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Voir les fous
Aboudrar Bruno Nassim
PUF
23,33 €
Épuisé
EAN :9782130496724
Il a l'air fou ", " elle a l'air bizarre... " Si chacun fait quotidiennement l'expérience de l'air d'autrui, nul n'avouerait, aujourd'hui, se risquer à engager sur une telle présomption l'autorité du diagnostic. Désigner rigoureusement l'air des fous a pourtant été une entreprise fondatrice de la psychiatrie moderne, celle qui se constitue à l'orée du XXIe siècle, à partir des travaux de Pinel et d'Esquirol. On a oublié à quel point l'institution révolutionnaire du malade sur les décombres de l'ancien " fou " - chose informe, presque invisible sous ses chaînes dans l'obscurité des cachots -, et la définition corrélative des maladies mentales, aux profils nosographiques finement détourés sur le vieux fond de la folie ont été affaire de regard. Ce livre est consacré à la vision clinique quand elle a pour objet les pathologies de l'âme. Il interroge notamment les jeux de regard favorisés par l'architecture asilaire, la tentative de Lavater d'établir, dans sa Physiognomonie, une grammaire visible de la folie, et l'extraordinaire projet d'Esquirol : élaborer un atlas des malades mentaux, où les maladies mentales se donneraient à voir par le portrait des aliénés. En confiant aux images la mission de manifester l'invisible folie sur le visage des malades, la psychiatrie détermine un passage à la limite du genre classique du portrait. Chargés de représenter non plus l'identité, mais ses troubles, ces " portraits d'aliénés " annoncent les développements ultérieurs de la photographie et de l'art moderne.
A la Renaissance, l'Europe se dote d'un système de représentation unique au monde. La perspective, le modelé, les dégradés de couleurs et d'ombres donnent l'illusion de la réalité. Sous forme de peintures et de gravures, cette technologie accompagne l'expansion de l'Occident à laquelle concourent, à l'époque moderne, navigateurs, missionnaires et marchands. Ses charmes illusionnistes séduisent souvent les sociétés qui la découvrent. Artistes et commanditaires, dans les deux Amériques, en Chine, au Japon ou au Proche-Orient, lui empruntent des motifs iconographiques et des manières de dépeindre. Leur art expérimente ainsi des formes d'occidentalisme. Mais ces cultures, pour lesquelles l'Europe est exotique, ne croient pas pour autant que, par son réalisme, la peinture européenne atteigne une vérité. Aussi, quand elles l'imitent, c'est moins pour s'y soumettre que pour la subvertir.
L'art ancien jouirait des faveurs du " public " : les foules au musée en témoignent ; l'art contemporain, avec ses provocations, mériterait l'indifférence, quand ce n'est la haine où on le tient. Il n'est pourtant pas certain que la déférence ou l'idolâtrie soient une relation à l'art plus heureuse que le mépris. Ce clivage de l'art, qui en exile une partie au sommet de notre culture, une autre à ses marges, est le signe d'un malaise : nous ne savons que faire de notre art, comment nous comporter avec lui, quelle place lui ménager dans notre société, qu'éprouver dans la présence de ses ?uvres. Ce livre trouve l'origine de ce malaise - dont le musée et son succès équivoque n'est qu'un aspect, fondamental - dans ce qui a été ces deux derniers siècles la grande affaire de l'esthétique : l'autonomie de l'art. Formés à ses principes, nous avons délesté l'art de toute nécessité comme de tout pouvoir, nous condamnant à errer d'?uvres saugrenues en chefs-d'?uvres inaccessibles. Mais l'art va très bleu : jamais il n'y a eu tant d'?uvres disponibles ni en meilleur état, jamais tant d'artistes n'ont ?uvré. Aussi cet ouvrage n'en appelle-t-il pas à une réforme de l'art, mais réfléchit aux conditions philosophiques, sociales et morales d'une nouvelle relation à ses ?uvres qui en restituerait la proximité, la quotidienneté et - surtout - la nécessité. Car nous avons besoin de l'art...
Résumé : "Depuis que la maison était vendue, je ne voulais pas y retourner. Surtout pas. Ca s'est fait tout seul, par automatisme." A travers la biographie d'un lieu - une villa en lisière de forêt à La Celle-Saint-Cloud -, Bruno Nassim Aboudrar livre avec pudeur l'histoire d'une famille d'exilés juifs hongrois sur plusieurs générations. De la IIIe République aux années de plomb marocaines en passant par l'Occupation, un grand texte sur la perte et l'expérience sensible du passage du temps incarnées par une série de destins ordinaires pris dans la tourmente du XXe siècle. Un roman à l'atmosphère intimiste, porté par une écriture précise et ciselée.
Biographie de l'auteur Bruno Nassim Aboudrar est professeur d'esthétique à l'université Paris 3 - Sorbonne nouvelle, il est l'auteur de plusieurs essais, notamment Nous n'irons plus au musée(Aubier, 2000), ainsi que d'un roman : Ici-bas (Gallimard, 2009).
Résumé : L'ouvrage est destiné à tous ceux qui s'intéressent à la question fondamentale : " Est-ce que j'éduque bien ? " Parents, enseignants, éducateurs, responsables politiques, travailleurs sociaux, chercheurs peuvent y trouver matière à réflexion. Un modèle de besoins psychopédagogiques fondamentaux est présenté. Il tente de prendre en compte les dimensions les plus importantes entrant en jeu dans la construction de l'identité d'un individu : besoins affectifs, cognitifs, sociaux, idéologiques. Il donne donc un contenu - et, en cela, il constitue une véritable innovation - à la réponse à la question précitée. Par ailleurs, les auteurs s'interrogent : " Comment, concrètement, répondre au mieux à ces différents besoins ? " Pour cela, ils proposent un " système pédagogique multiréférentiel et intégré " car ils se sont aperçus que les divers courants de pensée pédagogique développent spécifiquement un besoin particulier. Ainsi, ils font correspondre une pédagogie à chaque besoin fondamental. Leur proposition - et c'est en cela que leurs propos sont " postmodernes " - est de ne pas privilégier un courant au détriment des autres. Chaque courant apporte des éléments importants. La multiréférence que chaque adulte doit intégrer dans un modèle pédagogique propre est, selon eux, une démarche incontournable. Leur conception de la formation des adultes est de faire de ceux-ci des sujets-acteurs, voire, mieux, des sujets-auteurs de leur projet éducatif. En d'autres termes, on peut dire que complexité éducative et agir communicationnel sont ici au c?ur des propositions.
Daniel Ligou est professeur émérite à l'Université de Dijon. Auteur de nombreux ouvrages, ses travaux et publications sur la franc-maçonnerie font autorité.
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.