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Identités, conflits et interventions sociolinguistiques
Alén Garabato Carmen ; Boyer Henri ; Djordjevic Lé
LAMBERT-LUCAS
39,00 €
Épuisé
EAN :9782359352504
Le IIIe Congrès du Réseau Francophone de Sociolinguistique, organisé à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3 du 14 au 16 juin 2017 par le Laboratoire Dipralang (EA 739) a choisi d'explorer, à propos des communautés nationales aussi bien que des groupes (de jeunes, de femmes, de citadins...), l'articulation entre identités, conflits et interventions d'ordre sociolinguistique. Ces trois objets sont d'actualité en France mais aussi en francophonie et un peu partout dans le monde au travers des combats pour la défense des c petites c ou même des "grandes" langues et des débats et propositions autour des politiques linguistiques de maintien et de promotion du plurilinguisme. Ces objets concernent des terrains divers et contrastés et se trouvent au Omar du travail des sociolinguistes depuis l'observation jusqu'à la production de réponses glottopolitiques et/ou didactologiques aux questions que suscite la situation des langues et parfums en présence sur ces terrains. Les travaux ici réunis sont issus de quarante universités et instituts de recherche de onze pays ; ils représentent la diversité de la recherche sociolinguistique de la francophonie — et au-delà.
Il n'existait aucun ouvrage scientifique de référence dans la littérature sociolinguistique francophone à propos de la notion d'auto-odi [haine de soi], notion pourtant essentielle dans la compréhension des processus de substitution et d'abandon individuel et/ou collectif d'une langue en situation de domination, de minoration et d'idéologisation diglossique. Ce livre tente de combler cette lacune. L'auto-odi conduit donc le locuteur d'une manière souvent radicale et définitive à l'abandon de sa langue et à sa non-transmission, mais également à un combat parfois véhément à l'égard de ses origines, singulièrement linguistiques. La violence, pour certains excessive, portée par ce mot, a provoqué de nombreuses réactions dans la communauté de chercheurs. Mais ceci n'a pas été un obstacle pour que la notion soit largement utilisée en sociolinguistique, à tel point que, citée en catalan, elle n'est parfois même pas signalée par des italiques ou des guillemets et Rafael Li Ninyoles, l'auteur qui est à l'origine de son utilisation en sociolinguistique, n'est souvent même plus mentionné en référence. Près de 50 ans après l'apparition de ce terme, nous souhaitons revenir sur ce concept clé en menant d'une part une réflexion épistémologique autour de cette notion, d'autre part en évaluant son actualité et sa pertinence dans des contextes sociolinguistiques divers, et en envisageant enfin une possible intervention glottopolitique pour une sortie de l'auto-odi.
On savait que la littérature intéressait Benveniste, qu'il avait été lié au mouvement surréaliste (dont il signe le manifeste La Révolution d'abord et toujours ! en août 1925) ; on savait depuis Henri Meschonnic que par sa pensée de la "subjectivité dans le langage" et du "sémantique sans sémiotique", il rendait possible une poétique. Aussi est-ce sans étonnement qu'on a retrouvé dans ses archives 370 feuillets manuscrits classés dans un dossier sobrement intitulé "Baudelaire", datant pour l'essentiel de 1967.
Dans une région montagneuse et tourmentée de l'Afrique Occidentale, où le problème de la subsistance se pose de façon aiguë, une population a frappé depuis longtemps les observateurs par la hardiesse de son architecture, la qualité de son artisanat, la vitalité de ses rites et la beauté de ses manifestations culturelles. Depuis les travaux classiques de Marcel Griaule, les Dogon sont un des hauts lieux de la littérature ethnographique. Geneviève Calame-Griaule, sa fille, en renouvelle l'étude. Civilisation du verbe : le mythe même de la création y atteste le rôle primordial de la parole. Les ancêtres des hommes, êtres proches du poisson, descendus sur la terre avec "l'Arche du monde", reçoivent le miracle de la parole de Nommo, leur compagnon, lui-même fils de l'oeuf fécondé par la "parole" d'Amma. Dans ce monde créé, tout "parle". L'homme cherche son reflet dans tous les miroirs d'un univers à son image, dont chaque brin d'herbe, chaque moucheron, est porteur d'une "parole", d'un symbole. Si la réalité est ainsi comme un livre dont il faut, pour un esprit dogon, interpréter les signes et décoder le message, il est clair que ces "archives de la parole du monde" se sont constituées, au cours des siècles, selon des habitudes et des lois qui dominent la mentalité dogon. D'où une théorie et une mythologie de la parole ; d'où l'inventaire de ses rôles dans la vie amoureuse et religieuse comme dans la solution des conflits sociaux ; d'où sa place enfin parmi les autres moyens d'expression que sont la plastique et la musique. C'est toute la conscience qu'une collectivité a d'elle-même et du monde qui nous est ainsi restituée. Vaste inventaire. Patient déchiffrement. Mais cette analyse exemplaire que fait Geneviève Calame-Griaule des rapports entre le langage et une société particulière revêt alors un sens universel." (Présentation de la première édition, Paris, Gallimard, 1965) Geneviève Calame-Griaule.