Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La fin du poème
Agamben Giorgio
CIRCE
21,50 €
Épuisé
EAN :9782842420857
Chacun de ces essais tente de définir un problème général de poétique en le resserrant dans un cas exemplaire. L'enquête sur les motifs du titre de la Comédie dantesque permet d'éclairer l'opposition tragédie/comédie au moment inaugural de la poésie romane, une lecture de l'Hypnerotomachia Poliphili et de Pascoli pose en réalité le problème de la relation entre langue vivante et langue morte comme tension interne inaliénable de la poétique de la modernité ; l'introduction à la mince ?uvre poétique d'un grand narrateur italien contemporain, Antonio Delfini, offre l'occasion de reformuler le vieux problème du rapport entre vie et ?uvre, et de définir le canon de la narration dans l'aire romane comme invention du vécu à partir du poétisé ; enfin, une analyse de la poésie de l'un des plus grands poètes du XXe siècle, Giorgio Caproni, définit style et manière comme les deux pôles dans la tension dialectique desquels s'effectue le geste de l'écriture. Dans les deux essais qui ferment chronologiquement le recueil (" Corn " et " La fin du poème "), le problème devient celui de la structure spécifique de la poésie. Ils sont donc à entendre comme une première contribution à une philosophie - ou une critique - de la métrique, qui n'existent pas encore. Le premier développe sous forme de chiasme, à travers la lecture du sirventes obscène d'Arnaut Daniel, le problème jakobsien du rapport entre son et sens dans la poésie ; le second, qui donne son titre à l'ouvrage, étudie la fin du poème à la fois comme point de crise et comme structure fondamentale, dans tous les sens du terme, de la poésie. "
Pour Walter Benjamin, c'est à partir de la guerre de 1914-1918 que "la cote de l'expérience a sérieusement baissé". Partant de ce constat et d'un parallèle avec l'enfance, Giorgio Agamben se demandes si l'homme moderne est encore capable d'expérience, ou si la destruction de celle-ci est un fait accompli. De là, il élabore une théorie de l'enfance (conçue comme l'expérience de la faculté même de parler, ou de la puissance de la parole elle-même) qui jette une lumière nouvelle sur certains thèmes majeurs de la pensées contemporaine: l'opposition anthropologique entre nature et culture, l'opposition linguistique entre langue et parole, la naissance d'un sujet et l'apparition de l'inconscient
Résumé : Dans ce livre, la pensée qui cherche une forme neuve, une nouvelle "prose", fait appel aux ressources de l'apologue, de l'aphorisme, du récit bref, de la fable, de la devinette et de toutes ces "formes simples", aujourd'hui désuètes, dont la tâche a toujours été, plutôt que d'exposer des théories plus ou moins convaincantes, de faire vivre une expérience, de dissiper le leurre, de réveiller. Dans ce sens, et seulement dans ce sens, le problème de la pensée est ici un problème poétique. Ainsi, les trente-trois petits traités de philosophie qui composent le livre constituent autant d'idylles (dans le sens étymologique de "petite forme, ou idée") qui cernent dans leur raccourci ce qui ne peut en aucun cas être oublié, puisque cela consiste précisément dans la "mesure la plus brève", selon l'avertissement platonicien.
Résumé : " Aimer quelqu'un ou quelque chose signifie ou consiste dans le fait, entre autres choses, de prendre ses intérêts comme des raisons d'agir pour servir ces intérêts. L'amour est lui-même, pour celui qui aime, une source de raisons. Il crée les raisons par lesquelles ses actes d'intérêt et d'attachement amoureux sont inspirés... "
Anna Akhmatova (1889-1966) eut très tôt conscience d'avoir donné la voix aux femmes dans la poésie russe en leur " apprenant à parler de l'amour ". Dès ses deux premiers recueils Le Soir et Le Rosaire, parus en 1912 et 1914, elle devient une star avant la lettre, étant imitée par les jeunes femmes dans sa façon de s'habiller et de se coiffer, suscitant surtout une multitude de vocations poétiques et d'épigones durant des décennies, en dépit même de l'ostracisme officiel, de l'interdiction de publier qui la frappera en 1926-1939, puis de 1946 à 1958. Aujourd'hui encore, les jeunes mariées se voient offrir un livre de celle qui pour les russophones restera à jamais le chant même de l'amour. La nouveauté radicale d'Akhmatova, qui représentait aux côtés de Goumiliov et Mandelstam le mouvement acméiste appelé à rompre avec le flou métaphysique et formel du symbolisme, résidait moins dans la " déferlante amoureuse " de sa poésie que dans une poétique inédite. Ayant " puisé dans la prose russe du dix-neuvième siècle sa sensibilité morale, la vérité des motivations psychologiques ", elle fait de chaque poème un fragment de nouvelle ou de roman, une page arrachée à un journal intime, retraçant toutes les phases et situations de l'aventure amoureuse. " L'héroine lyrique, comme le notait dès 1923 le grand critique russe Boris Eichenbaum, est un oxymore incarné, tressant l'émouvant et le sublime au terrestre et à l'effrayant, la simplicité à la complexité, la sincérité à la malice et la coquetterie, la bonté à la colère, l'humilité monastique à la passion et la jalousie ".
Pour qui chercherait ici des définitions de la modernité, la lecture sera décevante. L'histoire du siècle passé, celle que pour l'instant nous vivons (mais savons-nous ce que nous vivons ? avons-nous la moindre idée de ce qui se fomente ?), ont donné d'autres significations à ce qui, par exemple, pour Rimbaud précisément, se jouait dans l'ordre de l'" inouï, du fulgurant, de l'illuminant ". D'autres idées sur ce qui peut être appelé " commencement " se sont frayé, se frayent leur chemin. Elles les discernent, ces commencements, comme plus dispersés, plus dissimulés, moins spectaculaires, et surtout, tributaires de la répétition, du ressassement, parfois de l'après-coup de mornes rabâchage. Tout dans ce numéro, sans en faire systématiquement la critique, est à côté des idées qui ont cours sur la modernité et la post-modernité. L'inattendu se révèle véritablement inattendu, sans tambours ni trompettes, la plupart du temps en marge du champ officiel de la pensée, et parfois du champ social de l'innovation. C'est, pour nous, de ce côté que sont les surprises.