Quarante ans de travail témoignent de la vitalité des réalisations de Jean-Michel Wilmotte et attestent une volonté qui d'emblée ne s'est pas cantonnée à la France mais au monde entier. En artiste complet, il s'est intéressé avec un même intérêt à l'architecture, la muséographie, la création de mobilier et l'urbanisme. L'ampleur des travaux de Wilmotte ne témoigne pas d'une insatiabilité, mais d'un sens de l'observation, d'un goût de la logique et d'un amour du paysage qui lui ont permis de créer de nouvelles modalités constructives tout en alimentant une agence qui comporte plus de deux cents collaborateurs. Autant dire que le travail d'équipe est au coeur de l'agence Wilmotte & Associés. Pour Jean-Michel Wilmotte, il n'y a pas de petits projets, tous sont dignes d'attention. En matière d'architecture, Wilmotte, dès les années 80, s'est imposé comme le leader de la réhabilitation d'édifices anciens, sachant avec justesse proposer des solutions équilibrées, entre respect du passé, nouveaux usages et réappropriation esthétique. Par ailleurs, il y a plus d'une vingtaine d'années, il a été l'un des premiers sinon le premier à repenser la scénographie des musées avec un vocabulaire et une grammaire qui lui sont propres : stricte structuration des flux de visiteurs, jeux de lumière, chromatisme apaisant, vitrines et mobiliers minimalistes, conception d'espaces de détente, de librairies selon le concept anglo-saxon du fun shopping, soit la conjonction idéale de la culture et de la distraction. L'urbanisme, la ville et ses ghettos sociaux, la figure anonyme de celui qui traverse les zones urbaines, l'absence de flâneurs? Un état d'esprit contre lequel Wilmotte s'insurge. Contre lequel il décide de lutter en introduisant davantage d'esthétisme mais aussi un surcroît de convivialité, de confort où peuvent fraterniser les hommes. Bref ! Ce livre tente de retracer à l'aide de remarquables photographies et dessins, l'apport de Wilmotte dans notre environnement par nombre de réalisations emblématiques telles : le stade de Nice, le centre de gestion sportive, Ferrari à Maranello, la tour Monte-Carlo View à Monaco, le pavillon des Sessions au musée du Louvres, le Rijksmuseum d'Amsterdam, le musée d'Art islamique de Doha, le chai Pédesclaux à Pauillac, les allées Jean Jaurès à Nîmes, les Champs-Elysées, la stratégie de développement du Grand Moscou? Un catalogue raisonné, par Valérie Valentin retrace en fin d'ouvrage la totalité de l'oeuvre architecturale et urbanistique de l'agence Wilmotte & Associés.
Ceux qui désirent ardemment la mort constituent à leur insu une société secrète qu'assemblent l'amour du dépassement et une lassitude sans âge. Ils forment une constellation de vies brèves, silencieuse et lumineuse.". José Alvarez.
Jérémie Nassif appartient à une génération qui a assisté au décloisonnement des champs et des pratiques de la photographie, à la profusion exponentielle des images produites par l'industrie de masse, des images-sans-art qui ont eu pour conséquence le renoncement de nombreux artistes à la production de nouvelles images. Après avoir été photographe de plateau - certaines de ses photos donneront lieu à un livre consacré à Mazeppa, film de Bartabas et ses chevaux -, portraitiste, auteur de courts métrages, Nassif se consacre depuis quelques années à une photographie qui sublime le mouvement. On pourrait être tenté de rapprocher les photographies de Nassif d'un pictorialisme contemporain qui perpétuerait les mêmes enjeux que son homologue du dix-neuvième siècle : valoriser le geste de l'art, exalter la subjectivité créatrice. Tout l'art de Nassif, et plus précisément dans les portraits, réside dans l'acte de maîtrise de la manipulation des images, du " montage ". Ainsi peut-on affirmer qu'il s'agit non plus de créer au sens démiurgique et romantique du terme, mais de " construire " un objet, tel que le fait un monteur de film. S'agit-il pour autant de renier la mythologie propre à l'artiste et s'aligner sur la pratique du technicien ? Rien n'est moins sûr, et il faut apprécier dans ce travail l'utilisation rigoureuse et inventive des nouvelles technologies.
Cette monographie, la première consacrée à Gilles Jonemann, nommé " Maître d'art " en 2004, révèle l'univers d'un créateur de bijoux et d'objets, parmi les plus innovants, les plus singuliers de la bijouterie contemporaine. Instaurant une réelle rupture dans l'histoire du bijou, il revendique l'utilisation de matériaux non précieux, tels l'acier, le verre, le caoutchouc, ou encore les coquillages et les matières végétales. Bien plus qu'une simple passion, l'artiste perçoit son travail comme une vocation. Son oeuvre hétéroclite a pour ambition de provoquer l'étonnement, l'émerveillement tout en piquant la curiosité du public. Ainsi, utilise-t-il des objets insolites, détournés de leur usage premier, afin de créer bagues, colliers ou autres bijoux uniques. L'omniprésence d'exotisme dans ses créations résulte d'un tropisme pour l'Afrique notamment, qui l'a conduit à une collaboration des plus créatives avec le couturier Issey Miyake. De ce fait, certaines pièces sont implicitement détournées d'objets, de sentiments vernaculaires, directement inspirés par les voyages, dont il ramène coquillages, graines, écailles de poisson, bois flottés ou encore galets. Cet ouvrage donne l'occasion de pénétrer l'univers d'un artiste de l'altérité et de découvrir son atelier, aux allures de cabinet de curiosité.
