Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Innovations N° 10/1999/2 : Le salariat en friches
Corsani Antonella ; Boutillier Sophie ; Chanteau J
L'HARMATTAN
19,00 €
Épuisé
EAN :9782738480941
Le travail salarié est-il en vole de disparition ?... Chômage, précarité, travail indépendant, monoentreprises,... pour nombre d'économistes libéraux la société de demain sera une société d'entrepreneurs. Mais cette réhabilitation médiatisée de l'individu dans la production est Lin leurre. En période d'incertitude économique aiguë, l'adaptation de l'entreprise à l'évolution de la demande exige l'utilisation flexible du travail, où les individus sont polyvalents et disponibles à tout moment. Le salariat a été à tort considéré, lors de la période euphorique des Trente Glorieuses, comme synonyme de stabilité et de réussite sociale. La crise du modèle d'après-guerre érode le travail salarié. Les friches salariales l'attestent : les mesures d'aménagement du temps de travail, l'individualisation de la rémunération ou encore la délocalisation de la production rendent le travail plus malléable, mieux maîtrisable, moins cher. Des réservoirs de travail Superflu, exploitables à tout moment, se sont constitués à coups de mesures de libéralisation et de déréglementation des marchés. Ce numéro d'Innovations présente aussi un débat important sur les défis stratégiques et politiques de l'intelligence économique dans un contexte de forte concurrence.
Au début du 21e siècle, le capitalisme cognitif néolibéral a fait de la reproduction de la vie biologique et sociale son "coeur de métier", de l'individu conçu comme entreprise un sujet sommé d'être autonome et de la concurrence un principe régulateur de la société. Le salariat se transforme, le travail mute. Accélérée par les technologies digitales, la métamorphose du travail et des relations de travail génère des "zones grises" entre le travail salarié et le travail indépendant classiques. Une multitude de nouvelles figures précaires du travail émergent dans ces zones, des figures doubles, en tension entre l'autonomie et l'hétéronomie. Autonomie contrainte et concurrence par la coopération sont les oxymores de la société du travail née des noces du capitalisme cognitif et du néolibéralisme. Pourtant, c'est dans ces zones grises que des stratégies originales de résistance s'inventent. Il ne s'agit pas seulement de dire "non" à la raison néolibérale, il s'agit d'affirmer positivement, de manière pragmatique, par l'expérimentation politique et sociale, des formes économiques diverses. Plus précisément, un système de protection sociale mutualiste et une entreprise coopérative "sans patrons". Chercheuse impliquée, spécialiste des mutations du travail, des métamorphoses du salariat et de l'essor d'expérimentations socio-politiques originales, notamment dans le champ de l'économie sociale et solidaire, Antonella Corsani a accompagné ces mouvements inédits pendant plusieurs années en France. Ces histoires de résistance attestent une tension permanente vers la liberté comme autonomie véritable, dans un contexte où l'autonomie individuelle est, en quelque sorte, prescrite. Les collectifs de travail qu'elle a observées in situ désirent la mutualisation et la coopération. Leur but est d'accroître l'autonomie réelle de chacune et du groupe par l'interdépendance. Et des chemins de la liberté de s'ouvrir ainsi, à tâtons.
Quelque part, au coeur des Alpes du Sud, gît l'océan. Du Mont Viso, forgé dans la croûte océanique, à la Méditerranée, héritière de l'océan disparu, le ressac de la mer résonne jusque dans les profondes vallées, par-delà les cimes, comme l'écho d'un lointain passé. Témoignage de la roche, évocation de mythes anciens, ce voyage géologique nous entraîne jusqu'au rivage des Alpes océanes, avant l'immersion, au plus haut des sommets, dans la profondeur des abysses. Étonnante Odyssée proposée par le photographe, le géologue, l'écrivain et l'alpiniste. Où l'on découvre, dans des massifs que l'on croyait familiers, les portes d'un monde jusqu'alors inexploré.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.