Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La discipline de l'amour. Pascal, Port-Royal et la politique
Adorno Francesco Paolo
KIME
20,30 €
Épuisé
EAN :9782841745050
La pensée de Pascal et des Messieurs de Port-Royal représente un moment particulièrement aigu dans l'histoire des conflits entre pouvoir religieux et pouvoir politique. Sur le plan de l'existence quotidienne, la théologie janséniste se traduit dans des pratiques de contrôle du corps social et du corps individuel, alternatives à celles mises en place par le pouvoir politique. Ainsi la théologie et l'éthique de Port-Royal mènent jusqu'au bout, et de manière exemplaire pour l'ensemble des religions monothéistes, les contradictions qui déchirent la communauté religieuse qui se fait institution, toujours suspendue entre pastoral de l'âme et contrôle du corps. Autrement dit, dans le conflit entre jansénisme et société civile se propose la question de l'appartenance de l'individu : on est d'abord fidèles et puis citoyens ? Ce sont les croyances religieuses qui priment sur les valeurs sociales ? Ou bien le domaine de la religion est essentiellement privé et l'espace public est gouverné par d'autres principes ? Ce sont des questions d'une grande actualité que cet ouvrage discute par le biais d'un retour à un des moments décisifs de la construction du rapport entre religion et politique des civilisations européennes.
Résumé : Blaise Pascal (1623-1662), mathématicien, géomètre et physicien, défenseur du catholicisme selon saint Augustin et ennemi des Jésuites, polémiste mordant tenté par le retrait du monde, est souvent obscurci par sa légende. Auteur à la fois du Traité du triangle arithmétique et de Pensées posthumes, inventeur d'une machine ancêtre de nos calculettes et surtout du calcul des probabilités, il a développé, à travers une oeuvre multiple, une conception cohérente de l'homme, de sa nature et de sa place dans la Création, en même temps que de l'exercice de la raison. Francesco Paolo Adorno s'est attaché à restituer la figure et la pensée de ce contemporain perpétuel.
Le "déploiement de la vérité" : en assignant cette mission à l'art, par épigraphe de Hegel interposée, Adorno ne situait pas seulement la musique hors de la sphère de l'industrie culturelle banale, mais visait sans doute aussi le type de discours qu'on peut porter sur elle. Face à l'invasion des biographies romancées, des vulgarisations douteuses et du colportage promotionnel, qui forment la majeure partie de la littérature musicale d'aujourd'hui, voici un livre qui vise la réalité musicale dans ce qu'elle a de plus essentiel : le parti de composition.Les deux études sur Schönberg et sur Stravinsky, qui, sous le "chapeau" commun d'une brillante Introduction où se résume toute la pensée d'Adorno, constituent la Philosophie de la nouvelle musique, proposent de jauger celle-ci à partir de deux expériences antithétiques, deux types de comportements musicaux traités en forme de paradigmes. Chez l'un, la musique nous interpelle au plus crucial, et les dissonances nous effraient, qui nous parlent de notre propre condition. Chez l'autre, un mythe originel voudrait nous rassurer et permettre l'"accès à la région d'un être absolument "authentique"". Schönberg contre Stravinsky ; le progrès contre la réaction.Livre fascinant, prophétique hier, et aujourd'hui assimilé, plein de finesse et de parti pris, de rigueur et d'injustesses. Les intuitions sont fulgurantes, sur Mahler, sur Berg, sur Wagner. L'étendue de la culture y égale la force de la sensibilité. D'un mot, tel phénomène est défini "en situation" : ainsi des épices dont Adorno crédite la musique de Stravinsky. Livre à lire lentement, à poser, à reprendre, à relire, à ruminer, sans lequel la musique de notre siècle demeure maquis indéchiffrable : bref, une permanente provocation à l'intelligence du lecteur mélomane.
Résumé : Antoine Arnauld, dit le Grand Arnauld (1612-1694), théologien janséniste, grammairien et logicien, a bien servi la philosophie : interlocuteur de Descartes ; correspondant de Leibniz, éditeur des Pensées de Pascal, il est l'un de ceux qui ont le plus contribué à légitimer le cartésianisme. Foucault et Chomsky se sont intéressés à sa Logique ou art de penser (écrite avec P Nicole) et à sa Grammaire générale et raisonnée de Port Royal (écrite avec C. Lancelot), nées de la controverse qui a opposé Jansénistes, jésuites et Curie romaine au XVIIe siècle. Sa théorie des idées, construite en opposition à celle de Malebranche, constitue une étape importante dans la constitution du problème de l'idéalité - qui trouvera son aboutissement chez Kant. Plusieurs raisons, par conséquent, de revenir sur une ?uvre méconnue. On commence par rappeler le contexte dans lequel le jansénisme est né ; on situe ensuite Arnauld relativement à Descartes, au cartésianisme et à la philosophie en général ; on précise sa doctrine, principalement sa conception de l'homme déchu ; on détaille également sa morale. Après quoi, on restitue les grands thèmes de sa Logique et de sa Grammaire. On examine enfin la théorie des idées d'Arnauld et on fait le point sur son retour dans le champ des sciences cognitives.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.