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Le califat du sang
Adler Alexandre
GRASSET
14,45 €
Épuisé
EAN :9782246854579
Extrait Images d'apocalypse de ces hordes qui se rassemblent autour de drapeaux noirs évoquant tout à la fois la couleur préférée des SS et la piraterie de haut bord d'autrefois. Il y a quelque chose de parfaitement effrayant dans l'apparition de l'État islamique, Daech, ISIS en anglais (État islamique au Levant), puisque dans la régionalisation à laquelle al-Qaëda a procédé ces dernières années, un redécoupage du monde musulman est intervenu, qui considère l'Irak, la Syrie, le Liban et la Palestine comme une entité unique, le Levant. On compte aussi des filiales «autonomisées» d'al-Qaëda au Maghreb (Aqmi), dans la péninsule Arabique (Arabie Saoudite et Yémen) et, sans doute plus discrètes, en Égypte et au Soudan, dans la corne de l'Afrique (les Tribunaux islamiques de Somalie), au Pakistan et Afghanistan (les Talibans), en Indonésie, en Asie centrale et peut-être en Europe. C'est dans cette entité géographique, qui s'étend de la Méditerranée au golfe Persique et englobe tout à la fois Beyrouth, Damas et Bagdad, qu'opère aujourd'hui un parti qui veut établir un «califat» sur le Levant. Ce projet est à la fois dans la continuité des idées d'Oussama Ben Laden, et dans une certaine rupture avec la direction internationale d'al-Qaëda. Ces insurgés de l'Apocalypse sont capables du pire et ils commettent le pire. Ils rappellent ces gardiens de camps de concentration qui arboraient des têtes de mort sur leurs casquettes sous le IIIe Reich. Ces jihadistes veulent tuer, mutiler, violer, piller, et ils le font. La peur qu'ils inspirent évidemment, et pas seulement dans nos contrées plus apaisées, s'explique très bien. Les soldats irakiens, et ils ne sont pas tous sunnites, qui ont jeté leurs fusils et ont fui dès que les miliciens de Daech sont arrivés devant eux, ne sont pas les seuls à être saisis d'un effroi quasi mystique, d'une peur paralysante devant des êtres aussi résolus à mourir qu'à tuer. Mais nous devons procéder dans ce livre à ce que les physiciens appellent un raisonnement «contre-intuitif». Le raisonnement contre-intuitif est en effet un raisonnement qui, tout en arrivant à rendre compte à terme de ce que l'intuition nous permet d'appréhender, la réfute spontanément au préalable. Non, jamais les islamistes n'ont fait aussi peur. Leur médiatisation immense a un effet multiplicateur sans précédent du mode de ressenti. Et pourtant, jamais les islamistes n'ont été aussi faibles, à l'échelle de l'ensemble de l'Orient islamique, et c'est ce qu'ils parviennent à cacher par cette mise en scène terrible qui, du fait de la mondialisation des images et de la proximité que nous entretenons à présent avec ces sociétés musulmanes, n'arrive absolument pas à être appréhendée sans un véritable effort sur soi. Nous ressentons une proximité géographique effrayante avec le nord de l'Irak et le désert syrien, et il nous est impossible, à cette aune, d'imaginer que nous sommes tout au contraire en train d'assister aux spasmes d'un mouvement qui sera très probablement entraîné un jour ou l'autre dans une décadence irrémédiable ; mais à un coût en vies humaines encore inconnu, il faut en convenir.
J'ai choisi d'observer le monde depuis l'Amérique légendaire. Que New York blessée soit Rome ou Athènes importe peu: depuis le 11 septembre, c'est le c?ur sismique du grand corps planétaire. Ce point de vue me permet, je crois, de franchir"l'obstacle du bien connu ", et d'analyser l'éruption de l'absolument nouveau. Car l'Amérique change à une vitesse inouïe: elle était une solution, elle devient un problème. Plus qu'un"empire involontaire ", elle est aujourd'hui une îleprométhéenne qui se cherche des alliés et une stratégie. Si le monde en fusion qui l'entoure la menace, il la façonne également. Dans ces pages, nous parcourons donc ce"nouveau nouveau monde": depuis le Capitole et les tourbes du Mississippi jusqu'à la plaine d'Armageddon, depuis le Texas des derricks jusqu'aux hauts plateaux afghans. Nous sommes dans une quête tout autant que dans une entreprise d'élucidation. Je vois naître un nouveau califat sunnite; un espace bolivarien; une Chine majestueuse; une Turquie partagée; un bloc chiite - et une Amérique dont la géographie se redessine. Je vois poindre de grands dangers, mais aussi de fortes promesses. Cet essai s'applique à suivre les paroles de l'Apocalypse, pour les conjurer: regarde longtemps les abîmes."
