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Le cauchemar de Don Quichotte. Retraites, productivisme et impuissance populaire
Amiech Matthieu ; Mattern Julien
LENTEUR
12,00 €
Épuisé
EAN :9782954069630
Ainsi l'Etat social ne nous semble-t-il défendable que comme un rempart contre l'anomie et le chaos complets, comme un point d'appui (de plus en plus) provisoire en vue de réaliser autre chose. Le problème que nous posent les économistes de gauche est donc d'abord que les petits pas réformistes qu'ils proposent vont dans la mauvaise direction. C'est-à-dire qu'à force de vouloir socialiser le capitalisme, ils nous éloignent de l'idéal d'un monde libre. Pire que ça, ils mettent en péril le monde tout court. Profondément saint-simoniens, ils persistent à vouloir prendre en charge un développement économique de plus en plus rapide et catastrophique, en prétendant l'orienter vers des horizons autres que le profit mercantile". Cet ouvrage est paru pour la première fois en 2004, suite aux grèves de 2003 contre la destruction du régime de retraites par répartition. Cette édition est identique à la première. Seul le sous-titre a été modifié et un bref avant-propos ajouté par les auteurs.
Résumé : Ce que nous avons tenté de démontrer dans ce livre, c'est qu'Internet n'est pas ? ne peut pas être ? un outil convivial. Nous ne pensons mente pas qu'il s'agisse d'un outil, d'ailleurs x c'est un système, une mégamachine qui structure, qualifie, organise nos vies dans le sens d'une hétéronomie accrue ? une addiction à plus d'électricité, plus de métaux rares, plus de temps passé devant un écran plutôt qu'en contact physique avec nos semblables... Nous ne voulons pas défendre les droits de l'Homme dans la société numérique voulons défendre la condition humaine qui est menacée par la société numérique. Nous pensons que la défense de la liberté et de l'égalité implique de réduire massivement notre usage des artefacts numérique et de recréer un monde où l'on puisse s'en passe. Cette position relève apparemment du tabou aujourd'hui, et ceci jusque dans la plupart des cercles se présentant comme anticapitalistes, révolutionnaires, ou en lutte contre toutes les formes de domination". (Extrait de la préface à la présente édition.)
Le numéro 9 de Notes et Morceaux choisis se veut une mise au point concernant la crise actuelle des sociétés capitalistes. Mise au point théorique offerte par l'article de Charles Wright Mills, qui, il y a cinquante ans décrivit en détail l'apparition d'une société de masse. Depuis, celle-ci s'est renforcée de tout un appareillage de nouvelles technologies de l'information et de communication confirmant la pertinence de son analyse. Mise au point pratique ensuite : à ceux qui souhaitent que la crise s'aggrave, Matthieu Amiech rappelle la profondeur de notre dépendance matérielle et psychologique aux gestionnaires et à leurs industries, qui ne rencontre actuellement aucune opposition politique conséquente. Un appel au courage politique, contre un optimisme creux qui voudrait faire croire que "la situation est excellente" .
Comment s'opposer au capitalisme, lorsqu'on s'accommode, jusqu'à la fascination, du genre d'existence qu'il procure et de ce qu'il a fait accomplir aux hommes ? La disparition, sous les coups de boutoir de l'industrie, des formes autonomes de production et d'échange ne semble poser aucun problème aux intellectuels " critiques " et aux jeunes qui les écoutent. Ils se féliciteraient presque de la dépendance quasi-totale de chacun vis-à-vis de l'appareil de production moderne. Ils ne voient pas le danger d'une évolution qui fragilise notre vie quotidienne, en nous mettant à la merci des fluctuations de l'économie et de processus sociotechniques sur lesquels nous n'avons aucune prise. Ils ne voient pas que cette évolution nous accule à la croissance perpétuelle de la production. La gauche persiste encore à promouvoir l'extension des " bienfaits de notre mode de vie " à l'ensemble de la planète. Sans voir que l'Economie apporte à de nouvelles contrées la participation forcée au désastre social et écologique. Dans l'immédiat, la question des conditions de vie ressurgit avec insistance, terrifiante et insoluble. Il ne s'agit pas d'assimiler tous ceux qui disent ?uvrer pour une " mondialisation plus humaine " aux partisans les plus fanatiques de l'ultralibéralisme. Mais il est crucial de souligner qu'il n'y a pas grand sens à plaquer une idéologie de fraternité universelle sur ce que nous sommes en train de faire du monde. La société non capitaliste, que tant de militants appellent de leurs v?ux, pourrait bien ne pas être une société de confort et d'irresponsabilité généralisée - c'est-à-dire l'improbable extension à tous de la situation des privilégiés de notre société inique.
