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UNE FEMME SANS AU-DELA. L INGERENCE DIVINE III. JACQUES LACAN, FERDINAND ALQUIE, FRIEDRICHNIETZCHE
ALLOUCH JEAN
EPEL
24,99 €
Épuisé
EAN :9782354270667
Elles étaient des filles des villes, des cocottes, des grues, des poules, des mannequins dans des vitrines, des prostituées. Elle est, elle, la fille des champs, l?unique, "une femme en elle-même, et sans au-delà". De quel amour le jeune philosophe Ferdinand Alquié l?aura-t-il aimée ? Jacques Lacan s?emploie à réduire sa hantise d?elle : il fait parvenir à son ami une fort émouvante lettre, à laquelle il joint le seul poème qu?il n?ait jamais écrit. Unique, Ariane ne l?est pas moins dans son accouplement à Dionysos. Inspiré par Lou Salomé, comme le montre ici Chantal Maillet, Nietzsche en dessine le portrait : libre, elle sait y faire avec son fil, dompter, apaiser la jouissance en excès dont souffre son amant ; elle en reçoit le don dans sa chair. Alquié, Lacan, Nietzsche esquissent ce que serait une érotique déshabitée de Dieu, une érotique où, fruit d?une conquête qui est aussi un deuil, l?Autre est reconnu inexistant.
Résumé : Moïse sauvé des eaux, prince à la cour de Pharaon, berger compatissant, libérateur des Hébreux, interlocuteur privilégié de Dieu, guide des Enfants d'Israël vers la Terre promise où il n'entrera jamais... Peu de vies de héros ont été si pleines de péripéties, de drames, de tensions. La littérature, les arts, et jusqu'au cinéma se sont saisis de la personnalité de Moïse pour nous livrer une palette infinie de visions du plus grand des prophètes. Fasciné par le seul homme ayant "connu Dieu face à face", Jean-Luc Allouche a voulu réécrire l'histoire du plus malheureux des hommes. Et du Moïse à "la langue embarrassée", il a fait un contestataire à la langue bien pendue devant l'arbitraire divin. Dans ce livre passionnant, nourri notamment du Midrach, ce trésor "romanesque" des commentaires des Sages, Jean-Luc Allouche ajoute sa part de fiction et révèle un Moïse inédit, dépouillé de tout cliché.
Jacques Lacan (1901-1981) est un célèbre psychanalyste dont la figure a marqué le paysage intellectuel français et international, tant par les enthousiasmes que par les rejets qu'il a suscités. Ces Impromptus mettent en scène un Lacan à sa manière, celle de l'amusement sérieux. Chacun correspond à un aspect et à un moment de ses pratiques de psychanalyste, de séminariste, de chef d'école. Chacun l'implique d'une certaine façon, le met à une certaine place, façon et place qui ne sont pas les mêmes pour tous ceux qui apparaissent dans ces saynètes: analysants, collègues, disciples, malades, adversaires, auditeurs de ses séminaires, etc. Cependant, on apercevra que ces 543 bons mots, pas toujours à l'avantage du psychanalyste, pas toujours drôles, portent un enseignement qui n'est pas sans analogie avec celui des maîtres du Tch'an ou des directeurs spirituels de l'Antiquité. On vérifiera, en particulier, à quel point Jacques Lacan collait à la parole de ses analysants, à quel point, aussi, il se souciait beaucoup de leur éros et guère de leur bien.
