Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Organes sans corps. Deleuze et Conséquences
Zizek Slavoj ; Jaquet Christophe
AMSTERDAM
14,00 €
Épuisé
EAN :9782354800383
En engageant la pensée deleuzienne en territoire philosophique "ennemi", en la confrontant à celles de Lacan et de Hegel, Slavoj Zizek s'efforce de penser Deleuze et de penser avec lui hors des sentiers battus. S'appuyant comme à son habitude sur l'analyse d'objets culturels en apparence hétérogènes, de Hitchcock à Fightclub en passant par la théorie psychanalytique, Zizek détourne la pensée deleuzienne et expose une ligne de divergence qui traverse la pensée critique contemporaine: peut on ne pas être spinoziste aujourd'hui? Ce faisant, il propose à ses lecteurs une manière inédite d'appréhender les termes du débat contemporain sur la mondialisation, la (dé) démocratisation et la "guerre contre le terrorisme". Il définit par là ce qui constituerait, selon lui, un acte véritablement politique en ces temps obscurs.
Résumé : De février à mai 2020, reclus dans sa maison de Ljubljana, Slavoj Zizek observe ce qui se passe à l'échelle du monde. La pandémie a mis à nu ce que nous parvenons d'ordinaire à accepter ou à dissimuler : la barbarie à visage humain dans ses multiples formes. Zizek traque les virus idéologiques qui ont favorisé l'apparition et la dissémination de la Covid-19, mais aussi ceux que la pandémie active ou réactive, les virus du racisme, des fake news, des théories du complot. Il forme le voeu d'un autre type de contagion, propice à l'invention d'une société nouvelle qui ne pourra s'actualiser que dans la sobriété et une solidarité inconditionnelle. Une société où la vie de tous aura la même valeur. "Je ne suis pas un utopiste, et je n'en appelle pas à une solidarité idéalisée entre les peuples. Au contraire, la crise actuelle démontre clairement à quel point une solidarité et une coopération mondiales conditionnent la survie de tous et de chacun, à quel point un égotisme rationnel est la seule attitude valable."
L'idée d'une réapparition de Lénine sur la scène intellectuelle et politique est de nature à provoquer un bruyant éclat de rire sarcastique. Marx, ça va... mais Lénine ? N'est-il pas responsable de la grande catastrophe qui a marqué le XXe siècle, s'interrogeront beaucoup ? Dans La Révolution aux portes, Slavoj Zizek situe les écrits de 1917 dans leur contexte historique, et son grand texte de postface s'attaque aux questions clefs pour lesquelles Lénine pourrait être revisité, dans notre ère de "capitalisme culturel". Zizek est convaincu, quel que soit le sujet, - qu'il s'agisse de la crise annoncée du capitalisme, de la possibilité d'une violence rédemptrice ou de la fausseté de la tolérance libérale - que le temps de Lénine est revenu.
La parallaxe est le déplacement apparent d'un objet que provoque un changement du point d'observation. Le philosophe ajoutera que la différence observée n'est pas simplement subjective. Dans la terminologie hégélienne, on dira plutôt que le sujet et l'objet sont en fait intrinsèquement "médiatisés" si bien qu'un changement épistémologique dans le point de vue du sujet traduit toujours un changement ontologique dans l'objet lui-même. On connaît aujourd'hui toute une série de parallaxes, dans des domaines très différents. Dans la physique quantique (la dualité de l'onde et du corpuscule); dans la neurobiologie (l'écart entre le cerveau et la pensée); la parallaxe de la différence ontologique la discordance entre l'ontique et l'ontologique; la parallaxe du Réel (le réel lacanien n'a aucune positivité substantielle, il est juste l'écart entre la multiplicité des points de vue qui le visent) la parallaxe de l'inconscient, qui commande l'absence de mesure commune entre les deux aspects de l'édifice théorique de Freud l'interprétation des formations de l'inconscient et la théorie des pulsions; et enfin la parallaxe politique, dont le vieux nom est "lutte des classes". Finalement, ce livre tente de renouveler le matérialisme dialectique, tout en restant fidèle au projet communiste.
Slavoj Zizek est tout autant philosophe que cinéphile, et Lacrimae rerum en est certainement la preuve. A travers les oeuvres de quatre réalisateurs majeurs, Krzysztof Kieslowski, Alfred Hitchcock, Andreï Tarkovski et David Lynch, c'est tout le cinéma contemporain qui est passé au crible de ses analyses percutantes. Son usage de Lacan ouvre des perspectives nouvelles et productives dans l'analyse cinématographique, qui sont aussi l'occasion d'aborder les questions de l'éthique politique, de la subjectivité, de l'altérité, des droits humains, du postmodernisme ou encore du pluralisme culturel.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.