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Engagements. Chroniques & autres textes (2000-2010)
Accardo Alain ; Discepolo Thierry
AGONE
16,30 €
Épuisé
EAN :9782748901474
Les idées, si justes soient-elles, ne sont jamais que des idées et n'ont jamais rien révolutionné dans l'histoire par elles-mêmes: y sont parvenues celtes qui ont rencontré les intérêts de groupes sociaux suffisamment larges et puissants qui leur ont donné la force et l'impact nécessaires pour abattre les citadelles du conservatisme. Cet ensemble de textes - dont certains sont inédits ou introuvables, d'autres parus dans La Décroissance ou Le Sarkophage - constitue à la fois un exercice d'analyse de l'actualité politique, une critique des médias et une socio-analyse de la fonction des classes moyennes dans la reproduction de l'ordre social. Pour l'auteur, cette démarche prend sa source au moment de la guerre d'Algérie, alors qu'en jeune étudiant en philo il rencontre Pierre Bourdieu et participe à sa première enquête de terrain.
Résumé : La représentation médiatique du monde, telle qu'elle est fabriquée quotidiennement par les journalistes, ne montre pas ce qu'est effectivement la réalité mais ce que les classes dirigeantes et possédantes croient qu'elle est, souhaitent qu'elle soit ou redoutent qu'elle devienne. Autrement dit, les médias dominants et leurs personnels ne sont plus que les instruments de propagande, plus ou moins consentants et zélés, dont la classe dominante a besoin pour assurer son hégémonie.
Biographie de l'auteur Jus Accardo est née à New York et vit aujourd hui au milieu de nulle part, où elle écrit. Touch, son premier roman, est le premier tome d une trilogie.
S'agissant de la science sociale, on doit considérer que la connaissance de la réalité qu'elle permet d'acquérir doit s'investir dans l'entreprise collective de rendre le monde social meilleur, et donc apporter sa contribution spécifique au combat que les forces d'émancipation ne cessent de mener contre les forces d'oppression sociale. Cette sociologie critique, refusant l'objectivisme économiste, nous permet de comprendre que les structures du monde social à combattre sont à la fois externes et internes. C'est pourquoi elle prône la réflexivité et l'auto-socioanalyse, nous conduisant à considérer que toutes les Bastilles existent toujours doublement, dans le monde où nous habitons et dans celui qui nous habite. C'est pourquoi il faut s'attaquer aux murailles qui sont en nous tout autant qu'à celles qui se dressent devant nous, parce qu'elles ne forment toutes ensemble qu'une seule et même forteresse, celle de l'ordre établi. Véritable ouvrage de sociologie générale, ce livre propose une vision du monde social étroitement inspirée des analyses de Pierre Bourdieu, dont elle reprend en substance tout l'appareil conceptuel.
Plus encore que notre adhésion consciente, c'est notre adhésion inconsciente qui fait la force du système capitaliste : notre connivence involontaire, cette forme de complicité qui s'ignore parce qu'elle "va sans dire". Nous agissons spontanément et à notre insu pour être compatibles avec une logique que nous avons intériorisée en vertu de la place que nous occupons dans ce monde et des propriétés sociales que nous détenons. A défaut de pouvoir supprimer d'un coup de baguette magique les causes objectives (l'économie, l'Etat et les institutions) de notre servitude, il faut en faire inlassablement une critique en actes et sans concession - sans s'exempter soi-même. Et retourner à la base, sur le terrain, pour reprendre le fil de l'analyse cassé par le triomphe du libéral-socialisme, pour poursuivre la lutte sur des bases politiquement et sociologiquement plus cohérentes. Y a-t-il une autre alternative à notre avilissante servitude? Y en a-t-il une plus honorable? Alors, Vive la Révolution! Tout le reste est verbiage de petit-bourgeois promis aux oubliettes. _Ce livre inaugure la réflexion de l?auteur sur le rôle, central et ambigu, des classes moyennes dans le système politique dominant des pays riches : la démocratie représentative et l'ordre social capitaliste._
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.
Il n'y avait pourtant pas que le politique dans notre vie. "Le personnel est politique", comme les camarades féministes nous l'avaient fait comprendre, bon an mal an. En fait, alors que nous plongions la tête la première dans la dernière tentative de révolution communiste en Europe, c'est dans la sphère des relations interpersonnelles que nous étions en train de faire une révolution... Mais nous n'en avions pas vraiment conscience, pris comme nous l'étions dans des schémas anciens. Nous avions alors 20 ans, quelques-uns plus, d'autres moins. Et nous avions un désir débordant de mordre la vie, de plonger de tout notre corps dans une aventure enivrante, de profiter au maximum de tout ce que la vie pouvait nous offrir, ici, tout de suite, sans attendre ni le paradis céleste, ni le grand soir. "Qu'est-ce que vous voulez ?", nous demandait-on. On répondait : "Nous voulons tout !"
Kraus Karl ; Deshusses Pierre ; Bouveresse Jacques
ET SI SURTOUT la perte de la culture n'était pasachetée au prix de vies humaines ! La moindre d'entre elles, ne serait-ce même qu'une heure arrachée à la plus misérable des existences, vaut bien une bibliothèque brûlée. L'industrie intellectuelle bourgeoise se berce d'ivresse jusque dans l'effondrement lorsqu'elle accorde plus de place dans les journaux à ses pertes spécifiques qu'au martyre des anonymes, aux souffrances du monde ouvrier, dont la valeur d'existence se prouve de façon indestructible dans la lutte et l'entraide, à côté d'une industrie qui remplace la solidarité par la sensation et qui, aussi vrai que la propagande sur les horreurs est une propagande de la vérité, est encore capable de mentir avec elle. Le journalisme ne se doute pas que l'existence privée, comme victime de la violence, est plus près de l'esprit que tous les déboires du négoce intellectuel. Et surtout cet univers calamiteux qui occupe désormais tout l'horizon de notre journalisme culturel.
Avec les centaines de livres publiés par les combattants pour raconter les tranchées, la Grande Guerre marque l'entrée dans "l'ère du témoignage". Et Témoins est le monument fondateur de la littérature de témoignage. Cette oeuvre majeure de la littérature critique du XXe siècle a fait scandale au moment de sa première publication en 1929, et elle provoque encore aujourd'hui des débats très vifs. Sa manière de mettre au premier plan la simple vérité du témoignage heurte de plein fouet les visions enchantées de la guerre colportées par la littérature. En dressant le témoin face au littérateur de métier, en sommant les historiens de lui faire une juste part, le livre de Norton Cru dérange depuis presque cent ans les règles établies dans le monde intellectuel.