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Blocs sociaux et domination. Pour une économie politique néoréaliste
Amable Bruno ; Palombarini Stefano
RAISONS D AGIR
24,00 €
Épuisé
EAN :9791097084417
L'accès au pouvoir politique, condition de la mise en oeuvre de politiques économiques et de réformes structurelles, suppose la constitution de coalitions et de blocs sociaux aspirant chacun à occuper une position dominante. Comment se forment ces blocs ? Comment l'un d'entre eux parvient-il à être dominant et prendre le pouvoir mais aussi le conserver, en dépit des crises économiques, institutionnelles ou idéologiques auxquelles il est confronté ? Bruno Amable et Stefano Palombarini, qui avaient initié dans L'illusion du bloc bourgeois (Raisons d'agir, 2018) l'analyse des trois blocs de gauche, bourgeois, et d'extrême droite à propos de la crise politique française, systématisent dans cet ouvrage leur cadre d'analyse, fournissant ainsi un instrument puissant et fécond permettant de comprendre la grande variété historique des conflits politiques. Forts de cette construction, ils reviennent en postface sur la crise politique française actuelle : l'impératif pour le bloc bourgeois d'empêcher la formation d'un bloc de gauche en rupture avec l'idéologie néolibérale conduit à différents scénarios, dont celui d'un rapprochement durable et d'une possible fusion partielle du bloc bourgeois et de celui d'extrême droite.
Résumé : Existe-t-il une alternative au capitalisme libéral ? Le modèle social européen n'est-il pas condamné à disparaître ? Ces questions récurrentes du débat public sont souvent mal posées, parce qu'elles supposent implicitement que le capitalisme se réduit à une seule forme, alors qu'historiquement l'existence de capitalismes différents est plutôt la règle. Même après vingt ans de " mondialisation libérale ", les grandes économies développées se différencient toujours par leurs institutions économiques et sociales (système financier, protection sociale, relations professionnelles, système éducatif, marché du travail). Ce livre décrypte la nature, les causes et les conséquences de cette diversité. Il identifie cinq capitalismes : le modèle néolibéral, le modèle continental européen, le modèle social-démocrate, le modèle " méditerranéen " et le modèle asiatique. L'analyse s'appuie sur une " économie politique " des institutions, démontrant comment ces dernières résultent d'un processus politique dynamique au cours duquel s'élaborent des compromis entre les forces sociales et politiques. Les conditions historiques, culturelles et sociales de cette élaboration sont spécifiques à des régions du monde et à des époques de l'histoire. Cette approche remet en question les idées reçues sur l'avenir du modèle social européen continental. La convergence annoncée de tous les pays vers un même capitalisme néolibéral anglo-saxon n'est pas inéluctable. La greffe forcée de ce modèle inadapté aux spécificités de l'Europe continentale se heurtera à une opposition politique croissante. Une autre Europe que l'espace de libre-échange néolibéral est donc, non seulement possible, mais aussi probable.
Palombarini Stefano ; Amable Bruno ; Jeammet Améli
Résumé : Dans ce livre d'entretiens, Bruno Amable et Stefano Palombarini, économistes et auteurs de L'Illusion du bloc bourgeois (Raisons d'agir, 2017), reviennent sur les hypothèses qu'ils formulaient sur la configuration sociale et politique singulière qui rendait possible l'élection de Macron en 2017 et les confrontent à la réalité de son quinquennat. A partir des résultats des élections de 2022, ils analysent les contradictions du bloc bourgeois et sa reconfiguration en un "bloc de droite 2. 0" , néolibéral et autoritaire, décortiquent les reconfigurations à l'oeuvre à droite et à gauche et s'interrogent sur les conditions d'émergence d'une "gauche de rupture" susceptible d'être majoritaire et de batailler l'hégémonie au projet néolibéral.