On voudrait comprendre ; on ne peut. C'est le caractère vraiment hallucinant de cette affaire que l'horreur de ce double crime – l'un des plus atroces qui aient jamais été commis – soit encore dépassé par le mystère qui l'enveloppe. (...) Tous ceux que j'ai interrogés sont comme désarmés devant l'inexplicable. Eux non plus ne comprennent pas, et ils invoquent la folie. (...) A quoi pensent-elles, tandis que se déroulent, renouvelées, les images de leur crime, et que se joue leur sort ? Etrangères au débat, figurantes, n'apparaissent-elles ainsi presque privées de vie que parce que toute leur vie, justement, est tirée vers l'intérieur ? N'ont-elles point cessé, depuis le 2 février, de ressusciter le seul moment de leur morne et honnête existence où elles sont sorties d'elles-mêmes, ou plutôt elles ont sorti d'elles-mêmes cette mortelle fureur qui, à leur insu, y dormait ? Leur vie est-elle suspendue depuis ce jour, et le temps, au lieu d'écouler des heures nouvelles, répète-t-il inexorablement cette heure-là, qui fut la seule ? Louis Martin-Chauffier, extraits de Les mauvaises brebis du "Bon Pasteur", paru dans Vu, n° 290, 4 octobre 1933.
Reçue comme allant de soi, immuable, quasi naturelle, et essentielle au lien social, l'hétérosexualité n'a guère jusque-là été questionnée. Aussi aura-t-il fallu le développement des recherches gay et lesbiennes pour qu'elle apparaisse enfin dans son étrangeté et sa portée normative. Il y a une histoire de l'hétérosexualité, une identité, un genre hétérosexuel non pas inné mais produit par un certain nombre de lieux et de pratiques dont Hétéros, pour la première fois en France, dresse un inventaire critique. Les sites et chats de rencontres, les danses enlacées (une singularité proprement occidentale), les manières de divorcer, l'autobiographie, la littérature " psy " sur le couple, les sciences sociales nord-américaines, les discours sur la sexualité postnatale, les changements sociaux et législatifs, l'armée, les prisons, les centres d'observation pour délinquants, voilà où se construit, non sans difficultés désormais, l'hétérosexualité.
Alors qu'il entend dire l'essentiel de l'homme en tant qu'animal rationnel, le mot sujet sert aussi bien à désigner un cadavre en anatomie. De la liberté à la servitude, son spectre sémantique est si large qu'il frise l'homonymie. Le droit, la politique, la médecine, les lettres, les arts ne sauraient s'en passer. Sa carrière philosophique? Prestigieuse! Jacques Lacan en a fait d'emblée un leitmotiv de son enseignement. En lançant par la suite sa formule nouvelle d'un sujet représenté par un signifiant pour un autre signifiant, il ne lui a plus accordé identité ni réflexivité. Cette subversion, dont les étapes constitutives sont ici examinées, l'a placé dans de curieuses compagnies, tantôt avouées (Maine de Biran), tantôt inaperçues (averroïsme latin), parfois de circonstance (Foucault). En recoupant ces références disparates, le présent essai redonne à la trouvaille de Lacan son espace épistémique singulier. Et sa puissance d'appel.
À l'origine de toute oeuvre, artistique ou autre: une mort. Et l'oeuvre est censée effectuer le deuil, telle est aujourd'hui la vulgate. On sait moins que la mort en est aussi le terme, non pas tant la mort physique de l'auteur, car son oeuvre lui survit, mais cette seconde mort à laquelle tout un chacun est promis lorsque le temps vient où plus aucune trace ne subsiste de ce qui a été réalisé. Une question s'ensuit, d'autant plus vive que l'oeuvre produite sera davantage reconnue "immortelle": comment se prêter à cette seconde mort, geste générateur de l'oeuvre, alors même que l'oeuvre en barre l'accès? Chacun à sa manière, une romancière, Yoko Ogawa, un poète, Stéphane Mallarmé, un psychanalyste, Jacques Lacan, a tenté de résoudre cette difficulté. Selon quels biais? Et comment se présenterait l'amour s'il devait, lui aussi, être délesté de son parfum d'éternité? Biographie de l'auteur Jean Allouch exerce la psychanalyse à Paris. Il a notamment publié: Erotique du deuil au temps de la mort sèche (Paris, Epel, 1997), La psychanalyse est-elle un exercice spirituel? (Paris, Epel, 2007), Les impromptus de Lacan (Paris, Epel-Mille et une nuits, 2009).