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La Turquie moderne et l'Islam
Zarcone Thierry
FLAMMARION
22,90 €
Épuisé
EAN :9782082103190
La Turquie moderne intrigue et surprend. Héritière de l'un des plus vastes empires de la planète, l'empire ottoman, elle est aujourd'hui réduite à l'Anatolie et à une partie de l'Europe orientale. Mais elle n'en joue pas moins un rôle déterminant au Moyen-Orient et en Asie: intermédiaire indispensable des relations Ouest-Est depuis la disparition de l'URSS et l'ouverture de l'Asie centrale, elle est comptée à l'égal des plus puissantes nations. Que sait-on pourtant de ce pays peut-être appelé à entrer dans l'Europe? L'histoire moderne du peuple turc est contenue dans le ces deux mots: réformisme et pluralisme religieux. Depuis le début du XIXe siècle, l'empire ottoman témoigne en effet d'une étonnante capacité à réformer ses institutions et à transformer sa société, mariant la tradition coranique et la pensée européenne: c'est à Istanbul que le monde musulman inaugure son siècle des Lumières. Puis, au début du XXe siècle, sous l'impulsion de Mustafa Kemal, futur Atatürk, l'Empire stupéfie l'Occident en devenant une république laïque. Celle-ci a su préserver le pluralisme religieux d'une société qui se trouve au carrefour de courants variés de l'islam: de la stricte orthodoxie des oulémas aux plus étonnantes hétérodoxies, marquées par les croyances animistes et chamaniques des premiers Turcs originaires des steppes asiatiques. Aujourd'hui, la Turquie est un laboratoire politique, culturel et social unique où se conjuguent Orient, Occident, islam et modernité.
Résumé : En ce début de XXIe siècle, la peur de l'autre - et plus exactement de la religion de l'autre - ne cesse de s'accroître. Il ressort que c'est le religieux qui cristallise l'altérité, notamment dans le cas de l'islam. Dans un contexte de raidissement des relations interreligieuses en France, cet ouvrage interroge les enjeux anthropologiques de la coexistence et du rapport à l'"autre religieux" à travers le cas unique d'un pèlerinage islamo-chrétien en Bretagne toujours actif aujourd'hui. Dès 1954, l'islamologue Louis Massignon (1883-1962) greffait, "pour une paix sereine en Algérie", cette rencontre avant-gardiste sur une fête patronale bretonne dédiée aux Sept Dormants d'Ephèse, aussi connus en islam sous le nom de Ahl al-Kahf (Gens de la Caverne). Basée sur des archives inédites, cette enquête plonge d'abord dans la fabrication du pèlerinage "en train de se faire" et dans les coulisses de l'hétérotopie de Massignon : son utopie réalisée et localisée dans l'espace, où le professeur au Collège de France apparaît en "entrepreneur de l'interreligieux". Puis, l'ethnographie contemporaine révèle une autre facette du phénomène des lieux saints partagés par des fidèles de religions différentes. Bien que pensé pour le dialogue, ce pèlerinage n'est pas exempt d'ambiguïtés, notamment envers l'islam qui, malgré l'hospitalité et l'ouverture affichées, demeure "une religion invitée dans un pèlerinage inventé". Ce rassemblement inattendu se présente comme un observatoire privilégié pour éclairer les défis et les difficultés des relations islamo-chrétiennes et du vivre ensemble.
Résumé : Le cerf est un animal sacré, roi des forêts, de l'Asie centrale aux rives de l'Atlantique. Il est vénéré mais chassé, tué et mangé depuis des millénaires. Par son sacrifice, il nourrit, soigne et protège tant le corps des hommes que leur imaginaire. Animal guide, sa poursuite lance le chasseur sur les chemins de la conversion et il accompagne dans le christianisme comme dans l'islam la vie des vrais spirituels, servant de monture aux saints ou, pour la biche, donnant son lait aux ascètes. Il a conduit des peuples entiers vers des terres que les dieux leur destinaient. On retrouve ce grand communiquant au coeur des plus anciennes croyances sur le voyage des Anses, assurant le passage entre les vivants et les morts, entre les cieux et le monde d'en bas. Symbole de longévité et de résurrection, de par ses bois qui tombent chaque année quand il "refait" sa tête, le cerf est aux sources vives du sacré dans le monde des religions du Livre. Ce sont les multiples et fascinantes facettes de ce métissage culturel, des grottes de la préhistoire à l'urbanisation contemporaine, que ce travail s'est efforcé de mettre en lumière.
