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Enfance et histoire. Destruction de l'expérience et origine de l'histoire
Agamben Giorgio
PAYOT
8,54 €
Épuisé
EAN :9782228893435
Sommes-nous encore capables d'éprouver et de transmettre des expériences ? En 1933, Walter Benjamin notait la " pauvreté en expérience " de l'époque moderne ; selon Giorgio Agamben, l'homme d'aujourd'hui ne peut plus traduire en expérience aucun événement de sa vie. Partant de ce constat, il propose de chercher un nouveau lieu d'expérience, et c'est dans ce qu'il appelle " enfance " qu'il le trouve, c'est-à-dire dans l'écart qui sépare l'humain et le langage, le fait que l'homme n'est pas d'emblée un sujet parlant, qu'il doit entrer dans le langage à un certain moment. Mesurer toutes les conséquences de cette situation, concevoir l'" enfance " comme origine et patrie de l'histoire, tel est le but de ce livre qui conduit à poser autrement certains problèmes majeurs de l'anthropologie contemporaine (les rapports entre nature et culture, langue et parole, temps et histoire, mythe et jeu) et à repenser l'idée de communauté.
Depuis qu'Aristote a défini l'homme comme "animal politique", la pensée occidentale n'a cessé, tant du côté de la métaphysique que de la science, de se heurter aux apories nées de la frontière à tracer entre animalité et humanité. Après avoir passé en revue toutes les interrogations en en dégageant la signification anthropologique, Giorgio Agamben met en discussion le cours donné par Heidegger rn 1929-1930 intitulé "Les Concepts fondamentaux de la métaphysique".
Résumé : Dans le droit romain archaïque, homo sacer est un homme qu'on peut tuer sans commettre d'homicide, mais qu'on ne peut pas mettre à mort dans les formes rituelles. C'est cette vie insacrifiable et pourtant absolument exposée à la mort qui donne la clef d'une relecture de notre tradition politique. En suivant la trace du rapport constitutif entre la vie nue et le pouvoir souverain, d'Aristote à Auschwitz, de l'Habeas corpus aux Déclarations des droits, ce livre cherche à déchiffrer les énigmes - le nazisme et le fascisme en premier lieu - que notre siècle a posées à la raison historique. Lorsque la vie en tant que telle devient l'enjeu de la politique et que celle-ci se transforme en biopolitique, toutes les catégories fondamentales de notre philosophie, des Droits de l'homme à la démocratie, de la citoyenneté à la souveraineté populaire, entrent dans un procès d'évidement et de dislocation, dont le résultat est maintenant sous nos yeux.
Chacun de ces essais tente de définir un problème général de poétique en le resserrant dans un cas exemplaire. L'enquête sur les motifs du titre de la Comédie dantesque permet d'éclairer l'opposition tragédie/comédie au moment inaugural de la poésie romane, une lecture de l'Hypnerotomachia Poliphili et de Pascoli pose en réalité le problème de la relation entre langue vivante et langue morte comme tension interne inaliénable de la poétique de la modernité ; l'introduction à la mince ?uvre poétique d'un grand narrateur italien contemporain, Antonio Delfini, offre l'occasion de reformuler le vieux problème du rapport entre vie et ?uvre, et de définir le canon de la narration dans l'aire romane comme invention du vécu à partir du poétisé ; enfin, une analyse de la poésie de l'un des plus grands poètes du XXe siècle, Giorgio Caproni, définit style et manière comme les deux pôles dans la tension dialectique desquels s'effectue le geste de l'écriture. Dans les deux essais qui ferment chronologiquement le recueil (" Corn " et " La fin du poème "), le problème devient celui de la structure spécifique de la poésie. Ils sont donc à entendre comme une première contribution à une philosophie - ou une critique - de la métrique, qui n'existent pas encore. Le premier développe sous forme de chiasme, à travers la lecture du sirventes obscène d'Arnaut Daniel, le problème jakobsien du rapport entre son et sens dans la poésie ; le second, qui donne son titre à l'ouvrage, étudie la fin du poème à la fois comme point de crise et comme structure fondamentale, dans tous les sens du terme, de la poésie. "
Résumé : Les hommes sont, plus souvent qu'on ne le reconnaît, hystériques. Ceux-là affectent d'être pervers ou prétendent que le sexe ne les intéressent pas, souffrent d'impuissance, de frigidité du sentiment ou d'éjaculation précoce. Mais que craignent-ils donc de rencontrer chez la femme ? A travers les grands textes fondateurs de notre imaginaire (la Bible, Shakespeare, Cervantès, mais aussi Alfred Jarry ou Albert Cohen), à travers surtout Don Juan, et en s'appuyant sur les analyses de Spinoza, Charcot, Freud et Lacan, le psychanalyste Jean-Pierre Winter dessine les contours d'un homme perpétuellement instable, décevant, toujours ailleurs et toujours dans l'attente.
