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La lande des mortifications. Vingt-cinq pièces de nô
ZEAMI/KAN'AMI
GALLIMARD
30,20 €
Épuisé
EAN :9782070737192
Le monde du nô est pareil à une mystérieuse caverne. Pour qui a réussi à en trouver l'accès, ce qu'il voit, ainsi vu du dedans, n'a plus rien d'un antre noyé dans l'obscurité et forclos du monde. Comme par enchantement, les parois en ont disparu, tout y baigne dans une clarté radieuse et l'horizon s'y perpétue sans fin. Si fascinant qu'il soit, ce monde mortifié est le nôtre, tel qu'il se trouve livré incessamment aux turpitudes, aux passions sans issue. Et voici qu'il n'est plus traité que comme un objet dérisoire, perdu dans l'infini du temps et de l'espace, hors même le temps et l'espace, en une dimension que seules la danse et la poésie peuvent traduire. C'est bien de notre monde qu'il s'agit, quand bien même le lieu de sa représentation est un no man's land, en lequel seule la mort se laisse percevoir comme un accès obligé au Savoir suprême. Si quelques élus en possèdent la clé, les autres créatures, humaines ou spectrales, y errent en traînant, horrifiées, la douleur éternelle qui les accable. Cette mort qu'ils méconnaissent, qui les abasourdit chaque fois qu'elle se produit, porte en son négatif l'image noire d'une fermeture, dont la conséquence est l'écrasement et l'anéantissement. Ils vont et viennent ainsi sur cette lande des mortifications - la Maison de Flammes dans la mythologie bouddhique -, en quête de rencontres inattendues, dans l'attente, avec plus ou moins d'espoir, d'y recevoir un beau jour le salut.
Fils et père d'acteurs, acteur et auteur lui-même, Zeami naît au Japon en 1365. Il meurt octogénaire après avoir composé de nombreux nô et, quarante années durant, rédigé de nombreux traités sur son art, afin qu'ils soient transmis secrètement à un homme par génération. Découverts en 1909 après cinq siècles d'occultation, les voici enfin traduits en Occident. L'esthétique du nô, les recettes et les trucs du métier d'acteur nous sont enfin dévoilés.Pour illustrer ces traités, M. Sieffert, à qui nous devons déjà les Contes de pluie et de lune, a traduit également les cinq nô et les quatre farces intercalées qui composent, selon les normes japonaises, une journée de nô automnal.En pesant les mots, nous affirmons que voici l'une des plus importantes contributions de ce siècle au trésor de l'humanisme universel. Outre que les Traités de Zeami nous apprendront enfin à voir et à lire un nô, ils nous aideront à nous purger de la «japoniaiserie» et nous rendront le sens de la vraie dramaturgie. Les jeunes Japonais ont déjà compris : depuis 1945 ils reviennent au nô.Un jour, peut-être, on écrira que le renouveau de la dramaturgie européenne date de 1960, année où M. Sieffert révéla aux Français la tradition secrète du nô. Brecht ? soit ; mais Zeami, comment donc !
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.