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La plume de l'ours
Allamand Carole
STOCK
26,95 €
Épuisé
EAN :9782234073333
La soirée était douce pour une fin de novembre et de longs nuages roses s'effrangeaient au-dessus de Brooklyn. Il était près de cinq heures lorsque Carole Courvoisier parvint à l'angle de Mercer Street et de la 8e Rue. Une clochette pendue à la porte du coffee shop fit lever quelques têtes qui retournèrent aussitôt à leurs romans ou leurs ordinateurs portables. Carole retira son bonnet de laine et parcourut la salle du regard en quête d'une dame blonde lisant le journal. Elle aperçut Betty Glattner dans un fauteuil de cuir, vers la fenêtre.«Mais pas du tout, je viens d'arriver», fit l'Américaine en reposant le New York Times sur une table basse. (La Floride recomptait pour la quatrième fois ses bulletins électoraux.) Carole sortit un calepin de son sac à dos et s'installa face à l'ancienne étudiante de Camille Duval. Elle l'avait retrouvée grâce à une liste de promotions de l'université qui avait accueilli l'écrivain tombé en disgrâce dans son pays natal. La pêche s'était révélée ardue: plus de quarante ans avaient passé, les femmes avaient changé de nom, d'autres - des Robert Wilson, des John Brown - partageaient le leur avec plusieurs centaines d'abonnés, dont la plupart raccrochaient au nez de la chercheuse avant la fin de sa première phrase. Il y eut de faux espoirs: un certain George, domicilié à Chicago, prétendait se souvenir de Camille Duval, qu'il confondait cependant de toute évidence avec un autre professeur. Un dentiste du New Jersey jurait quant à lui avoir été proche du grand écrivain, mais n'en dirait plus que dans l'intimité de sa villa, où il invitait son interlocutrice à le rejoindre le soir même. Ce fut elle qui, cette fois, raccrocha.Seule Elizabeth Glattner s'était montrée crédible et prête à coopérer. Elle était venue en taxi de l'Upper East Side. D'après les calculs de Carole, elle devait avoir soixante-huit ou soixante-neuf ans, âge que démentaient des joues absolument lisses et des cheveux blonds réunis en queue-de-cheval. Elle parlait un français irréprochable et se réjouissait visiblement de causer de «Camille», qui avait dirigé son mémoire sur Racine dans les années cinquante. Mais surtout, Betty Glattner était enchantée de se retrouver mêlée de si près à l'affaire Duval.Ce grand dossier des études littéraires n'en finissait plus de tourmenter amateurs et spécialistes. Des carrières entières s'étaient faites (et défaites) autour de ce que l'on appelait, selon les écoles et les époques, l«énigme», la «rupture» ou la «schize» duvalienne. Car non seulement cet auteur prolifique n'avait pas publié une ligne entre 1951 et 1963, mais il était revenu autre de ce silence, doté d'une voix et de pouvoirs poétiques qu'on s'accordait à trouver bien supérieurs à ceux du «premier Duval», dont les romans, si scandaleux fussent-ils, reprenaient toutes les ficelles du réalisme. Le «second Duval», au contraire, le Duval de l'exil, du Grand Nord américain, souvent comparé à Joyce ou à Faulkner, nous avait laissé quelques-uns des plus beaux textes en prose du siècle qui venait de s'achever: L'Attente, Midi revient, et le magistral Palliante, surtout, salué par Claude Simon comme le «pur roman».
Résumé : Essai " Le racisme s'est imposé dans le langage courant pour désigner des opinions, des comportements, des doctrines et des politiques, voire n'importe quelle forme d'hostilité, de tensions ou de rivalités entre les divers groupes sociaux. S'appliquant à toutes les situations et toutes les opinions, même les plus mesurées ou les plus légitimes, le mot a perdu tout sens. En même temps, il est devenu l'injure suprême qui sert à délégitimer l'adversaire dans les débats intellectuels et politiques. L'extension du sens du mot et la passion dont il est chargé rendent difficile la compréhension du phénomène. " Anthologie Trois temps pour mettre en perspective les comportements racistes. Connaître : les idées qui ont jalonné l'histoire du racisme - Comprendre : pourquoi de telles thèses ? - Combattre : les armes de la citoyenneté. Des textes variés, du XVIIIe au XXe siècle, extraits d'essais, de romans ou d'articles.