Il y a des circonstances qui font que l'on se tait. La parole est alors empêchée: par la prudence, les usages, par la maladie ou la mort& Mais il arrive aussi que les mots se tarissent d'eux-mêmes, se cherchent sans se trouver ou qu'un événement nous laisse sans voix. Le silence qui passe ou qui s'installe alors n'est pas un simple défaut de parole. C'est un blanc qui pèse, qui effraie, contre lequel on peut se défendre en bavardant. Mais parler, ce n'est pas remplir le vide de ses silences. C'est au contraire nouer le fil de ses paroles à une nécessité intérieure qui ne se révèle qu'entre les mots. Les pauses silencieuses de notre vie intérieure nous confrontent à nous-mêmes, et préparent une parole à venir. "La vérité, que seul le silence ne trahit pas", écrivait Bataille. C'est à cette éloquence silencieuse que reconduit le travail de la cure analytique. L'écoute du psychanalyste, faite de son propre silence, donne corps aux moments de vérité où le discours du patient s'évanouit devant l'excès de sens qu'il vient d'énoncer. Pourtant (mais est-ce un paradoxe?), les textes sur la question du silence sont relativement rares dans la littérature analytique. Les principaux sont rassemblés ici, sous la direction de J.-D. Nasio, à côté de contributions cliniques et théoriques de psychanalystes contemporains. Des éléments de réflexion précieux sur cette question essentielle du Silence en psychanalyse. -Emilio Balturi
Avec un humour ravageur et tout britannique, l'anthropologue Nigel Barley s'enfonce dans l'île indonésienne de Sulawesi (Célèbes) à la recherche de ce qui reste de la culture toraja. Au terme d'un parcours semé d'embûches (administrations capricieuses, pluies tropicales, sangsues voraces, transports aléatoires), il découvre un peuple chaleureux et accueillant, niché dans des montagnes à la beauté sauvage. D'un optimisme sans faille, l'auteur parviendra à faire venir à Londres les meilleurs artisans torajas. Ce sera alors son tour de devoir répondre à leurs questions, dans une version exotique de l'arroseur arrosé. Nigel Barley, qui s'était signalé par ses expéditions rocambolesques en Afrique de l'Ouest (Un anthropologue en déroute et Le Retour de l'anthropologue), nous offre ici un récit savoureux et montre, s'il en était besoin, que le respect et l'amitié se jouent des différences culturelles. --Guillaume Segerer
Au moment où l'on s'inquiète sérieusement des effets à long terme de la destruction des forêts dans le monde, ce livre nous rappelle le rôle qu'autrefois jouèrent dans la vie des hommes les arbres protecteurs qui, pourvoyant à presque tous leurs besoins, étaient considérés comme les manifestations par excellence de la présence des dieux sur terre. A chacun était attribuée une essence particulière, de telle sorte que le monde, où nature et divin se compénétraient et s'expliquaient l'un par l'autre, montrait de façon tangible sa multiplicité et son unité à travers les différentes espèces d'arbres. En ce livre foisonnant, plein de belles histoires oubliées, se rassemblent et se conjuguent les croyances, mais aussi les connaissances traditionnelles des civilisations dont nous sommes issus, qu'elles soient égyptienne, sémite, crétoise, grecque, latine, germanique ou celte. Du même coup nous sont restituées les clés d'une compréhension profonde, d'une mise en ordre de l'univers qui, faisant s'accorder l'homme à la nature, le profane au sacré, le quotidien au divin, pourraient encore nous servir d'exemple.