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Manifeste pour une écologie de la différence
Afeissa Hicham-Stéphane
DEHORS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782367510262
Comment mettre un terme au rapport de domination et de violence que nous entretenons avec la nature en général et les animaux en particulier ? Peut-on espérer y parvenir en apprenant à nous réconcilier avec la vie censée relier de manière essentielle l'homme et l'animal, et à entrer en résonance avec une nature qui a cessé de nous parler ? Le but de ce manifeste est de montrer les limites et les faiblesses du principe d'une telle solution en plaidant pour une écologie de la différence. L'animal conçu comme être sensible et vulnérable, méritant en tant que tel pitié et compassion, est une abstraction philosophique qui, sous couvert d'élever le statut des animaux et de leur garantir une forme de protection morale et juridique, commence par leur faire violence en ne respectant pas leur altérité fondamentale et la richesse de leur mode d'existence. La planète, même et peut-être plus que jamais à l'âge de l'Anthropocène, demande elle aussi à être comprise dans son étrangeté comme nature créative, potentiellement incontrôlable et foncièrement imprévisible.
Sylvan Routley Richard ; Afeissa Hicham-Stéphane ;
A-t-on besoin d'une nouvelle éthique, d'une éthique environnementale ? " : telle est la question soulevée en 1973 par Richard Sylvan Routley dans ce texte fondateur qui marque l'entrée de la nature dans le domaine de la morale et constitue l'acte de naissance d'un nouveau champ de la philosophie pratique. A l'aide d'une expérience de pensée restée célèbre - dite du "dernier homme" -, le philosophe australien y formule une critique redoutable des théories morales anthropocentrées de l'environnement, insuffisantes pour répondre aux enjeux écologiques. Une "nouvelle éthique" est donc requise pour modifier profondément le rapport de l'homme à la nature. Il est indispensable de reconnaître l'idée d'une valeur intrinsèque de la nature, indépendante des intérêts et des besoins humains mais porteuse de la responsabilité morale de l'homme envers elle.
Résumé : Le rapport que l?homme a au monde environnant comporte deux traits originaux. Le premier consiste en ceci que le monde est pour lui l?objet d?une expérience singulière qui le vise dans sa totalité, non pas par addition des différents aspects perçus mais comme ensemble total qui est appréhendé dans son unité. Le second consiste en ceci qu?il fait lui-même partie du monde, en étant à la fois celui pour lequel et celui par lequel le monde apparaît comme un tout. L?élucidation de ce rapport original au monde, effectuée à la lumière de Kant et de Husserl et dans un dialogue de l?un avec l?autre, permet de dégager les premiers éléments d?une philosophie de l?environnement qui vise à modifier la façon dont la figure de l?homme est traditionnellement pensée pour en faire un habitant du monde.
Les réflexions que les processus multiformes de dégradation de la nature ont pu susciter ces dernières décennies ont eu pour étrange effet de rétablir des frontières là où la crise environnementale elle-même, de par son caractère essentiellement global, les avait en premier lieu effacées. C'est ainsi que les différentes approches des problèmes environnementaux mises en oeuvre en Europe et dans les pays anglo saxons ont eu tendance à continuer leur chemin les unes à côté des autres, chacune n'ayant d'égards que pour soi-même, sans véritablement réussir à se croiser et à tirer bénéfice de leurs différences mêmes. Le paradoxe veut que des oeuvres aussi importantes et novatrices que celles de Hans Jonas, Peter Sloterdijk et Bruno Latour, d'une part, et de Holmes Rolston, John Baird Callicott et Arne Næss, de l'autre, qui sont loin de s'ignorer au sein de leur communauté philosophique d'origine, semblent ne plus rien avoir à se dire passé la ligne des monts, le cours d'un fleuve ou l'espace d'une mer, comme si leur objet de réflexion n'était pas au fond le même. Tout se passe comme si un océan de pensée retenait à domicile, de chaque côté de l'Atlantique, les problématiques élaborées par l'éthique environnementale et celles issues des travaux des philosophes continentaux. En regroupant pour la première fois des contributions de penseurs américains et français portant sur des questions connexes, l'ambition du présent ouvrage est d'ouvrir un espace commun d'interlocution, et d'exposer, de manière synthétique, les enjeux actuels d'une philosophie de l'écologie.
Hicham-Stéphane Afeissa est agrégé et docteur en philosophie. Après avoir longtemps étudié Kant et Husserl, il s'est tourné vers la philosophie environnementale et animale. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dans ce domaine et collabore régulièrement à de nombreuses revues.
James J. Gibson est à l'origine d'une nouvelle théorie de la perception dont la version finale est présentée dans l'Approche écologique de la perception visuelle. Paru en 1979, cet ouvrage constitue le testament de celui que Ken Nakayama qualifie de «plus grand psychologue de la perception des cent dernières années». Abandonnant l'équivalence cartésienne entre vision et représentation, Gibson propose une approche dite «écologique» de la perception. Celle-ci caractérise l'objet perçu non plus comme le corrélat d'une représentation, mais comme «affordance» ou «invite», c'est-à-dire comme un pôle d'interactions, directement accessible à l'exploration. Cette thèse implique ainsi de ré-inscrire la vision dans l'environnement qu'elle est vouée à révéler à l'animal, par l'intermédiaire de son corps, afin que celui-ci puisse s y développer. Si l'Approche... est un livre de psychologie, il mobilise une charpente philosophique qui en est indissociable et qui explique pourquoi celui-ci continue aujourd'hui à jouer un rôle central en sciences cognitives et philosophie de l'esprit.
D'où proviennent les formes ? Dans ce livre l'anthropologue Tim Ingold propose de déconstruire le modèle philosophique hylémorphique qui, depuis Aristote, pense l'acte de fabrication comme l'imposition d'une forme, ou d'un projet, à la matière inerte. Ce renversement théorique n'est possible qu'à la faveur d'une approche matérialiste de la fabrication qui révèle la correspondance des pratiques avec les matériaux, leur itinérance au sein de la matière pour engendrer des formes. Cette réflexion conduit Ingold à faire la proposition d'une pédagogie participante suggérant une nouvelle conception de l'enseignement fondée sur l'élucidation des pratiques constitutives des gestes de fabrication. L'anthropologie, l'archéologie, l'art et l'architecture ne sont pas ici considérées comme des disciplines académiques, mais comme des manières de faire qui explorent chacune, à leur façon, les conditions et les potentiels de la vie humaine au sein de son environnement.
Les êtres vivants sont aujourd'hui soumis à un processus de domestication, d'exploitation et de manipulation sans précédent. Repousser les limites du vivant est devenu un enjeu majeur de nos sociétés. Ce projet d'actualiser et de déployer les virtualités des organismes biologiques s'inscrit dans une dynamique plus vaste et totalisante qui vise l'illimitation comme horizon global. A la démesure des ambitions affichées correspond fréquemment un manque de conception d'ensemble qui entraîne des conséquences pour le moins problématiques, voire néfastes. Une vision trop simpliste véhicule le plus souvent des approches et des modèles réducteurs favorisant la perpétuation d'un processus destructeur qui n'a plus raison d'être Dans une démarche inter et transdisciplinaire, ce livre prend en compte les apports de scientifiques, d'artistes, d'historiens, de philosophes et d'économistes dans une volonté de clarifier les enjeux et les perspectives liés à la question du vivant et de sa complexité.