Cancer du sein, cancer de la prostate : aux bouleversements créés par la maladie et ses traitements s'ajoutent souvent ceux liés à leur impact sur la vie sexuelle et amoureuse, un sujet souvent pas ou peu abordé avec les équipes soignantes. Honteux ? Accessoire ? Ce Livre Blanc est né du courage et de la sincérité d'hommes et de femmes atteint-e-s, leurs conjoint-e-s ou soignant-e-s, qui ont osé s'exprimer sur ce sujet resté trop longtemps tabou : que devient la vie sexuelle et intime lorsque l'on est atteint ou que l'on a surmonté un cancer ? Ils ont fait cadeau de leurs témoignages et réflexions dans le premier symposium Cancer du sein, cancer de la prostate : vie intime et sexuelle organisé par des associations dont l'Association Savoir Patient, puis dans cet ouvrage.
En s'engageant dans la police de Marathon, Norma Salvatore n'a qu'une idée en tête : découvrir ce qui est arrivé à son frère Alberto, journaliste écologique trouvé mort sur une plage de Floride cinq ans auparavant. Mais cette affaire trop vite classée a tõt fait de l'entraîner en eaux troubles, au coeur d'un trafic plus sinistre que celui du corail rose et dont les acteurs ne sont pas ceux qu'elle croyait. Les bars chics et moins chics de Key West laissent alors place à des bistrots où s'ennuie une petite fille : l'histoire d'un crime devient celle d'une famille genevoise des années 1970. Quel rapport entre ces vestiges d'une enfance un peu triste et l'enquête de Norma Salvatore ? Cette folle course sur les ponts qui relient entre elles les ¡les de l'archipel des Keys, où a-t-elle vraiment commencé? Avec ce texte à deux entrées, véritable making-of littéraire, Carole Allamand nous invite aussi dans le laboratoire du romancier.
Résumé : Une enquête sur le syndrome de Diogène, ce mal mystérieux et fascinant. Quand sa mère décède subitement, Carole Allamand rentre en Suisse pour s'occuper de ses funérailles. Une longue absence a distendu leurs rapports et plus de dix ans se sont écoulés sans une visite à son domicile. Rien ne l'a préparée à ce qu'elle découvre. Objets et déchets ont envahi tout l'espace, englouti les meubles, retiré aux pièces leur fonctionnalité, confiné sa mère dans moins de cinq mètres carrés. Comment en est-elle arrivée là ? Quelle signification ces choses ont-elles eue pour elle, et pour ces gens qui ne peuvent s'empêcher de les accumuler ? Un témoignage intime, un plaidoyer pour les femmes, un roman d'amour. Ne´e a` Gene`ve en 1967, Carole Allamand vit entre le New Jersey, ou` elle enseigne la litte´rature franc¸aise, et Aix-en Provence.
Né en 1889, Jean Cocteau était un artiste protéiforme et prolifique: graphiste, dessinateur, dramaturge, cinéaste et écrivain, proche de créateurs européens majeurs ? de Picasso à Coco Chanel en passant par Marcel Proust ?, il compte parmi les personnages qui ont influencé son époque. Mort en 1963, il est l?auteur, chez Stock, de La voix humaine, Orphée, Opium, Le grand écart, Le Potomak et Le coq et l?arlequin.
