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Oldies
Alechine Ivan
GALILEE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782718608662
« Mes écrits tiennent du journal de bord, du carnet de voyage ; tantôt très ancrés dans le vif, à la manière d?un reportage, tantôt au contraire ils se détachent du monde des causalités et forment des sortes de reay-made poétiques. Dans ma poche de jeune poète, de retour d?Afrique, cette lettre de Christian Dotremont : « Je pense que la poésie doit être ainsi : un débat extrêmement multiple entre soi et soi, entre soi et les autres, entre soi et les réalités si diverses, nouvelles, à voir, à saisir, ou déjà anciennes relativement, dont il faut s?en aller pour les voir mieux, les saisir davantage ou les intégrer à soi une fois pour toutes. » Plus loin, il poursuit : « Je crois précisément que dans le multiple débat de la poésie est nécessaire une ?terre inconnue?, à la fois ?continent perdu? et ?île au trésor?, un espace ?hostile? et ?enchanteur? à aimer, à haïr ? ». Vingt ans après mes vingt ans, le Mexique m?a révélé qu?il n?y a pas de prodige sans quotidien ; c?est par la porte de « ce qui est » qu?on atteint « ce qui n?est pas ». Je me méfie du complexe de « l?albatros » (désigné par Charles Baudelaire) et du génie virtuel j?espère que ses visions (celles que nous envoie le télescope Hubble, par exemple) soient placardées sur tous nos murs ; en attendant, je m?enferme dans les rues avec mes semelles de pneu, je troue les murs avec l?encre noire.Office : le 15 mai 2012Coll. Lignes fictives13,5 x 19,5, +/- 160 p., +/- 25 ISBN 978-2-7186-0866-2Code Sodis : 750 652 5
Artiste, photographe... Sous le nom Suzy Embo (BE 1936) se cache un témoin privilégié de la scène artistique avant-gardiste de l'après-guerre. "Artiste photographe " et " photographe d'artistes ", Embo vit dans l'amitié de Pierre Alechinsky et l'intimité de Reinhoud d'Haese. Outre son travail personnel, qui l'associe à la Subjektive Fotogra fie, elle réalisera des portraits informels d'artistes de la scène internationale, pris sur le vif ou saisis au coeur de leur processus créatif : Karel Appel, Brassaï, André Breton, Pol Bury, Christian Dotremont, Corneille Hannoset et tant d'autres. Suzy Embo. Foto's / Photos 1953-1980 révèle son oeuvre, tout en nous livrant un témoignage unique sur la période " post-Cobra ".
Nous y sommes, elle craque, cette vieille peau du monde. Elle se dessèche, se desquame. On ne peut plus la toucher. Nous ne pouvons plus nous toucher. Les croûtes et les escarres de la lèpre... Non, Maldoror, tu ne savais pas à quel point serait vérifié ce que tu annonçais. Nous y sommes, nos cancers nous bouffent, nous bouffons des particules, partout on crève de faim et de peur, notre technologie vacille sous ses grands airs transhumains. Nous y sommes sans que personne sache où nous sommes. Nous nous touchons cependant tout en touchant à nos limites. Qu'est-ce que traverser un temps qui n'avance plus ? Quel est ce présent qui nous est fait, privé d'avenir comme de passé ? Il n'y a rien de catastrophiste ni d'apocalyptique à penser que l'existence comme telle peut se trouver exposée, violemment, à sa propre fugacité et finitude ? et même que ce soit là qu'elle prend sa valeur infinie, unique et insubstituable. L'homme passe infiniment l'homme : on peut dire que cette phrase de Pascal a ouvert la saison qui nous vient.
Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose à Derrida. Pas non plus de suppléer à des manques chez lui. Rien du double sens de ce mot — supplément — dont il a fait une de ses signatures conceptuelles. De manière générale, on ne complète ni on ne remplace jamais rien dans l'oeuvre d'un auteur : elle vaut telle qu'elle existe. Je pense plutôt à un troisième sens du mot, à ce sens littéraire ou journalistique selon lequel on joint une publication à une autre pour offrir un autre registre ou un autre aspect (un supplément illustré, sonore, ou bien encore le Supplément au voyage de Bougainville...). Ces textes écrits au gré des circonstances — colloques, ouvrages collectifs — et au fil de vingt-cinq années ne sont ni des études, ni des commentaires, ni des interprétations de la pensée de Derrida. Ce sont, pour le dire ainsi, des réponses à sa présence — telle qu'elle est venue et qu'à nouveau elle nous vient, supplément d'elle-même.
L'étrange parfum des fleurs exotiques, la couleur des balisiers, la poétique de la toponymie, les formes tropicales transformées en forces, le cimetière qui est une plage, la trace sur le sable d'un enfant à venir, le pays natal où l'on n'est pas né, la vie sous l'eau, le regard d'un serpent, l'oeil d'un poisson flûte, la lenteur des animaux marins, les séquences d'une pêche miraculeuse, les lumières de la nuit dans un mouillage, l'ombre de Gauguin, la géométrie cosmique d'un squelette d'oursin, le surgissement d'un cercueil, la secousse d'un tremblement de terre, les temps de l'holothurie ou du colibri, le langage des bateaux, la déesse rousse du volcan, les lumières d'un vaisseau fantôme, la naissance de la nuit, la cérémonie d'une noce païenne, l'énergie du rayon vert, le partage des eaux avec une tortue, la furie d'un combat de coqs, la mélancolie du carnaval : la poésie est toujours autobiographique. Voici l'un de mes journaux.