Cette juxtaposition de deux incontestables grandes figures manque néanmoins, à mon avis, d?une dimension plus historique et dialectique. Tout se passe en effet comme si deux centres de courant alternatif, de temps à autre réunis, provoquent un impossible courant continu. Le général de Gaulle avait tracé une voie royale, mais interrompue de pannes catastrophiques où la "source Mitterrand" venait suppléer au manquement de l?Autre et apportait de vraies solutions innovantes sans lesquelles l?inspiration gaullienne aurait pu devenir inopérante : dès les origines obscures, la rébellion des mouvements de résistance à la centralisation voulue, depuis Alger, par l?Homme du 18 juin ; par la suite, la véritable invention de Mitterrand dans le combat pour la réforme de l?empire colonial, là où de Gaulle se crispe entièrement sur un RPF intransigeant, à mauvais escient, de l?Indochine à l?Afrique noire et, pour finir, au Maroc de Lyautey lui-même. Puis de Gaulle, ayant bouleversé toute sa vision de l?avenir, en sera récompensé grâce à des alliances complexes par le miracle du 13 mai 1958 où Mitterrand risque véritablement la disparition, et pas seulement politique et morale. Le retour de François Mitterrand scande alors les ratés du projet monarchique en restaurant une grande gauche démocratique puis en utilisant l?anarchie croissante du régime sous Giscard pour créer un principat nouveau qui instaure la régionalisation territoriale, le primat de l?Europe à l?extérieur et le primat des médias en substitut du parlementarisme. Pourtant, le projet unitaire de rétablissement de la France, né du désastre de 1940, se heurte presque parallèlement chez les deux hommes à une tentative, sans doute prématurée, d?opposition à l?hégémonie américaine en 1968 dans la tragédie, en 1990 dans la farce sans lendemain. Ces deux grands projets, pourtant héroïques, retomberont partiellement brisés. Et si, en 2016, la reconstitution de ce nouveau projet d?Europe indépendante, porté par une sorte de "gaullo-mitterrandisme", encore à moitié conscient, redevenait l?issue d?une crise qui s?aggrave d?heure en heure ?
Nous avons connu depuis le début de l'année 2011 un bouleversement dans le monde arabe. C'est le second coup de semonce du nouveau siècle. Le premier a commencé en 1989 et s'est achevé en 1992 avec la fin du système communiste. Nous connaissons aujourd'hui un choc de la même ampleur, de Tunis à Damas, du Caire à Tripoli. Nous sommes ainsi entrés dans une phase de transition longue et heurtée, où toutes les règles longtemps en vigueur ressortent définitivement subverties. Les forces montantes de la démocratie n'ont pas encore donné pleinement. Les forces provisoirement dominantes de l'islamisme non plus. Il nous faut donc analyser, confronter, comprendre, tout en mesurant que les combats décisifs sont à venir. L'Islam n'est pas"un empire dans un empire", mais une partie dolente, vibrante, mais aussi inventive et originale de notre Humanité toujours plus unique et solidaire, même à son corps défendant. Oui, l'histoire a recommencé."A. A.
Le monde est un enfant qui joue. J'emprunte cette phrase à Héraclite. Le monde est innocent et naïf. Il titube, hésite, frappe, détruit. Il oublie sa propre histoire. Mais chacun de ses gestes est aussi une création et un apprentissage. Les années de violence n'ont pas empêché une croissance économique mondiale exceptionnelle. L'apaisement revient, alors que l'économie s'effondre. La crise sans précédent que nous traversons jouera son rôle: la purge marquera une mutation systémique et sera aussi une opportunité géostratégique. Pour l'instant, Ben Laden n'a pas gagné, mais des éléments nucléaires, bactériologiques et chimiques circulent dans les zones les plus dangereuses de la planète. Examinant donc comme un joueur d'échecs la situation de nos grandes lignes de fracture." A.A. Biographie de l'auteur Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, agrégé d'histoire, Alexandre Adler est chroniqueur sur France Culture et membre du comité éditorial du Figaro. Il est l'auteur de plusieurs essais, qui sont tous de grands succès de librairie, dont J'ai vu finir le monde ancien.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.
