Cette étude concernant l'histoire des arts plastiques de l'Afrique contemporaine constitue une véritable banque de données sur la peinture et la sculpture telles qu'exercées à Lubumbashi (R-D Congo) entre 1945 et 2004. Mais c'est, au fond, des conditions de production du savoir dont il est question ici. Lubumbashi, métropole ouvrière du Katanga, capitale économique de l'ex Congo Belge enrichie par son développement industriel post-guerre, offrait un terrain fécond pour cette recherche alliant la tradition orale aux enquêtes sur la mémoire sociale de ses habitants. A travers une dizaine de contributions d'auteurs variés, on assiste à la naissance d'un projet de longue haleine ainsi qu'à sa mise en forme dont le premier volet, essentiel, est la sauvegarde du patrimoine étudié (plus de l 000 oeuvres seront ainsi acquises par Léon Verbeek). La vie sociale des créateurs, leur formation, l'exercice de leur art et métier, sont retracés, de même que les lieux où ils exposent et vendent leur production. Les associations de soutien aux artistes indépendants (du pouvoir politique) et les relations avec les pouvoirs publics sont passées au crible ainsi que la circulation/ commercialisation et la réception des oeuvres par le public local ou extérieur. Le site internet Lubumarts, ouvert récemment par le MRAC (Musée Royal d'Afrique Centrale à Tervuren en Belgique), déploie la totalité des banques de données formant la documentation- fleuve ainsi que l'iconographie correspondante.
Surveillant de hauts fourneaux, étudiant en philo, manutentionnaire dans une usine de saucisses, distributeur de pub dans les gares, demandeur d'emploi... A 24 ans, mon CV est plein de pointillés. Lorsque la nausée m'est venue face au lassant recopiage de mes lettres de motivation, j'ai eu envie de lâcher par correspondance toutes mes colères et tous mes rêves à ceux qui devaient les entendre: Youssef, un pote, Ernest, patron d'une très grande entreprise, Royal et Sarkozy, le directeur de l'ANPE, Lilian Thuram, Paul, le maire de ma ville... et puis Karima, une copine. Elle m'a envoyé balader. Complètement isolée, elle ne jurait plus que par elle-même. Je crois que l'on ne s'en sortira pas comme ça! Dernières tentatives de dialogue avant émeutes..." Pascal Verbèke
Résumé : Trente jours de la vie d'Alphonse, musicien, artisan... et "faiseur de miracles". Récemment installé avec Kat, sa femme, dans un village de Flandre Occidentale, il a renoncé à sa carrière de contrebassiste de jazz pour devenir peintre en bâtiment. Un choix qui lui a révélé un curieux don : au-delà de leurs murs, ce sont les failles de leur intimité que ses clients lui confient, dans l'attente d'un conseil, d'une aide ou d'un pardon. Alphonse improvise les résolutions de querelles entre voisins, les apaisements après un deuil, les petits raccords de corps et d'âme... Kat dit que sa couleur "soutane de l'ecclésiastique" invite à la confession. Car Alphonse est Noir. Et, confronté au racisme ouvert ou latent des locaux, il n'oppose qu'une réponse, aider et panser les plaies. Pourtant, ce bonheur quotidien qui apporte son lot de lumière dans la vie d'Alphonse va-t-il perdurer ?
Mes nuits étaient plus longues que mes jours car, la nuit, j'étais seule. Je regardais Remco ; il ronflait à mes côtés. C'est à lui que je devais le peu d'équilibre qu'il me restait ; mais il arrivait à dormir, et cela faisait toute la différence. Il passait directement de mon ventre chaud au Pays des Rêves, lieu dont je n'avais plus qu'un souvenir de moins en moins précis... Alors je sortais à vélo dans les rues sombres, débordante d'énergie et je cherchais la vie... " Maya est insomniaque. Non seulement elle ne peut pas dormir, mais elle déteste que les autres puissent le faire. Alors la nuit, elle erre dans les rues et appuie au hasard sur les touches des interphones pour réveiller le plus de gens possible. Un peu junkie, un peu hippie, très paumée, à la recherche désespérée de quelques heures de sommeil, elle va un soir rencontrer Benoît, qui lui non plus ne peut pasdormir. Alors commence une errance à deux, un récit à deux voix, où chacun raconte sa vie, sans but et sans repères. Souvent violent, parfois tendre, sensuel et hip hop à la fois, ce roman nous entraîne dans une longue balade à la Jack Kerouac pendant laquelle Maya et Benoît recevront des coups, se quitteront, se retrouveront - et ne dormiront pas beaucoup.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.