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La communauté des êtres de nature
Afeissa Hicham-Stéphane
EDITIONS MF
13,00 €
Épuisé
EAN :9782915794496
À trop vouloir en faire le discours écologique ne risque-t-il pas d exaspérer, d éveiller la méfiance et de décourager toutes les bonnes volontés? S il y a un sens à vouloir préserver la planète pour les générations futures et à prendre soin de ne pas épuiser les ressources non-renouvelables, n est-il pas tout simplement grotesque de parler de « devoirs » envers la nature, du « respect » qu il lui serait dû, et à élaborer une « éthique environnementale », comme si les problèmes environnementaux constituaient une nouvelle sorte de problèmes de moralité? L objectif de ce livre est de prouver que cette approche des problèmes qui s est développée en Amérique du Nord depuis plus d une trentaine d années n a non seulement rien d absurde, mais qu elle dispose de moyens théoriques raffinés permettant de comprendre les enjeux de la crise écologique à laquelle nous sommes confrontés en s interrogeant sur ses causes profondes. L auteur entreprend tout d abord de réfuter les lectures de mauvaise foi qui ont vu dans l éthique environnementale l émergence d un « nouvel ordre écologique » menaçant les valeurs humanistes traditionnelles, puis de défendre l idée selon laquelle une communauté morale réunissant les êtres humains et les êtres de nature (tels que les animaux, mais aussi d autres entités du monde naturel) peut exister sur le fondement des « intérêts » qu ils partagent, et enfin de montrer que la considération morale que l ensemble de ces êtres exige doit se décliner selon une pluralité de critères qui n impliquent en rien de confondre les devoirs que nous avons envers un être humain avec ceux que nous avons envers les autres êtres de nature.
Résumé : Le rapport que l?homme a au monde environnant comporte deux traits originaux. Le premier consiste en ceci que le monde est pour lui l?objet d?une expérience singulière qui le vise dans sa totalité, non pas par addition des différents aspects perçus mais comme ensemble total qui est appréhendé dans son unité. Le second consiste en ceci qu?il fait lui-même partie du monde, en étant à la fois celui pour lequel et celui par lequel le monde apparaît comme un tout. L?élucidation de ce rapport original au monde, effectuée à la lumière de Kant et de Husserl et dans un dialogue de l?un avec l?autre, permet de dégager les premiers éléments d?une philosophie de l?environnement qui vise à modifier la façon dont la figure de l?homme est traditionnellement pensée pour en faire un habitant du monde.
Comment mettre un terme au rapport de domination et de violence que nous entretenons avec la nature en général et les animaux en particulier ? Peut-on espérer y parvenir en apprenant à nous réconcilier avec la vie censée relier de manière essentielle l'homme et l'animal, et à entrer en résonance avec une nature qui a cessé de nous parler ? Le but de ce manifeste est de montrer les limites et les faiblesses du principe d'une telle solution en plaidant pour une écologie de la différence. L'animal conçu comme être sensible et vulnérable, méritant en tant que tel pitié et compassion, est une abstraction philosophique qui, sous couvert d'élever le statut des animaux et de leur garantir une forme de protection morale et juridique, commence par leur faire violence en ne respectant pas leur altérité fondamentale et la richesse de leur mode d'existence. La planète, même et peut-être plus que jamais à l'âge de l'Anthropocène, demande elle aussi à être comprise dans son étrangeté comme nature créative, potentiellement incontrôlable et foncièrement imprévisible.
Romancier atypique, unanimement salué comme l'un des plus créatifs du paysage littéraire français contemporain, Eric Chevillard est l'auteur d'une uvre imposante, sur laquelle se sont penchées depuis le berceau les fées de la critique universitaire pour en révéler toute la virtuosité et la profondeur. L'ambition de cet ouvrage est de proposer une lecture philosophique de l'uvre de cet auteur, en privilégiant une approche inspirée par la réflexion sur les enjeux de la crise écologique. Le thème de l'apocalypse des animaux, ici mis au centre de l'attention, renvoie au processus d'extinction massive des espèces animales et de destruction de l'environnement d'origine anthropique, dont Eric Chevillard s'efforce de montrer, par les artifices de la fiction, les effets dévastateurs qu'il produit en retour sur l'humanité et sur la littérature elle-même.
