François Rastier oeuvre à l?élaboration d?une théorie d?ensemble du texte, pour dépasser les limites de fait où s?est longtemps tenue la linguistique et articuler différents paliers de complexité. Le texte, ainsi placé au centre de la réflexion sur la langue et les arts du langage, devient l?objet empirique de la linguistique. Unité "minimale" de la description, il exige la constitution critique des documents dans un corpus et appelle des méthodes d?analyse qui fassent droit à la déontologie herméneutique. Enfin, comme les textes sont des actes qui portent des valeurs, tant éthiques qu?esthétiques, il est légitime de préciser comment ils deviennent des oeuvres, engagées dans une transmission. Le présent ouvrage invite à dialoguer à partir des travaux de François Rastier, à en montrer les applications et les incidences dans divers domaines (études littéraires, linguistique, philologie numérique, sémiotique...). Ni bilan prématuré, ni hommage académique, il permettra d?exposer des travaux en cours et de préciser des recherches à venir, en laissant place aux débats sur les nouveaux observables, sur la méthodologie historique et comparative et sur l?épistémologie des sciences de la culture.
Depuis les années 1980-1990, la question de la souffrance connaît un regain d'intérêt dans le domaine des sciences sociales. Ce dossier, résolument interdisciplinaire (sciences du langage, sociologie, sciences de l'information et de la communication), espère contribuer aux débats actuels sur la souffrance sociale. Il s'agit d'examiner comment les individus se traitent eux-mêmes en tant qu'êtres souffrants. L'analyse porte sur leurs autoreprésentations médiatisées par l'écriture numérique et leurs interactions sur des blogs publics ou des lieux d'écoute. Au-delà des topiques proposées par Boltanski, celles de la dénonciation, du sentiment ou de l'esthétique, cette réflexion collective développe une topique supplémentaire : celle des textes et des discours, issus d'un public qui raconte son mal-être suivant des régimes de communication numérique. La particularité de ce dossier est d'appréhender la souffrance en ligne à travers ses traductions narratives ordinaires. Plusieurs thématiques sont abordées par les contributeurs : pratiques discursives journalistiques, associations de prévention contre le suicide, expressions traumatiques du décès périnatal. Dans l'esprit d'une " anthropologie narrative de la souffrance ", ces différents contextes sont réfléchis à partir d'interrogations communes : pourquoi les individus ressentent-ils le besoin de s'écrire ? comment mettent-ils en ordre leur situation et quel sens leur donnent-ils ? quels sont les procédés narratifs mis en place pour s'objectiver ? comment les technologies numériques viennent-elles configurer les modalités d'énonciation de soi ainsi que les régimes de sociabilité qui en découlent ?
Parmi les figures bibliques, le prophète Elie est l'une des plus attachantes. Il est considéré comme un modèle de droiture et de courage. Sa foi est inébranlable et sa démarche religieuse entièrement sincère et désintéressée. Néanmoins, la tradition juive n'hésite pas à nuancer ce jugement élogieux. De manière surprenante, le texte biblique et ses commentaires traditionnels donnent d'Elie l'image d'un homme souvent extrême et impulsif. Car Dieu ne cautionne pas tous les agissements de son prophète. Il les condamne même parfois, mais pas de manière violente: à l'impatience d'Elie, à son esprit de vengeance, à son intolérance, Dieu répond par un "doux murmure" et lui enseigne progressivement la tolérance, la miséricorde, la douceur et la patience. Il veut permettre à chacun d'avancer à son rythme. Le doux murmure est l'occasion de suivre Elie dans son apprentissage de la tolérance. En relisant le parcours du prophète, Sébastien Allali propose aussi à sa manière une initiation à l'exégèse juive traditionnelle, du Talmud à la mystique juive.
Marius fit creuser un large fossé, dans lequel il détourna une grande partie du fleuve" "... le fossé avait assez de profondeur pour contenir de grands vaisseaux, et son embouchure dans la mer était unie, et à l'abri du choc des vagues. (il) s'appelle encore aujourd'hui la fosse mariane." Plutarque (46 - 125 ap. J.-C.) Dans ce deuxième tome, Blaise et ses amis vont découvrir FOSSAE MARIANAE, l'un des grands ports antiques de la Méditerranée, ainsi que les combats du général Caius Marius contre les Cimbres. Nos héros devront aussi déjouer un crime pour sauver le père de la belle Prisca !
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.