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Le désir d'une vie illimitée. Anthropologie et biopolitique
Adorno Francesco Paolo
KIME
19,50 €
Épuisé
EAN :9782841745746
Il est toujours plus évident que le progrès scientifique nous rendra bientôt capables de modifier à notre gré la nature humaine. La perspective de rendre enfin réel le rêve d'une jeunesse éternelle débarrassée du poids des maladies et de la mort gagne les dernières résistances. La possibilité bientôt avérée d'altérer la nature humaine est rendue plus acceptable par l'incapacité tant de justifier la valeur de l'homme que de définir ses traits spécifiques et donc sa place dans la nature. Les raisons de l'enthousiasme qui entoure cette perspective sont nombreuses. On nous promet l'immortalité, depuis toujours rêve de l'humanité, mais aussi la survie de l'espèce dans des milieux très différents du nôtre. De plus, nous attendons de ce prométhéisme biotechnologique la libération définitive des contraintes qui nous oppriment et nous assujettissent. Les êtres humains seront libres de choisir l'identité et la forme qu'ils voudront, ils deviendront enfin totalement autonomes et responsables de la forme de leur existence, de leur bios, et donc de leurs choix. Le post-humanisme, dans ses nombreuses déclinaisons est en passe de dessiner tous les possibles scenarii d'un monde habité par des mutants, des cyborgs, des êtres hybrides finalement capables de contrôler tous les aspects de l'existence et de vivre en pleine liberté. Le but de ce travail est de pointer les présupposés idéologiques implicites, les points de fuite, les ombres d'un tableau si agréable dans lequel, nous dit-on, le mariage de l'esthétique et de l'éthique engendrera un espace de liberté absolue. L'idéologie de la manipulation de l'homme se développe (et ne peut se développer que) à l'intérieur de la configuration politique de la modernité en tant que biopolitique telle que Foucault l'a définie. Dans ce sens, il nous est apparu que le post-humanisme n'est que le résultat et la construction théorique de la biopolitique qui le fonde, le justifie et le promeut. Alors peut-être une forme de résistance se trouve dans un processus de réappropriation de la mort.
Adorno Theodor W. ; Kaufholz-Messmer Eliane ; Ladm
Résumé : Minima moralia est, selon Habermas, "le chef-d'oeuvre d'un écrivain égaré parmi les fonctionnaires" ; autrement dit : l'invention d'une écriture anti-autoritaire. Entre les moralistes français, Marx et les romantiques allemands, Adorno entreprend, à travers de courts chapitres, vignettes, instantanés, une critique du mensonge de la société moderne, pourchassant au plus intime de l'existence individuelle les puissances objectives qui la déterminent et l'oppriment. Ce livre, qu'il convient d'étudier comme une somme, est à accueillir comme un art d'écrire, à méditer comme un art de penser et à pratiquer comme un art de vivre. Mieux : un art de résister.
Adorno Theodor W. ; Weiss Volker ; Mannoni Olivier
En 1967, Theodor Adorno tient une conférence à l'université de Vienne, à l'invitation de l'Union des étudiants socialistes d'Autriche, sur la remontée de l'extrême-droite en Allemagne, et notamment l'ascension inquiétante d'un parti, le NPD, qui a toutes les apparences du néonazisme et manquera de peu son entrée au Bundestag allemand deux ans plus tard. Transcrit d'après un enregistrement, cet essai inédit a les avantages d'un texte pour partie improvisé : un style direct et très accessible. Adorno y recense les " trucs " auxquels recourt le discours d'extrême-droite, et qui ressemblent à ceux qui reviennent actuellement en vogue sur les réseaux sociaux : la volonté de mêler tous les problèmes dans une accumulation de faits invérifiables ; la " méthode du salami ", ou le fait de découper, dans un complexe de réalités, une réalité particulière sur laquelle on concentre le débat ; l'utilisation d'arguments absurdes, etc. En somme, Adorno décrivait en 1967, à peu de choses près, une réalité proche de celle de nombreux pays européens aujourd'hui. Sa conclusion est un appel à l'intelligence et au combat : refusant de pronostiquer l'avenir de ces mouvements, Adorno rappelle que " la manière dont ces choses évolueront, et la responsabilité de cette évolution, tiennent en dernière instance à nous-mêmes" .
Adorno Theodor W. ; Benjamin Walter ; Lonitz Henri
Cette correspondance éclaire les rapports entre deux des plus importantes figures de la vie intellectuelle du XXe siècle. Elle comprend plus de cent lettres, qui vont de quelques lignes sur des questions matérielles à de grands échanges théoriques, auxquels la forme épistolaire donne une liberté et une immédiateté uniques. Avec en toile de fond la montée du nazisme et les difficultés de l'exil, on voit passer dans ces lettres quantité de figures marquantes de l'époque, de Brecht à Scholem, de Bloch à Kracauer. Les travaux d'Adorno sur la musique et sur Kierkegaard, les notions centrales chez Benjamin - l'aura, le messianisme, la relation entre l'ancien et le nouveau -, la lente élaboration de son grand ouvrage sur les Passages, toute cette activité intellectuelle se trouve ici exposée avec le charme qu'apportent les notations sur la vie quotidienne et l'amitié entre les êtres.
Résumé : Antoine Arnauld, dit le Grand Arnauld (1612-1694), théologien janséniste, grammairien et logicien, a bien servi la philosophie : interlocuteur de Descartes ; correspondant de Leibniz, éditeur des Pensées de Pascal, il est l'un de ceux qui ont le plus contribué à légitimer le cartésianisme. Foucault et Chomsky se sont intéressés à sa Logique ou art de penser (écrite avec P Nicole) et à sa Grammaire générale et raisonnée de Port Royal (écrite avec C. Lancelot), nées de la controverse qui a opposé Jansénistes, jésuites et Curie romaine au XVIIe siècle. Sa théorie des idées, construite en opposition à celle de Malebranche, constitue une étape importante dans la constitution du problème de l'idéalité - qui trouvera son aboutissement chez Kant. Plusieurs raisons, par conséquent, de revenir sur une ?uvre méconnue. On commence par rappeler le contexte dans lequel le jansénisme est né ; on situe ensuite Arnauld relativement à Descartes, au cartésianisme et à la philosophie en général ; on précise sa doctrine, principalement sa conception de l'homme déchu ; on détaille également sa morale. Après quoi, on restitue les grands thèmes de sa Logique et de sa Grammaire. On examine enfin la théorie des idées d'Arnauld et on fait le point sur son retour dans le champ des sciences cognitives.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.