Résumé : Architecte d'intérieur, Henri Garelli est né à St-Tropez à la fin des années 40. Il se partage depuis lors entre le port mythique, la Provence, Paris, l'Europe et les Etats Unis. Chez Garelli, le récit est primordial, et c'est une histoire qui est mis en scène, jamais une anecdote. Un décorateur à cet égard a exercé sur lui une grande stimulation par son talent et un savoir faire hors du commun, Renzo Mongiardino. Garelli privilégie le jeu d'une couleur à l'autre, qui jamais n'est recherche du pur effet décoratif, mais traduction d'une intuition, d'une pensée, d'un état d'esprit. Autre idée séminale chez cet esthète, la symétrie le séduit, plus ancrée depuis le XVIIIe siècle dans le goût national. Il reste fidèle à ses lignes de force : personnaliser de la manière la plus aiguë la volonté de ses clients, accorder une attention au moindre détail. Développer enfin un vocabulaire stylistique qui réponde au langage de l'architecture, pour lui essentielle dans l'appréhension d'un projet. Garelli n'impose rien. Il joue le néoclassicisme et la douceur contre le baroque ou la froide ascèse. Ses convictions les plus intimes circulent entre les murs, les textiles, les objets en d'harmonieuses et vibrantes conversations. A travers les photographies de Roland Beaufre, se révèlent avec tact, l'univers et les créations d'Henri Garelli. José Alvarez, auteur de divers ouvrages dont : L'Art de vivre à Paris, Flammarion, 1991, Anna la nuit, Roman Grasset, 2009, Histoires de l'Art Déco, 2010, Un XXe Siècle artistique, 2012, Editions du Regard.
Dans cet ouvrage, l'éditeur Peter Kühnst passe en revue l'histoire du nu athlétique dans la photographie, qu'il articule en les unifiantautour de trois aspects principaux: l'histoire de la photographie, celle de la culture physique et des sports ainsi que celle de la morale et de l'éthique. Les sports et les jeux, toutes les formes de culturephysique en fait, ont toujours été pratiqués dans un état de semi-nudité. Pourtant, jamais les aspects sensuels et érotiques du sport n'avaient été célébrés avec autant d'enthousiasme qu'aujourd'hui. Peter Kühnst retrace l'histoire du nu athlétique dans laphotographie selon une périodisation en trois étapes: le milieu du XIXe siècle, avec les débuts de la photographie, la chronophotographie d'Eadweard Muybridge, le naturalisme européen et laphotographie picturale du pictoralisme; dans la deuxième partie, qui couvre la première moitié du XXe siècle, Kühnst s'attache au naturisme en Europe et aux images du nu dans les sports réalisées par des photographes représentatifs de la Nouvelle Objectivité. L'arrivée du national-socialisme s'accompagna dans la photographie d'une héroïsation du nu, influencée par le futurisme italien. L'oeuvre de Leni Riefenstahl offre un bel exemple des contradictions artistiques, historiques et idéologiques de ce courant; dans la troisième partie, Kühnst nous présente le post-modernisme et le maniérisme contemporain. Il examine un certain nombre de styles photographiques de notre époque caractérisés par la nostalgie de la tradition, la rébellion protestataire ou le coup d'oeil complice, et procède à une analyse esthétique de l'oeuvre de photographes américains tels Robert Mapplethorpe, Herb Ritts, Brute Weber et Annie Leibovitz. Biographie de l'auteur Peter Kühnst est né en 1946 à Heiligenstadt (Allemagne de l'Est). Gymnaste de stature internationale, il s'est installé à Cologne en 1974 après sa détention comme prisonnier politique en RDA. Il a étudié l'histoire et la philosophie à l'Université et au Sporthochshule de Cologne. Il a terminé en 1995 ses études post-doctorales à l'université de Bochum, où il enseigne maintenant la science des sports. Sa thèse de post-doctorat, intitulée Sports. Histoire culturelle dans le miroir de l'art, a reçu un accueil élogieux de la part de la critique.
Résumé : L'art peut-il se passer de formes jusqu'à devenir invisible ? L'art peut-il être ? et jusqu'à quel point ? ? imperceptible ? Cet ouvrage propose une série de réponses à ces questions qui hantent l'histoire de l'art depuis ses origines et sont particulièrement prégnantes au XXe siècle comme dans la production à plus récente. Le terme inframince inventé par Marcel Duchamp, jusqu'à présent très peu étudié par l'historiographie, cristallise ces interrogations et les opérations artistiques qui leur sont liées. Il sert ici de point d'ancrage à une analyse au cas par cas d'oeuvres particulièrement exemplaires du devenir imperceptible de la plasticité. Ce livre, qui puise dans de nombreux exemples modernes et contemporains la matière de ses analyses (Piero Manzoni, Robert Barry, Ian Wilson, Max Neuhaus, Jiri Kovanda, Roman Ondák...), est cependant tout sauf encyclopédique : il propose une étude des singularités formelles et des disruptions qu'elles produisent sans souci d'exhaustivité. Comment l'oeuvre peut-elle être là sans insister sur sa présence ? Comment la disparition peut-elle devenir l'autre nom de la manifestation ? Autant d'interrogations auxquelles ces pages donnent une résonance théorique et historique. De l'inframince donc ou comment construire des intensités par soustraction.