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Auto-odi. La "haine de soi" en sociolinguistique
Alén Garabato Carmen ; Colonna Romain
L'HARMATTAN
25,50 €
Épuisé
EAN :9782343105604
Il n'existait aucun ouvrage scientifique de référence dans la littérature sociolinguistique francophone à propos de la notion d'auto-odi [haine de soi], notion pourtant essentielle dans la compréhension des processus de substitution et d'abandon individuel et/ou collectif d'une langue en situation de domination, de minoration et d'idéologisation diglossique. Ce livre tente de combler cette lacune. L'auto-odi conduit donc le locuteur d'une manière souvent radicale et définitive à l'abandon de sa langue et à sa non-transmission, mais également à un combat parfois véhément à l'égard de ses origines, singulièrement linguistiques. La violence, pour certains excessive, portée par ce mot, a provoqué de nombreuses réactions dans la communauté de chercheurs. Mais ceci n'a pas été un obstacle pour que la notion soit largement utilisée en sociolinguistique, à tel point que, citée en catalan, elle n'est parfois même pas signalée par des italiques ou des guillemets et Rafael Li Ninyoles, l'auteur qui est à l'origine de son utilisation en sociolinguistique, n'est souvent même plus mentionné en référence. Près de 50 ans après l'apparition de ce terme, nous souhaitons revenir sur ce concept clé en menant d'une part une réflexion épistémologique autour de cette notion, d'autre part en évaluant son actualité et sa pertinence dans des contextes sociolinguistiques divers, et en envisageant enfin une possible intervention glottopolitique pour une sortie de l'auto-odi.
Les deux dynamiques sociolinguistiques analysées dans cet ouvrage concernent deux langues dominantes officielles, prestigieuses et de portée internationale (le français et l'espagnol) et deux langues dominées à portée communicative limitée à un territoire qui correspond (plus ou moins) à une ou plusieurs régions à l'intérieur d'un Etat : la galicien en Espagne et l'occitan en France. L'analyse en regard de ces deux cas de contact linguistique s'avère éclairante pour mieux comprendre les différentes étapes et les différentes formes d'un conflit diglossique.
Depuis deux décennies. dans les régions du sud de la France. l'émergence de nouveaux usages de l'occitan dans les raisons sociales d'entreprises et les noms de produits et services commerciaux constitue un paradoxe : cette langue dominée, dont les usagers natifs sont en voie d'extinction, est mise en scène sous forme de lexies et dénoncés dont la visibilité est inversement proportionnelle à la normalité, témoignant souvent d'une grande créativité. Nommer une cave " Opi d'aquí " [Opium d'ici], une bière " Trobairitz " [Femme troubadour], un vin rosé " Lo camin del còr " [Le chemin du coeur] ou des pâtes alimentaires " Camba de blat " [Jambe de blé] n'est pas anodin. Il s'agit de microactes glottopolitiques qui entrent en dissonance avec la substitution de l'occitan par le français. Ce phénomène n'est pas sans lien avec une évolution positive de la perception de l'occitan par la société : la multiplication de ces pratiques — concernant une langue en voie de disparition — est digne de mobiliser l'attention des sociolinguistes.
L'ensemble des langues de France autres que le français, dont le nombre a été officiellement arrêté à 75, qu'elles soient territorialisées comme les langues régionales de la métropole ou comme celles des DOM-TOM, ou non-territorialisées comme celles issues d'une immigration plus ou moins ancienne, font désormais l'objet d'une vaste recherche collective de longue haleine en vue de la publication d'une Histoire sociale des langues de France. Cette recherche vise à donner de ces langues une présentation rigoureuse et d'établir des transversalités. Une première rencontre du Collectif HSLF s'est tenue à l'Université Paul-Valéry de Montpellier les 8 et 9 décembre 2006. Elle s'est intéressée à des expressions culturelles de divers types : chanson, théâtre, manifestations festives, bandes dessinées, discours médiatiques... qui utilisent une langue minoritaire de France, évidemment en situation de contact, d'abord avec le français mais éventuellement avec d'autres langues et / ou dialectes, selon des modalités variables (alternance, mélange, etc.) et des proportions tout aussi variables. C'est du Colloque de Montpellier qu'est issu l'ouvrage Les langues de France au XXIe siècle : vitalité sociolinguistique et dynamiques culturelles. . . Membres du Collectif Histoire Sociale des Langues de France, Carmen Alén Garahato et Henri Bayer enseignent les sciences du langage à l'Université Paul-Valéry de Montpellier et conduisent leurs recherches en sociolinguistique dans le cadre du Laboratoire DIPRALANG / ARSER (EA 739). Ils sont auteurs de diverses publications concernant les contacts / conflits de langues (en particulier en Espagne et en France) et les politiques linguistiques.
L'avenir de l'enseignement de ta Linguistique Romane est aujourd'hui en jeu et dépendra de la capacité de la discipline à se réorienter et à montrer qu'elle a encore beaucoup à apporter à la Science et à ta Société en général. Par ailleurs, loin de s'éteindre, la recherche en Linguistique Romane vit aujourd'hui des moments importants avec le cumul des savoirs hérités de plus de deux siècles d'études, des bases méthodologiques de plus en plus solides et le soutien des nouvelles technologies qui permettent de traiter toutes les informations de façon optimale. Les travaux qui composent ce livre contribuent non seulement à alimenter une réflexion sur l'avenir de ta discipline, déjà initiée depuis des années dans la communauté des Romanistes, mais également à mettre en évidence la fécondité de cette spécialité et l'intérêt indéniable qu'elle présente.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.