La gauche de gouvernement a abandonné les classes populaires en menant une politique de " réformes structurelles " néo-libérales liées à l'intégration européenne. A l'opposé, le pôle " souverainiste ", hostile à l'UE et à l'euro, protectionniste, doit répondre à des attentes contradictoires en matière d'emploi et de protection sociale. Ce livre montre que le modèle français est menacé par une crise de représentation politique profonde, dont l'issue est encore très incertaine.Jusqu'aux années 1980, la politique sous la Ve république s'est caractérisée par l'opposition entre deux blocs, respectivement de gauche et de droite. Depuis, la vie politique française est en situation de crise : ces blocs se délitent. L'éloignement des partis de gouvernement de l'ensemble des classes populaires semble inexorable qui laisse sur la touche, d'un côté, artisans, commerçants, très petits entrepreneurs déçus par une droite jugée trop timide dans la réforme libérale et, de l'autre, ouvriers et employés, hostiles aux réformes dont est porteuse une unification européenne d'inspiration libérale à laquelle le parti socialiste est farouchement attaché.La présidence Hollande n'est ainsi pas une anomalie dans l'histoire de la gauche de gouvernement mais la vaine tentative poursuivie depuis les années 80 de constituer un Bloc bourgeois enraciné dans la pensée " moderniste " et l'abandon des classes populairesEn réaction, le pôle " souverainiste ", hostile à l'UE et à la monnaie unique, plutôt protectionniste, est traversé par des contradictions majeures portant principalement sur le marché du travail et la protection sociale.Les perspectives de la politique et de l'économie française, et même l'avenir du " modèle français ", dépendent donc de l'issue d'une crise politique qui n'est donc pas liée à des querelles d'appareils et encore moins de personnes, mais à la difficulté de former un nouveau bloc dominant. Elle est loin d'être terminée.Table des matières : Introduction1 La crise politique : l'absence d'un bloc social dominant1.1 Caractérisation théorique de la crise politique1.2 Les classes populaires sans représentation politique1.3 D'où vient la crise de représentation des classes populaires : la rupture des anciennes alliances1.3.1 Les deux blocs sociaux1.3.2 Les difficultés du bloc de droite1.3.3 L'éclatement du bloc de gauche1.4 Stratégies " réformistes " et crise politique2 L'identité du PS au c?ur de la crise2.1 Les racines du " tournant " : néolibéralisme et modernisme2.2 La victoire idéologique de la deuxième gauche2.3 Le projet européen au service du tournant socio-libéral2.4 La présidence Hollande, fin de trajectoire3 Le bloc bourgeois : un nouveau bloc hégémonique ?3.1 Victoire idéologique des modernistes et construction européenne : la fin du bloc de gauche3.2 Les transformations du rapport salarial au c?ur de l'évolution du capitalisme3.3 La difficile émergence du bloc bourgeois3.4 La France sur les traces de l'Allemagne ?4 Recompositions politiques4.1 Restructuration de l'offre politique, une conséquence de la crise politique4.2 L'éclatement de la gauche sur la question européenne4.3 Le transformisme du Front national4.4 Dans le nouvel espace, huit projets politiquesConclusion
Résumé : Les sciences sociales et l'économie politique sont menacées par le retour d'un moralisme qui nie le conflit social et discrédite l'opposition aux projets élaborés en vue d'un prétendu " bien commun ". Ce livre soumet à une critique raisonnée l'un des courants qui incarne le mieux ce phénomène : " l'économie des conventions ". Loin de proposer une construction scientifique, ce courant offre une validation éthique aux projets politiques (en premier lieu celui de la " troisième voie ") qui disqualifient l'idéal égalitaire en privilégiant une hypothétique égalité des chances par rapport à celle des résultats. Les économistes Bruno Amable et Stefano Palombarini proposent ensuite une théorie néoréaliste du changement institutionnel qui redonne toute sa place au caractère nécessairement sélectif du choix politique. Et qui permet de reconnaître, derrière la rhétorique du bien commun, la frontière entre intérêts dominants et intérêts dominés.
Résumé : Des outils de compréhension produits par les sciences sociales. Des pistes de réflexion pour répondre à certaines questions déterminantes pour l'avenir de ce mouvement de contestation inédit : Actions efficaces dans ce combat. Bases et alliances. Positionnement face à la violence. Résistance dans la durée. Structuration (égalité, liberté et solidarité). La guerre des classes face au libéralisme autoritaire. Docteur en sociologie, Laurent Denave a interrompu ses recherches en novembre 2018 pour se consacrer entièrement au mouvement des Gilets jaunes. Cet ouvrage est le fruit deux années d'expérience et de réflexions sur cette lutte politique. L'auteur souhaiterait mettre à disposition des militants engagés dans ce mouvement (toujours en cours, même s'il est moins visible), ou engagés d'une manière ou d'une autre dans la guerre des classes, des outils d'analyse et de compréhension produits par les sciences sociales critiques. Eclairer ou clarifier certains problèmes rencontrés sur le terrain pourrait sans doute contribuer à les résoudre. Il s'agit de donner des pistes de réflexion pour tenter de répondre à certaines questions déterminantes pour l'avenir de ce mouvement de contestation inédit : Quelles actions sont les plus efficaces dans ce combat ? Sur quelles bases peut-on construire des alliances et avec qui ? Comment se positionner par rapport à la question centrale de la violence ? Comment résister à la répression et tenir sur la durée ? Comment structurer le mouvement afin de mettre nos pratiques en accord avec les principes que l'on défend (égalité, liberté et solidarité) ? Cet ouvrage s'adresse également à celles et ceux qui soutiennent la lutte sans y participer directement et qui aimeraient en avoir une meilleure compréhension. Il entend déconstruire (et donc délégitimer) certaines représentations négatives, portées par les médias et leurs intellectuels de service sur la diversité des protagonistes de cette lutte, ce qui peut avoir des conséquences sur la manière dont ils sont considérés, traités et criminalisés, par la police ou la justice. Il donne à voir, derrière les mobilisations des Gilets jaunes, la véritable guerre des classes que les classes populaires livrent en réalité contre le libéralisme autoritaire en marche.
