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Les enfants de l'ombre. La vie quotidienne des jeunes détenus au XXe siècle en France métropolitaine
Yvorel Elise
PU RENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782753504653
On a pu penser que de la fondation de la première colonie agricole pénitentiaire à Mettray, en 1839, à la Libération, les mineurs délinquants étaient détenus dans ces rurales "maisons de correction" qui leurs étaient spécifiquement réservées. À la Libération, l'ordonnance du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante aurait permis de remplacer ces "bagnes d'enfants" par des structures véritablement éducatives gérées par l'éducation surveillée, cette nouvelle direction du ministère de la Justice créée spécialement pour cette tâche. Or, en France, la prison "ordinaire", parfois dissimulée sous une appellation trompeuse, a toujours joué un rôle déterminant dans la prise en charge des mineurs délinquants. En consacrant son travail de thèse à l'incarcération des enfants et des adolescents au XXe siècle, Élise Yvorel éclaire d'un jour nouveau, non seulement l'histoire de la justice pénale des mineurs, mais plus largement l'histoire des rapports que la société française entretient avec la fraction la plus fragile de sa jeunesse. L'auteure se livre notamment à une analyse fine, méticuleuse, détaillée de la vie quotidienne car c'est bien dans le fonctionnement effectif de la prison que se mesurent les évolutions et les pesanteurs de l'institution carcérale. Grâce à ce livre, ces enfants que l'on ne voulait pas voir, commencent à sortir de l'ombre. Biographie de l'auteur Elise Yvorel est docteure en histoire contemporaine de l'université de Poitiers. Elle poursuit actuellement ses recherche sur la prise en charge judiciaire des mineurs, notamment celle des enfants de moins de 13 ans.
Chauvaud Frédéric ; Petit Jacques-Guy ; Yvorel Jea
La demande de justice n'a jamais été aussi forte qu'aujourd'hui. Il est vrai que la Justice définit le juste et l'injuste et un système concret, celui de l'organisation judiciaire contemporaine. A l'heure actuelle, l'opinion publique considère, comme il y a presque deux siècles, que la justice est lente, coûteuse, peu efficace, qu'elle est inféodée au pouvoir politique, qu'elle est partiale, en retard sur les moeurs, trop laxiste ou trop sévère. Ces appréciations, à l'emporte pièce, ne sont pas nouvelles. Tantôt, elles s'essoufflent, tantôt elles gonflent démesurément. Reste qu'elles expriment souvent une méconnaissance de la Justice et de son histoire. Régulièrement, au lendemain de scandales judiciaires , comme l'affaire Outreau, de multiples voix se demandent comment on en est arrivé là. Et pourtant, replacée dans une perspective historique, la crise de la Justice n'apparaît pas comme une nouveauté. Depuis 1789 les demandes de réformes ont été constantes : la Justice civile, la Justice commerciale, la Justice pénale, la procédure, la codification, le rôle de la magistrature, la carte judiciaire, les droits de la défense, la célérité de la justice, le statut des victimes... Aucun aspect pratiquement n'a échappé aux exigences réformatrices, sans pour autant aboutir. Le présent manuel s'adresse d'abord aux étudiants de sciences humaines, sociales ou politiques, et aux élèves de classes préparatoires, mais aussi à tous ceux et à toutes celles qui veulent comprendre la Justice contemporaine, née avec la Révolution française. Son ambition est de donner de façon très précise les éléments clés pour saisir le fonctionnement de l'institution judiciaire et cerner ses acteurs et ses structures. Il interroge le lecteur sur la place que la Justice occupe dans la société française et donne la profondeur historique qui permet de mettre en perspective les logiques à l'oeuvre et de restituer un ensemble de contextes.Les auteurs, spécialistes de l'histoire de la Justice, ont publié de nombreux travaux sur ce thème de recherche. Frédéric Chauvaud est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Poitiers. Il a publié Le sanglot judiciaire. La désacralisation de la Justice (VIIIe-XXe siècles) (Créaphis, 1999) et dirigé La Justice en images (S & R, 2004). Jacques-Guy Petit est professeur d'histoire contemporaine à l'université d'Angers. Il est l'auteur de Ces peines obscures. La prison pénale en France. 1789-1870 (Fayard, 1990) et a dirigé récemment Une justice de proximité : la justice de paix. 1790-1958 (PUF, 2003). Jean-Jacques Yvorel est chargé d'études au Centre national de la formation et d'étude de la protection judiciaire de la Jeunesse. Il a notamment dirigé Images de l'enfance et de la jeunesse irrégulières (Le temps de l'histoire, 2004).
