proclamons que tout se vaut; nous faisons ce que nous voulons de notre corps; nous tenons pour anachronique l'universalité des lois écrites et non écrites... Cela n'est pas la liberté, tout au plus l'individualisme, où chacun bricole son propre système de références, en fermant naïvement les yeux sur les dépendances qui l'enchaînent. Ces dépendances, pourtant, sont nombreuses, aussi bien physiologiques que psychologiques, sociales ou culturelles. Au premier rang d'entre elles, la drogue est par excellence le symbole de cette perte du sens de la vraie liberté. L'"évasion" qu'expérimente le toxicomane est purement imaginaire: ce qu'il recherche, par-delà la sensation extrême, ce sont les ressources qu'il ne parvient pas à découvrir en lui, mais qu'il ne trouve pas davantage ailleurs. Tel est le nouveau "malaise dans la civilisation". Avant d'être sanitaire, la question que la drogue pose à notre époque est donc celle de la transmission. Comment se fait-il qu'une société animée par l'idéal du progrès et du bonheur ne parvienne à léguer aux jeunes générations que l'ennui et la désespérance? Comment expliquer qu'elle soit incapable de leur proposer d'autres modèles que celui du plaisir immédiat ou de l'abondance matérielle? Comment admettre enfin que, faute de s'interroger sur les conséquences de ses actes, elle s'en tienne à promouvoir le seul "principe de précaution"? En faisant l'économie d'une réflexion de fond sur sa mission éducative, en transformant la pédagogie en soutien psychologique, en récusant obstinément la référence à des valeurs morales communes, notre société ne transmet plus qu'une illusion de liberté.
Crise pour les uns, étapes pour d'autres, l'adolescence reste un passage obligé entre l'enfance et la maturité de l'adulte. Plus que jamais les adolescents fascinent, intéressent, inquiètent. Parents, enseignants, éducateurs le disent : il n'est jamais simple de vivre avec des adolescents. Qu'il se montre ou qu'il se cache, qu'il hurle ou qu'il se taise, l'adolescent nous entraîne dans ses joies, ses angoisses, ses envies folles de vivre, de mourir aussi parfois. Que trouvent-ils en face d'eux, ces jeunes en quête d'images, de modèles, de raison de vivre et de grandir ? Une société qui leur ressemble et des adultes égarés dans leurs propres difficultés. Glanées au fil des semaines ces chroniques sont autant de témoignages de garçons et de filles blessés dans leur relation aux autres ou à eux-mêmes à cause d'un événement parfois insignifiant et qui soudain met en péril un équilibre précaire. Une mauvaise note, une parole offensante, un geste déplacé, une lettre volée peuvent compromettre l'avenir de ces adolescents souvent considérés comme des adultes qu'ils ne sont pas, mais qu'ils rêvent de devenir. Chacune de ces chroniques initialement écrites pour le journal La Croix est une histoire vraie, un cas unique. Tous y retrouveront pourtant un fils, une fille. A moins que ce ne soit l'adolescent qui demeure en chacun...
L'adolescence est une quête intérieure souvent difficile. Les adultes parlent fréquemment du " malaise des jeunes ", comme s'ils découvraient cet âge de la vie, oubliant qu'ils sont passés, eux aussi, par ce parcours semé d'essais et d'erreurs, de grandes joies et de profondes tristesses, d'espoirs amoureux et de douleurs inconsolables. Malaise il y a, certes, mais il est plutôt celui des adultes face aux jeunes. Les rapports entre parents et enfants, enseignants et élèves, ont beaucoup évolué au cours de ce siècle qui s'achève. Les relations sont plus simples, les échanges plus faciles. Pourtant les adultes se disent désorientés devant les comportements des adolescents qui eux-mêmes s'avouent perdus en face de ces adultes qu'ils n'arrivent pas à bien cerner. La relation éducative, comme lieu d'initiation, d'apprentissage et d'ouverture sur les réalités, a été progressivement délaissée. Les représentations sociales ont laissé croire que l'adolescent pouvait se débrouiller seul, sans les adultes. Cette attitude a favorisé le développement de personnalités impulsives, en crise à l'égard des valeurs, qui intériorisent difficilement les normes à partir desquelles la vie est possible et ont du mal à réfléchir sur elles-mêmes. Autant de symptômes qui sont le signe d'une carence éducative. Les chroniques, ici rassemblées, sont des témoignages sur les relations entre les adultes et les adolescents. Elles révèlent l'état de notre société et soulignent les questions à traiter par l'adulte afin qu'il puisse se situer comme éducateur et, de ce fait, accepte de se différencier des adolescents.
De l'écoute quotidienne de ses patients mais aussi de l'observation affinée de nos comportements, Tony Anatrella dégage une thèse originale mais magistralement argumentée: notre société dite "libérée" est en fait celle du "sexe oublié", nié, celle du refus du corps, de la dilution de la sexualité dans une sensualité vague où le sensoriel prévaut sur le rationnel. Les exemples sont ici légion, analysés comme on n'y avait jamais songé - du port du Jean qui moule et contraint les formes en passant par le rock qui exhibe un corps solitaire et clos jusqu'au Grand Bleu, justement décrit comme le film culte d'une adolescence qui se perd dans un univers matriciel diffus et asexué. Un regard neuf et un savoir renouvelé mettant à mal les stéréotypes, où la rigueur informée du psychanalyste se joint au sens des valeurs.
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)