Longtemps, je ne sus quasiment rien de Paol hormis ces quelques bribes arrachées.« Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi. Début septembre 1943, Paol, un ex-officier colonial, est arrêté par la Gestapo dans un village du Finistère. Motif : "inconnu". Il sera conduit à la prison de Brest, incarcéré avec les "terroristes", interrogé. Puis ce sera l?engrenage des camps nazis, en France et en Allemagne. Rien ne pourra l?en faire revenir. Un silence pèsera longtemps sur la famille. Dans ce pays de vents et de landes, on ne parle pas du malheur. Des années après, j?irai, moi, à la recherche de cet homme qui fut mon grand-père. Comme à sa rencontre. Et ce que je ne trouverai pas, de la bouche des derniers témoins ou dans les registres des archives, je l?inventerai. Pour qu?il revive. » J.-L.C.Le grand livre que Jean-Luc Coatalem portait en lui.Notes Biographiques : Jean-Luc Coatalem, écrivain et rédacteur en chef adjoint à Géo, a publié notamment Je suis dans les mers du Sud (Grasset, 2001, prix des Deux-Magots), Le Gouverneur d?Antipodia (Le Dilettante, 2012, prix Nimier), Nouilles froides à Pyongyang (Grasset, 2013), et, chez Stock, Fortune de mer (2015) et Mes pas vont ailleurs (2017, prix Femina Essai).
Résumé : C'est à un mystère que s'attelle ici François Heisbourg, relatant le parcours de l'étrange baron Franz von Hoiningen. Cet officier allemand qui traverse deux guerres mondiales, s'engage spontanément dans le parti nazi, puis sauve des centaines de Juifs et de résistants ? dont le père de l'auteur?, qui s'évade d'Allemagne avec la Gestapo aux trousses après avoir été "mouillé" dans le complot contre Hitler, finit son odyssée dans les bras de sa femme au Luxembourg et disparaît de tous les écrans radar. Au point que ce récit aurait pu s'appeler "L'homme sans visage", tant il a été difficile de trouver une trace photographique de lui. Qui était-il ? Comment passe-t-on à un moment donné du mal au bien ? Quelle est l'alchimie de cette "banalité du bien" ?
Résumé : Du temps de ses exploits sportifs, la presse comparait Thierry Rey à un chat. Et ce chat a bel et bien eu sept vies. Minimum. L'une de celles-ci, épisode traumatique, l'a décidé à raconter les autres, pour rassembler les pièces de son puzzle. Du judo - il fut champion d'Europe, champion du monde et champion olympique - aux plateaux de cinéma. Des grandes années Canal+ au Lagardère Paris Racing. Sa vie sentimentale l'entraînera, sous le septennat de Jacques Chirac, jusqu'aux portes de l'Elysée. Qu'il franchira plus tard en devenant conseiller sport du président Hollande. Après avoir fait campagne pour la candidature victorieuse de Paris aux JO de 2024, il a intégré son comité d'organisation. Des sphères qu'il réexplore sans nostalgie, mais non sans humour. Sept vies, mais portées par une détermination unique.
Résumé : Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d'assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimé devenir photographe. Faute d'avoir percé, elle occupe désormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l'avenir. C'est sans compter qu'en 2010, la crise dont les médias s'inquiètent depuis deux ans rattrape brutalement l'entreprise. Quand les couloirs se mettent à bruire des mots de restructuration et d'optimisation, tout pour elle commence à se détraquer, dans son travail comme dans le couple qu'elle forme avec Pierre. Prise dans la pénombre du métro, pressant le pas dans les gares, dérivant avec les nuages qui filent devant les fenêtres de son bureau à La Défense, Cora se demande quel répit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rêves. A travers le portrait d'une femme prête à multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les métamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour à tour réaliste et poétique, qui affirme aussi toute la force de notre désir de liberté.
Résumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.
Résumé : Et vous, quel geste vous trahit ? Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations : le selfie, geste roi de nos vies modernes ; le " vapotage ", qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; un verre qu'on tient à la main sans le boire...