Résumé : Certains métiers sont attractifs, moins pour le confort matériel qu'ils garantissent qu'en raison de l'image valorisée et valorisante qui leur est associée, ou de l'épanouissement dont ils portent la promesse. Ils reposent sur un fort engagement personnel, qui peut être subjectivement vécu sur le mode de la passion et du désintéressement. L'orientation professionnelle vers le secteur culturel participe de cette logique vocationnelle. Quelles sont les modalités de cet appel? Qu'est-ce qui prédispose à y répondre ? Quels sens ces orientations revêtent - elles ? Pour répondre à ces questions, Vincent Dubois a enquêté sur les étudiants qui se destinent à l'administration culturelle. En révélant qui et ce qui s'y investit, ce livre apporte un éclairage inédit sur ces métiers. Ces positions intermédiaires où se croisent héritages familiaux et investissements scolaires, espoirs d'ascension sociale et lutte contre le déclassement, offrent plus largement un point de vue privilégié pour l'analyse des modes de reproduction dans la France contemporaine.
Wall Street est le symbole même de la finance des années 1980, du capitalisme triomphant, des empires bâtis sur des opérations de bourse de grande ampleur, par des personnages à la réputation sulfureuse (George Soros, Ted Turner, Michael Milken) qui se sont assurés, en un temps record, des fortunes personnelles immenses. Vingt ans plus tard, les mêmes se lancent dans de grands projets de fondations privées qui auraient pour seul objet de faire le bonheur de l'humanité. Ces financiers devenus philanthropes évoquent l'épopée des "barons voleurs', les Carnegie et Rockefeller qui, partis de peu, avaient fondé les plus grandes entreprises du capitalisme du début de XXe siècle aux États-Unis, en recourant eux aussi aux marchés financiers. Et qui, sur le tard, avaient également cru bon de léguer à la postérité de grandes fondations, des universités ou des hôpitaux. A partir de cette analogie historique, Nicolas Guilhot montre que ce mouvement du capitalisme vers la bienfaisance universelle exprime une dimension essentielle de la reproduction du capital qui, pour se perpétuer, doit trouver les formes de sa propre légitimation."
Le rôle de l'industrie agroalimentaire dans la production des normes sanitaires est bien connu, comme par exemple lors du rejet d'amendements à la loi Agriculture et alimentation (dite Egalim) visant à équilibrer les relations avec les agriculteurs et à promouvoir une alimentation saine et durable. Cependant, ce rôle est rarement compris dans toute sa complexité et toutes ses ramifications, bien plus invisibles et prégnantes que l'on pourrait le croire. L'agro-industrie prend en effet le contrôle de la politique nutritionnelle qui devrait être du ressort de l'Etat, en prenant en main, d'abord la recherche, ensuite la formation et la mise à l'agenda de toute forme de politique publique dans ce domaine. Elle maîtrise la production d'informations, y compris scientifiques, elle se construit une image positive en participant à toutes sortes d'associations, d'événements, de financements de recherches et d'expertises, etc. Loin d'être une simple affaire de comportements individuels, de conflits d'intérêt des scientifiques, de cynisme des industriels ou de faiblesse morale des politiques, la prégnance des intérêts économiques est ici systémique. Ce livre montre qu'elle est le produit du travail de longue haleine d'une multitude d'organisations et de professionnels, dont c'est le métier. Leur travail façonne les espaces d'intervention des experts et des décideurs. L'industrie agroalimentaire fait prévaloir ses points de vue et intérêts en s'immisçant dans des espaces scientifiques, politiques et philanthropiques. L'enquête sociologique présentée dans ce livre offre - pour la première fois en France - une vision d'ensemble des interventions mises en oeuvre par l'agro-industrie, en décrivant par le menu les différents types de stratégies, leurs supports organisationnels et humains, ainsi que les espaces sociaux qui en sont le produit. Ces résultats permettent de se faire une idée plus juste de la place des intérêts économiques dans la décision publique en matière d'alimentation et de nutrition, et dans une certaine mesure de s'en prémunir.