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Branchements. Anthropologie de l'universalité des cultures
Amselle Jean-Loup
FLAMMARION
17,30 €
Épuisé
EAN :9782082125475
L?essai de Jean-Loup Amselle est un livre fort, touffu. Un ouvrage qui, sans mauvais jeu de mots, autorise bien des branchements. Enquête de terrain, réflexion d?un anthropologue sur les fondements de sa science, il dépasse allègrement son cadre intellectuel, pour informer tout autant la réflexion politique que culturelle. Sans doute parce qu?en lui s?affirme une volonté programmatique. En effet, en filant une métaphore nouvelle pour parler des cultures, il ne cherche rien moins qu?à nous aider à construire une vision neuve de l?avenir des différences culturelles à l?époque de la mondialisation. Ce qu?il tente dans cet ouvrage, c?est de nous arracher à l?image d?un monde global qui serait le produit de «mélanges» de cultures, vues chacune comme un univers étanche. Là où, habituellement, la métaphore du métissage maintient dans notre vision des cultures une dimension racialiste, Amselle affirme l?idée radicale d?une co-présence initiale des différentes cultures. Son postulat, c?est l?originelle ouverture à l?autre de toute culture. Il existerait ainsi une interculturalité à l'intérieur de laquelle chaque culture trouverait son domaine de définition. Pas de cultures sans Culture. Amselle ne cesse de dénoncer la situation de guerre larvée entre les cultures dans laquelle nous nous trouvons. Mais combattant avec force l?idée d?une pureté originaire des cultures, il montre aussi en quoi l?universalisme est le moyen privilégié d?expression des différences culturelles. --Joël Jégouzo--
Depuis les Indépendances, le tourisme en Afrique a été appréhendé par les chercheurs tour à tour comme une forme de néo-colonialisme, un facteur de développement, comme destructeur des sociétés traditionnelles locales, puis comme facteur de paix et de rencontre entre les peuples. La figure néo-coloniale du touriste blanc, riche et puissant, tant décriée par les chercheurs des années 1970, laisse de plus en plus la place à celle du touriste culturel, solidaire ou équitable, en quête de rencontre avec l'autre. La vingtaine de contributions réunies dans ce numéro visent à déplacer la réflexion d'une problématique trop souvent basée sur l'impact du tourisme en Afrique à un questionnement sur les imaginaires touristiques portés sur ce continent, sur la manière dont les acteurs locaux et les autorités publiques participent à leur création, se les approprient ou les contestent. Ce volume met l'accent sur les circulations transnationales, les réseaux, le politique, les enjeux identitaires. Il montre surtout que le touriste n'est plus un simple spectateur. Du Maghreb à l'Afrique du Sud, les auteurs révèlent la dimension participative des pratiques touristiques contemporaines sur le continent.
Partant d'enquêtes empiriques, et usant des concepts développés dans les champs historique et anthropologique comme d'une " boîte à outils " théorique, ce numéro témoigne de la vitalité des mémoires dans le présent des sociétés de l'Afrique au sud du Sahara et des Antilles. Les contributions rassemblées éclairent ce que les enjeux qui se nouent autour des pratiques différenciées de la mémoire nous disent des dynamiques sociales et politiques dans les contextes spécifiques où elles se déploient. En raison d'un jeu incessant de va-et-vient entre passe et présent, les mémoires fonctionnent comme des palimpsestes sur lesquels se réécrivent les représentations des nouveaux épisodes du passé sur les traces d'anciens récits à moitié effacés. Au final, des narrations du passé liées à des temporalités différentes se mêlent dans un même espace mémoriel. On constate que, sous la forme d'appels à des mémoires dites détournées, bafouées, méprisées, ou encore effacées, le passé est de plus en plus fréquemment convoqué à des fins de reconnaissance sociale et de demande de réparations, souvent couplées à des tentatives de légitimation politique. Toutefois, des mémoires plus anonymes se transmettent et se reconstruisent aussi dans l'intimité des familles et des collectifs restreints constitués par des réseaux d'acteurs liés par le partage d'une même expérience historique. Qu'elles soient hautement visibles ou qu'elles se transmettent clandestinement, risquant parfois de tomber dans l'oubli, les mémoires postcoloniales collectives restent inséparables des modes de circulation et d'usage du pouvoir dans les espaces sociopolitiques considérés. Ces mémoires politisées sont constituantes des moralités politiques.