Les réflexions que les processus multiformes de dégradation de la nature ont pu susciter ces dernières décennies ont eu pour étrange effet de rétablir des frontières là où la crise environnementale elle-même, de par son caractère essentiellement global, les avait en premier lieu effacées. C'est ainsi que les différentes approches des problèmes environnementaux mises en oeuvre en Europe et dans les pays anglo saxons ont eu tendance à continuer leur chemin les unes à côté des autres, chacune n'ayant d'égards que pour soi-même, sans véritablement réussir à se croiser et à tirer bénéfice de leurs différences mêmes. Le paradoxe veut que des oeuvres aussi importantes et novatrices que celles de Hans Jonas, Peter Sloterdijk et Bruno Latour, d'une part, et de Holmes Rolston, John Baird Callicott et Arne Næss, de l'autre, qui sont loin de s'ignorer au sein de leur communauté philosophique d'origine, semblent ne plus rien avoir à se dire passé la ligne des monts, le cours d'un fleuve ou l'espace d'une mer, comme si leur objet de réflexion n'était pas au fond le même. Tout se passe comme si un océan de pensée retenait à domicile, de chaque côté de l'Atlantique, les problématiques élaborées par l'éthique environnementale et celles issues des travaux des philosophes continentaux. En regroupant pour la première fois des contributions de penseurs américains et français portant sur des questions connexes, l'ambition du présent ouvrage est d'ouvrir un espace commun d'interlocution, et d'exposer, de manière synthétique, les enjeux actuels d'une philosophie de l'écologie.
Une école d'art est un lieu à part, un lieu bizarre, enchanté, maudit, un abri, un théâtre, un microcosme, une île. Il s'agit dans ce livre de décrire cette île de l'intérieur pour les gens qui n'y sont pas. On y arrive sans trop savoir comment, on en repart sans trop savoir vers quoi. On y scrute les horizons incertains de l'art tout en essayant de donner formes aux questions qu'on se pose sur le monde et sur soi. Et pour peu qu'on y enseigne, on peut y percevoir le bruissement des rêves, des peurs, des désirs, des contradictions de ceux qui l'explorent. Composé par fragments, rêveries, questions, réminiscences, ce texte fait le portrait d'une jeunesse dans ses efforts pour surnager dans le grand marasme du présent. Il est aussi une invitation à réfléchir sur le sens du mot apprendre.
Harsh noise : bruit abrasif. Plutôt que d'utiliser le bruit comme perturbation ponctuelle d'un signal musical, la harsh noise et l'archipel de pratiques qui s'y rattache, proposent d'annihiler toute différenciation entre signal et bruit, faisant du bruit lui-même son matériau. Par son caractère apparemment chaotique, intense et déroutant, la noise semble échapper à toute tentative de conceptualisation et de qualification esthétique. Absolument particulière, elle constituerait un ensemble de pratiques singulier dans le paysage des arts sonores actuels. Mais si l'on se place du côté de son écoute, des régularités se dessinent. Cet ouvrage laisse ainsi la parole aux auditeurs et performers noise pour entendre ce qu'ils nous donnent à penser, à travers une série de questionnaires et d'entretiens dont cet essai propose de dégager la cohérence. Parce qu'elle est indéterminée et imprévisible, la noise appelle une écoute d'autant plus exigeante, qualifiée et réflexive. Stratégies pour éduquer l'oreille, imaginaires scientifique et anatomique, rêve de l'accès à un pur son (à défaut d'un son pur), créativité des métaphores pour qualifier les sons et leur expérience... Les discours collectés et analysés dans cet ouvrage dessinent des écoutes noise, qui qualifient ces pratiques sonores radicales depuis leur réception. Entretiens avec Lionel Fernandez (Sister Iodine, Discom, Minitel, Antilles), Nina Garcia (Mariachi, Mamiedaragon, Qonicho B), GX Jupitter-Larsen et John Wiese.
Le b.a.ba de la batterie serait les deux bâtons frappés l'un contre l'autre, produisant un son sec. Rompre ce premier geste en percutant la peau d'un tambour ouvre la musique sur une autre dimension. Inventée au seuil du XXe siècle à la Nouvelle Orléans, la batterie rassemble une grosse caisse, une caisse claire et une cymbale. Elle s'étoffe au fil des ans, et s'immisce dans toutes les musiques. Si Daniel Humair (né en 1938) est l'incarnation de la batterie, il est aussi la mémoire du jazz ! Dans cet abécédaire, Daniel Humair nous mène du jazz à la peinture, voire à l'art culinaire. Fin gourmet, il est aussi un magicien des rythmes et des sons.
Pascal Dusapin est aujourd'hui le compositeur français vivant le plus célèbre. Il a composé, depuis quatre décennies, selon diverses manières, toutes atonales et néanmoins de plus en plus "accessibles" au public. La plus récente (son "troisième style"), empreinte de lyrisme, ne s'interdit plus les envoûtantes textures de cordes, et serait en quelque sorte néo-romantique mais dans le strict cadre du timbre. La première, encore xénakienne, hérissée de quarts de tons et de tremoli néo-expressionnistes, était celle des années 1980. La seconde occupe cet ouvrage. C'est ce qu'on appelle "l'intonation". Dusapin, durant les années 1990, associe une "modalité restreinte" qui semble imiter, à l'instrument, les prosodies de la voix parlée. Il en résulte une permanence incantatoire, qui parle littéralement à l'auditeur. C'est une approche du tréfonds commun à l'homme et à l'animal, "sale", archaïque, prosaïque, en réaction historique aux scientismes sériels puis spectraux, et qui replace la voix, en tant qu'affect brut, au coeur de la musique contemporaine.