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Espagnols d'outre-mer. Emigration, métissage et reproduction sociale à Santiago du Chili au 17ème si
Zuñiga Jean-Paul ; Vincent Bernard
EHESS
38,00 €
Épuisé
EAN :9782713213700
Cruzar el charco, passer la mare : ainsi les Espagnols ont-ils désigné, pendant plus de trois siècles, la traversée de l'Atlantique. Pendant ces trois siècles, des hommes et des femmes ont changé leur ville ou leur village de Castille pour une résidence lointaine, tout comme des " Américains " sont souvent venus visiter la " mère patrie ". C'est grâce à eux que Santiago du Chili, dernière extrémité occidentale de l'Empire, s'est charnellement inscrite dans le vaste ensemble des domaines du Roi Catholique. Lieu de brassage des colons castillans - et en ce sens matrice d'un véritable " homme espagnol " - Santiago est aussi celui d'un intense métissage entre Africains, Indiens et Espagnols. Comment le groupe espagnol, malgré sa faiblesse démographique, est-il parvenu non seulement à se perpétuer et à s'élargir mais également à imposer ses valeurs à l'ensemble de la capitale chilienne ? L'histoire de cette hégémonie n'est pas celle d'une acceptation passive. Seul un équilibre tendu entre la violence de rapports sociaux issus d'une conquête sanglante et une attitude intégratrice à l'égard des populations africaines et amérindiennes a permis aux expatriés de Castille de réaliser aux " Indes " une société nouvelle. Cette composition précaire mais efficace, entre brutalité et ouverture, est le fondement même de la puissance des colons et de leurs descendants, contraints de conserver, par une savante politique d'alliances, tous les signes extérieurs de l'hispanité, emblème de leur suprématie. Cette stratégie complexe constitue le ressort essentiel de l'hispanisation profonde de la société santiaguine au 17e siècle - et l'une des clés pour comprendre le Chili d'aujourd'hui.
Une femme de 64 ans est terrassée par une forte douleur au dos. Après une longue série d'examens le service d'urgence lui décèle une dissection aortique. une course contre la montre s'engage pour lui sauver la vie. prise dans un maelstrom de vie et de mort, l'auteure va se refugier dans ses souvenirs. un témoignage poignant et parfois drôle malgré la gravité du diagnostic" .
Espace de belligérance, la Caraïbe rassemble des territoires impériaux discontinus et précaires. Dans les villes coloniales, la milice constituait souvent la principale force armée pour la défense du territoire et pour la police urbaine, en particulier la police des esclaves. Ce livre porte sur les miliciens noirs et mulâtres de ces villes caribéennes, gardiens d'un ordre colonial qui mobilise volontiers le lexique de la couleur pour dire les hiérarchies sociales. Ils servaient fréquemment dans des compagnies séparées et commandées par des officiers de couleur. La séparation était un moyen de récompenser les élites de couleur locales tout en fixant des limites théoriques à leur ascension. En s'intéressant à ces miliciens et à ces officiers de couleur, l'ouvrage interroge le rôle et les significations de la couleur des hommes en milieu colonial, ainsi que l'émergence, la perpétuation et les limites des élites de couleur aux Amériques. Grâce à une approche multi-située, et sans minimiser l'extrême violence des sociétés coloniales, il s'affranchit des discours des acteurs, dans lesquels la couleur est omniprésente, pour disséquer les pratiques et les critères de classement, et ainsi rendre compte de la fabrique locale de la domination sociale.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.