Résumé : "Ces évolutions n'ont rien de naturel ou d'inéluctable : elles sont le fruit de décisions technocratiques auxquelles il est possible de s'opposer. Encore faut-il pour cela identifier collectivement leur importance. Or, jusqu'ici, le lien est trop rarement fait entre asservissement économique et usage intensif du numérique, entre régression démocratique et informatisation galopante. Ces questions sont maintenues à la périphérie des discussions politiques. Tel est l'enjeu de notre livre : faire entrer la technologie dans le champ de la délibération politique ; montrer que son développement permanent et programmé est un outil de choix dans l'arsenal des couches dirigeantes, pour réduire à néant les formes de solidarité et de justice sociale existantes, les liens directs entre les gens, les capacités populaires de résistance ; et qu'il est donc possible et indispensable de s'opposer à ce développement - sans être réactionnaire, au contraire."
Résumé : L'alternumérisme a le vent en poupe : cyberminimalisme, smartphones équitables, inclusion numérique, ateliers de détox digitale, logiciel libre, open data, démocratie en ligne, neutralité du net... ils sont nombreux à croire, (ou à vouloir nous faire croire), que la nouvelle économie de l'information pourrait tourner à l'avantage de tous ou, du moins, qu'on pourrait en contenir les effets les plus néfastes. Ce livre détruit méthodiquement cette théorie dangereuse, appelle à s'extraire de l'utopie numérique, à refuser la numérisation du monde.
Résumé : Dans la plupart des civilisations ou des milieux sociaux, l'idée de la liberté qui prévaut est de pouvoir se décharger de la vie matérielle, des tâches de subsistance : sur les esclaves, sur les travailleurs manuels et les femmes, sur les machines... Dans cet essai philosophique remarquable, Aurélien Berlan ravive une conception opposée, subalterne, de la liberté portée par des mouvements populaires d'hier, en Occident, et des mouvements paysans d'aujourd'hui, dans les pays du Sud (en Inde et au Mexique, en premier lieu) : la prise en charge collective et égalitaire des besoins de base, des besognes nécessaires à la vie sur terre. Contre le rêve de délivrance, le projet d'autonomie , contre le libéralisme, le marxisme et notre société de services néo-domestique, la réappropriation de la part matérielle de nos vies.
1987. Wendell Berry décline avec "Pourquoi je n'achèterai pas d'ordinateur" , l'invitation à s'équiper. Il lui oppose la justice, l'écologie, le travail bien fait, la stabilité familiale ou communautaire. Il n'en faut pas plus pour éveiller les soupçons des lecteurs progressistes de la revue Harper's à qui il répond. - Poésie : Berry se plait au "pays du mariage" , Océane Murcia veut rendre à la Provence "son coeur et ses orages" - Nicolas Alep esquisse "quelques pistes de réflexion pour une décroissance numérique" et José Ardillo remercie malgré une "France [où] l'hiver ne finit pas" . - Recensions : "Contre la résilience" de Thierry Ribault et "Terre et Liberté" d'Aurélien Berlan : fantasme de délivrance contre quête d'autonomie matérielle. Si Nicolas Gey souscrit au propos, il pointe cependant des angles morts dans certains ouvrages récents sur le sujet - Paul Goodman poursuit la critique du développement urbain et de ses pathologies dans "La vie en campagne - 1984"