Le sujet préoccupe les jeunes eux-mêmes, bien entendu, mais aussi les adultes qui les entourent, parents, enseignants, travailleurs sociaux, médecins, juges, responsables politiques... Il inquiète, il paraît sulfureux, ou tabou. L'émotion suscitée dans les médias en témoigne : tournantes, tourisme sexuel, "dédipix" échangés, pilule du lendemain, difficulté d'assumer son homosexualité, etc. Sur les plateaux de télévision, à la radio ou dans les magazines, la parole est donnée aux "psy" ou aux "témoins", qui renforcent bien souvent les normes et les idées reçues. En contrepoint, ici sont réunis des historiens, des sociologues, des philosophes : trente-cinq chercheurs qui ont dépouillé les archives et mené l'enquête sur le terrain, en France, en Espagne, aux États-Unis, mais aussi en Argentine, au Cameroun, à Madagascar, en Iran, en Thaïlande, en Nouvelle-Zélande... Ce vaste panorama en trois volets, initiations, interdits, identités, permet de s'interroger sur notre actualité sexuelle : peu réprimée jusqu'à une époque récente, pourquoi la pédophilie est-elle aujourd'hui considérée comme le crime le plus abominable ? quel rôle joue la pornographie dans l'éducation sexuelle ? la violence sexuelle des jeunes est-elle plus marquée aujourd'hui ? comment se construisent les identités de genre et les orientations sexuelles chez les jeunes ? Faut-il avoir peur des jeunes et de la sexualité ? Voilà de quoi alimenter la réflexion individuelle et les débats publics tout à la fois...
De la critique de la Petite roquette durant le congrès pénitentiaire de Bruxelles en 1847 à l'affaire "Cheval pour tous", qui défraie la chronique en 1999, les institutions éducatives destinées à l'enfance "irrégulière" ont suscité de nombreux débats et des polémiques acharnées. Ce numéro de la Revue d'histoire de l'enfance "irrégulière" veut analyser les modalités et les significations de ces campagnes de protestation, menées aux XIXe et XXe siècles en France mais aussi en Belgique et en Espagne. En dépit de leurs différences, ces campagnes constituent un objet d'étude cohérent au croisement du social, du politique et du culturel. Elles dessinent les contours d'un genre d'intervention spécifique sur la scène publique, fondé sur une rhétorique dénonciatrice et sur l'usage des vecteurs de la communication de masse. Il s'agit donc d'interroger ces prises de parole dans toute leur complexité à travers leurs conditions d'émergence, leurs caractéristiques discursives et les réactions qu'elles ont suscitées.
L?ouvrage propose de retracer la naissance et les évolutions de la justice pour mineurs en s?appuyant dans un premier temps sur trois cas de figures nationales de création de justice des mineurs qui ont été totalement délaissées à ce jour par l?historiographie de langue française. l?Espagne, le Portugal et la Suisse). Le tribunal spécialisé où officie un juge des enfants est une "invention" nord-américaine. Les liens qui relient ce modèle aux déclinaisons française et canadienne font l?objet de la seconde partie. L?évolution des pratiques des tribunaux dépend largement des contextes institutionnels et sociaux dans lesquels ils déploient leurs activités. La guerre constitue un contexte singulier qui ne manque pas de générer des pratiques judiciaires spécifiques. L?opinion publique, porteuse d?émotions et d?indignations, est souvent un puissant moteur de transformation. La mesure de liberté surveillée, mise en oeuvre après l?ordonnance du 2 février 1945 dans le cadre de service de liberté surveillée, semblait être le socle "naturel" du développement de la "cure libre" et de l?action éducative en milieu ouvert.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.