Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Droit et cultures N° 63-2012/1 : S'entendre sur la langue
Koubi Geneviève ; Romy-Masliah Daphné
L'HARMATTAN
24,99 €
Épuisé
EAN :9782296965584
Entre écriture et oralité, les langues s'interpénètrent, puis s'emmêlent. Entre alphabet et grammaire, les langues se confrontent, s'affrontent, donnent à entendre leur diversité de tonalités et sonorités. Elles s'entrecroisent dans un espace où le droit n'est que langue du Pouvoir, langue écrite le plus souvent. Tout Etat, pour asseoir sa puissance, pour dire "son" droit, choisit une langue ou bien désigne plusieurs langues comme "officielles" ou "nationales". Cette posture permet de révéler certaines distorsions qui font que les locuteurs des langues non retenues comme telles sont conduits à faire de leurs langues soit un outil d'intégration sociale au risque de les décomposer, soit un instrument de résistance politique au risque de les marginaliser. Ainsi était-il indispensable de se saisir, en s'appuyant sur des observations sociolinguistiques, des qualités décernées aux langues dans toute leur pluralité - ici aux Etats-Unis, en Inde, en Malaisie, au Pérou, en Pologne et en Roumanie. Sans doute, à travers les règles en vigueur dans le domaine de l'éducation, les langues régionales, les langues minoritaires, les langues autochtones semblent subir les assauts d'un libéralisme mondialisé qui défait la culture de sa dynamique sociétale. Mais, les configurations des mesures du savoir et de la connaissance peuvent être contournées par la force d'intégration ou, à l'inverse, d'opposition, que ces langues génèrent en d'autres formes de communication, entre sabir, jargon et argot - en un mot, la créativité. S'entendre sur la langue c'est appréhender les phénomènes sociaux qui, captés par un système de droit, font que l'usage d'une langue peut être exclu de la sphère publique jusqu'à être interdit de facto de la sphère privée. Les formes d'intercommunication indispensables à la cohésion sociale ont ainsi été mises en regard dans le dossier composant ce numéro de Droit et Cultures, retenant d'une part, les caractéristiques de la langue du droit face à celles de la langue de droit(s) et, d'autre part, les fonctions sociales d'une langue par rapport à son statut en droit.
Koubi Geneviève ; Le Floch Guillaume ; Guglielmi G
La notion de continuité contrarie le discours de la "rupture". Elle lui oppose les fonctions de la transition, des passages et des traversées, lesquelles sont aussi les marques de la discontinuité. La continuité est un construit, fait de passerelles entre les espaces de temps et de liaisons entre les discours et les textes. Elle est une mise en relation entre les objets ou entre les périodes. Elle s'avère rénovatrice d'une stabilité à chaque fois calculée, jonglant avec l'imprévu et la durée, spéculant sur l'instant et la périodicité. Elle devient régénératrice des modèles sociaux et politiques en imposant le provisoire et en gérant le transitoire. La notion de continuité invite à l'étude des mutations qui convertissent les valeurs et les idéologies dominantes. Elle soutient un ordre des faits et des institutions débarrassé de sa complexité intrinsèque. Elle aménage les temps politiques en coordonnant les actions sociales et les activités juridiques. Elle n'implique ni l'immobilisation de l'histoire sur la connaissance de certains faits, ni l'invariabilité des mesures comme des espaces géographiques, ni la fixation catégorique des systèmes sociaux, ni l'intangibilité des règles, des organes ou des procédures. Bien au contraire, elle en retrace les évolutions au gré des événements et des réformes. Elle confirme ainsi la dynamique d'un discours du droit qui a pour but d'assurer aux institutions politiques et sociales une relative stabilité. Cette notion de continuité, entre faits et droit, s'inscrit alors au coeur du vocabulaire de la rupture que présupposent les mots de "révision" ou de "relance". Elle prend dès lors "sens" lorsque surviennent des changements de temps et d'espaces. Toujours estimée, évaluée et analysée a posteriori, elle est le point d'ancrage de tout système politique, juridique et social.
Résumé : La notion de harcèlement a gagné une visibilité sociale sans précédent au cours de ces dernières années. Elle a aussi connu un destin paradoxal d'un côté, une législation s'est mise en place dans différents pays, contribuant à en promouvoir une définition juridique précise ; d'un autre côté, le mot harcèlement en est venu à désigner une palette impressionnante d'agissements, de sentiments, de souffrances, qui ne se laissent pas saisir dans des catégories univoques ou qui parfois ne parviennent pas même à se dire. Ce terme vague de harcèlement semble être porteur d'un trouble contemporain, conjuguant dans une même incertitude les pressions subies dans l'impuissance, l'expérience de l'isolement social et de l'exclusion, la vulnérabilité individuelle et collective dans une société du risque. Le présent volume rassemble des réflexions sur ce phénomène aux frontières mouvantes et à la criante actualité. A partir d'horizons disciplinaires multiples - droit, sociologie, science politique, histoire, philosophie, psychologie sociale - , les analyses proposées ici interrogent la notion de harcèlement dans son historicité, sa dimension politique, son objectivation juridique, et cherchent à restituer les enjeux de société qui s'y logent. Cet ouvrage contribue à clarifier les défis inédits que posent à nos sociétés démocratiques l'abandon des règles, la montée en puissance de l'arbitraire, la banalisation de l'exclusion. En conjuguant les angles de vue, il invite à promouvoir le dialogue intellectuel pour repenser le fait social et pour renouveler nos approches du lien et de l'agir collectifs.
Cette anthologie de mythes et de contes sur le thème de l'enfant exposé convie à un périple dans l'univers des Toradja de Sulawesi, une population de tradition orale. En restituant des histoires que ses amis racontent à la veillée, Jeannine Koubi nous offre un florilège original et une ethnographie rigoureuse. Le lecteur est mis dans la situation des auditeurs toradja et peut partager leurs émotions. Au fil des récits, il découvrira que l'enfant exposé est bel et bien en danger de mort, et il est cru mort : en témoignent la souffrance de la mère, certains rites de deuil, l'incrédulité des parents à l'annonce qu'il est en vie. À quel moment a lieu cette exposition ? Quelles sont les raisons invoquées ? Un descendant, considéré comme "un bienfait", peut-il être l'instigateur d'un drame ? Quelles représentations sont associées à la forêt dense, destination principale des enfants voués à la mort ? Comment interpréter cette exposition enfantine ? L'épilogue de ces récits d'anciens répond en partie à ces questions et pose les jalons d'une étude comparative.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.