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Sedrata. Histoire et archéologie d'un carrefour du Sahara médiéval à la lumière des archives inédite
Aillet Cyrille ; Cressier Patrice ; Gilotte Sophie
CASA DE VELAZQU
49,00 €
Épuisé
EAN :9788490960790
Les vestiges archéologiques exceptionnels de Sedrata sont ceux d'une ville médiévale enfouie sous les sables du Sahara algérien, près de Ouargla. Ce carrefour du commerce transsaharien alimentait la Méditerranée en or et en esclaves. Ce fut aussi un centre pour les ibadites, une minorité musulmane dont les héritiers visitent tous les ans les ruines de leur passé. Son destin fut lié à cette communauté, mais aussi à l'épuisement des ressources hydriques. L'enquête entrelace les disciplines et les temporalités pour offrir au lecteur la première image complète de cette cité, au coeur de l'histoire africaine. Cette redécouverte s'appuie sur les sources ibadites et sur les archives de fouilles inédites de Marguerite van Berchem (1950-1955). Le manuscrit inachevé, la riche collection de photographies, de dessins et de plans légués par son projet novateur nourrissent une étude historique et archéologique de l'établissement, dont les célèbres programmes décoratifs sont de nouveau interprétés et datés.
Parmi les courants qui composent l'islam, l'ibâdisme est l'un des plus méconnus. Aujourd'hui réduit à une minorité infime - sans doute pas plus de trois millions de personnes -, il n'a survécu qu'à Oman, le seul pays où il est dominant, sur la côte orientale de l'Afrique (principalement Zanzibar) et au Maghreb. En Libye, les Ibâdites sont implantés dans le Djebel Nafûsa, en Tunisie sur l'île de Djerba, et en Algérie à Ouargla et dans le Mzâb, leur principal bastion. Des flux migratoires parfois anciens ont rajouté des points d'ancrage à cet archipel dynamique, à la fois sincèrement attaché à ses îlots de culture traditionnelle et profondément soucieux de développer son insertion dans des réseaux internationaux. Bien qu'ils récusent cette parenté, les Ibâdites sont les derniers descendants de la troisième branche de l'islam, le khârijisme, naguère singularisée par sa contestation d'un califat héréditaire et absolutiste réservé aux seuls Quraysh. L'apparition de l'ibâdisme à Basra, vers la fin du VIIe siècle, est indissociable de la recherche d'une solution de compromis et de coexistence avec les autres courants de l'islam. Ses pères fondateurs - parmi lesquels figurait peut-être le mystérieux Ibn Ibâd - récusaient en effet l'intransigeance des Azraqites, dont la politique de terreur et l'activisme militaire sont à l'origine de la légende noire qui entoure le khârijisme. L'ibâdisme n'en a pas moins hérité du khârijisme une vision élective et collégiale du pouvoir qui met en avant le choix de la communauté et l'exemplarité religieuse du gouvernant, dont la destitution est jugée légitime en cas de rupture du pacte initial. Dans le contexte actuel des révolutions arabes, les Ibâdites aiment d'ailleurs à se définir comme des "démocrates de l'Islam". Au Maghreb, l'historiographie communautaire rappelle volontiers la participation du mouvement aux révoltes qui secouèrent l'empire omeyyade finissant, son rôle actif dans la propagation de l'islam en milieu berbère et en Afrique noire, l'engagement de ses intellectuels dans la Nanda et la contestation anticoloniale dès la fin du XIXe siècle, ainsi que la lutte contre le "tyran" Kadhafi. Du côté d'Oman, pays devenu la vitrine mondiale de l'ibâdisme, l'historiographie officielle vante la "renaissance" impulsée, grâce aux ressources de l'or noir, par le sultan Qâbûs, mais aussi l'esprit de "tolérance" qui caractériserait la société locale. Ce volume tisse une réflexion sur la façon dont cette minorité s'est façonnée au coeur de l'Islam et met l'accent sur ses modèles fondateurs, des origines à l'époque contemporaine, et sur ses lieux et enjeux de mémoire.
Un ouvrage super complet qui vous propose une préparation à l'exposé et à la discussion en 3 temps : faites le point sur vos connaissances à l'aide de 150 QCM corrigés ; retenez l'essentiel grâce aux 22 fiches de méthode et aux 30 thèmes d'actualité ; entraînez-vous avec 140 exercices et 13 sujets, tous accompagnés de corrigés détaillés.
Cette enquête inédite revisite l'évolution du Maghreb médiéval à partir de ses marges. Elle dévoile l'histoire de l'ibadisme, une minorité aujourd'hui invisible dans l'océan du sunnisme, mais qui a puissamment façonné le Maghreb. Héritiers des dissidents kharijites soulevés contre le califat, les Ibadites animent les révoltes qui détachent la région de l'Empire. Ils jouent un rôle crucial dans l'émergence d'un discours en faveur des Berbères, chez qui ils recrutent en masse. Ces contestataires développent une doctrine politique singulière, hostile à la tyrannie et favorable à une souveraineté fondée sur l'élection, la consultation et la collégialité. Pour les Ibadites, cet idéal s'incarne dans l'Etat qu'ils fondent vers 761 près de Tiaret, dans l'Algérie actuelle. Dirigé par une dynastie d'imams persans, il symbolise pour eux un véritable âge d'or. Sa disparition brutale sous les coups des Fatimides en 909 constitue un traumatisme collectif. Elle oblige les fidèles à se redéployer sous la forme d'un archipel de communautés autonomes, dispersées entre la Méditerranée et le nord du Sahara. Après l'échec des derniers soulèvements berbères face à l'Empire, la nécessité de coexister avec les pouvoirs dominants s'impose. L'autorité des notables et des oulémas se substitue localement à l'Etat pour assurer la cohésion collective. Le commerce transsaharien tisse des relations entre ces communautés et assure la fortune des marchands-lettrés qui traversent le désert jusqu'à Ghana, Gao ou au lac Tchad. Ils en rapportent de l'or et des convois d'esclaves, revendus dans les oasis et les cités de Méditerranée. La poussée des intérêts rivaux et l'expansion religieuse du malikisme et du soufisme achèvent toutefois d'éroder, puis de désarticuler, l'archipel ibadite. A la fin du Moyen Age, il n'en subsiste que les bastions actuels du Mzab, de Tripolitaine et de Djerba. La mémoire de cette communauté oubliée nous plonge au coeur même de la genèse de l'Islam et du Maghreb.
Le Sahara précolonial est longtemps resté impensé car il n'était perçu que comme une frontière entre l'Afrique du Nord et l'Afrique Equatoriale. Ce numéro de la REMMM montre que les historiens envisagent désormais ce désert comme une aire culturelle autonome et cohérente, en questionnant notamment le modèle de l'archipel, concept tiré de la géographie maritime, pour éclairer la spécificité de cette région et notamment les tensions qui existent au Sahara entre peuplements insulaires et sociétés cosmopolites, entre discontinuité géographique et cohésion socio-culturelle et entre pratiques vernaculaires et économies de l'échange.