Les peuples d'Asie septentrionale reconnaissent parmi eux des individus doués de qualités hors du commun à qui ils confient la gestion des relations avec le monde invisible. Le terme utilisé en Occident pour les désigner, "chamane", appartient aux langues toungouses de Sibérie. Au cours de rituels destinés à une communauté, une famille ou un individu, les chamanes font surgir dans leurs chants des esprits anthropomorphes et zoomorphes et miment les dialogues, négociations et combats qu'ils mènent avec eux. Par la force ou l'habileté, le chamane obtient ainsi pour ceux qui le consultent la guérison, la fécondité, le succès à la chasse ou le croît du bétail. Les traditions chamaniques d'Asie centrale et septentrionale présentent une forte unité, notamment en raison de la continuité du fond culturel turco-mongol qui, au fil des migrations, s'est étendu jusqu'à l'Arctique et à la Méditerranée. Comme la plupart des positions sociales dans le monde turco-mongol, la fonction de chamane est fortement héréditaire. Dans les pratiques mêmes des chamanes, de nombreux thèmes directement issus de la civilisation nomade des steppes occupent une place centrale. Souvent assimilé à un guerrier ou un cavalier, le chamane d'Asie se distingue du chamane amérindien par l'attirail d'objets chamarrés dont il s'entoure: tambour, "armes", "cuirasse", "monture", cravache... La diffusion de l'islam en Asie centrale, à partir du VIIIe siècle, ne signe pas la fin du chamanisme, car celui-ci est recomposé avec cette nouvelle religion et, en particulier, avec sa forme mystique, le soufisme. Un phénomène semblable se produit dans les régions où le bouddhisme est introduit à partir du VIIe siècle (Tibet, Mongolie). Dans la nouvelle société musulmane, le chaman remplit généralement une fonction de thérapeute, parfois en association avec l'art du barde. Le XXe siècle a réuni dans un destin commun les chamanes d'Asie centrale et septentrionale, soumis aux persécutions des régimes communistes en URSS et en Chine. Vus comme des alliés de la classe dominante, de nombreux chamanes furent exilés et exécutés. Lorsque les pratiques chamaniques réapparurent au grand jour au début des années 1990, ce fut dans un monde nouveau. Si certains chamanes ont tenu à rester fidèles aux traditions perpétuées dans le secret pendant la période soviétique, d'autres ont choisi de s'adapter au monde urbanisé moderne en vendant leurs services dans le cadre d'associations. Dans les sociétés occidentales, les tenants du New Age prônent un "néochamanisme", dans lequel les rituels de guérison peuvent désormais s'enseigner, se transmettre, voire faire l'objet d'un commerce lucratif.
Le soufisme, apparu peu après la mort du Prophète Mahomet, repose sur deux idées essentielles: la conviction que le Coran possède un sens caché qui complète son message apparent, et la nécessité d'en faire une lecture intériorisée pour favoriser l'élévation spirituelle des musulmans. Voie mystique de l'islam, le soufisme encourage l'émergence de formes de dévotion nouvelles: méditations, retraites, invocations, chants et danses extatiques. A partir du XIIIe siècle, les communautés soufies se structurent en grandes confréries dont l'influence s'exerce sur la vie religieuse mais aussi politique, sociale et culturelle. Historien, spécialiste du soufisme, Thierry Zarcone retrace le cheminement de ce courant ésotérique présent dans l'ensemble du monde musulman, de l'Afrique à l'Inde, de l'Asie centrale à la Chine et à l'Indonésie. Un voyage dans le temps et dans l'espace à la découverte des doctrines, rites et pratiques mystiques dont la diversité prouve la capacité de dialogue et d'échanges avec les autres traditions religieuses, et met en lumière la dimension universelle du soufisme.
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)