Résumé : Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n'a qu'une arme : sa plume. A l'image de la lueur d'espoir et de douceur que fut sa lettre "Vous n'aurez pas ma haine", publiée sur Facebook quelques jours après les attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer.
Le terrorisme est un grand sujet de préoccupation des Français et l'un des plus traités dans les médias. Pourtant, la politique antiterroriste est mal connue et peu débattue. Or elle a radicalement changé depuis une quinzaine d'années, dans un consensus quasi général. Et pas toujours pour le meilleur... Fort de son expérience dans la lutte antiterroriste, François Thuillier constate que la France, jadis enviée pour son "modèle latin" du renseignement, s'est alignée à son tour sur le versant armé de la révolution conservatrice occidentale quia choisi de faire du terrorisme son meilleur ennemi. Et qu'une série de réformes a bouleversé ses méthodes : refonte des agences, fuite en avant technologique, logiques de surveillance, lutte contre la radicalisation, etc. Au détriment d'un vrai savoir-faire, parfois de l'efficacité, et, selon certains, de l'Etat de droit. Une révolution antiterroriste, pour un changement de régime. Car c'est aussi le miroir politique d'une société que l'auteur nous tend, où des apprentis sorciers en quête d'audience et de pouvoir dressent les Français les uns contre les autres. Pour tenter d'en sortir, il propose de raviver la flamme républicaine et universaliste, afin d'allier efficacité et dignité, protection et respect.
La justice antiterroriste française, par peur et par excès de précaution, construit les attentats de demain en favorisant la radicalisation qu'elle veut pourtant combattre. Les magistrats sont obsédés par la taqiya (la pratique consistant à dissimuler sa foi et ses engagements religieux) et ne voient en tout repenti qu'un " soldat de Dieu " qui sommeille. Cela donne lieu à des réponses pénales inadaptées : incarcérés au milieu de ceux qu'ils ont fuis, ces jeunes hommes sont des proies idéales pour Daech ; considérés comme des terroristes en herbe, ils ne manquent pas, pour certains, de le devenir. Autres victimes : les femmes et les enfants français retenus dans des camps du Kurdistan syrien depuis la chute de Baghouz, le dernier bastion de Daech. La France, en toute illégalité, sous-traite ses ressortissants à la justice antiterroriste irakienne, au risque de les voir exécuter. Elle a surtout décidé de faire payer à des enfants le choix de leurs parents, et de conforter une partie de l'opinion publique dans ce qu'elle peut charrier de pire. En contact quotidien direct avec ces femmes et ces enfants, Marie Dosé témoigne de leur épuisement et de la dégradation de leur état de santé, des traumatismes et des blessures, des disparitions, des épidémies et des incendies. Ce livre s'articule autour d'une série de portraits : ceux qui ont tenté de partir mais y ont renoncé ; ceux qui ont été arrêtés dans leur velléité de départ ; ceux qui ont fui l'Etat islamique ; ceux enfin qui attendent en Syrie, prisonniers des forces kurdes. Les " victoires de Daech " sont avant tout les échecs de notre République.
Beltrame Cédric ; Beltrame Damien ; Grinsztajn Mar
Résumé : Il n'y a pas de grand homme pour son valet de chambre, assurait Hegel. Mais il est parfois des héros qui demeurent des héros, même pour leurs frères de sang. Cédric et Damien, ses deux frères cadets, ont ainsi entrepris de raconter à la première personne du pluriel leur " Arnaud " . Leur livre n'est pas une biographie exhaustive, il est beaucoup plus que cela : il saisit au fil de la mémoire fraternelle et de dizaines d'épisodes dont ils furent les témoins privilégiés, et souvent les complices, la naissance et l'affirmation d'une vocation héroïque. Bien sûr, le héros ne se révèle tel que dans le péril, le courageux n'est pas courageux par nature mais dans l'action, le brave ne porte pas sa bravoure en bandoulière car elle n'existe qu'en actes. Et pourtant, il est possible de comprendre comment s'est forgé un homme qui a su honorer, au moment décisif, ce rendez-vous auquel toute sa vie l'avait préparé. Un héros pour qui importait plus que tout la fraternité. Celle qu'on éprouve envers ses frères, celle que lui imposait sa foi catholique (" Vous serez comme des frères ") ou son idéal maçonnique (et ses discussions avec ses autres frères, ses compagnons à l'armée et dans la gendarmerie), celle enfin de la triade républicaine au fronton des bâtiments publics. C'est pourquoi la parole de Cédric et Damien Beltrame est si précieuse et si éclairante.