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Che vuoi ? N° 34, 2010 : La metaphore
Reznik Serge
L'HARMATTAN
20,00 €
Épuisé
EAN :9782296133020
Dès ses premiers travaux sur l'hystérie et les psychonévroses de défense, Freud met en évidence un " complexe nucléaire des névroses ", qu'il appelle d'abord " complexe paternel ", puis " complexe d'OEdipe ". Lacan identifie cette fonction du père comme une métaphore, la " métaphore paternelle ", précisant qu'elle fonde la loi et permet le désir. La métaphore se distingue d'une simple analogie car elle accueille un élément hétérogène, elle ouvre à de l'inconnu, elle crée de l'insu. Et pour un peu elle métamorphose. La fonction paternelle est rapprochée du fonctionnement du langage : on la voit à l'oeuvre dans les mythes, qui métaphorisent les temps subjectifs structurant l'expérience humaine, et également dans l'invention poétique, riche d'interprétations nouvelles. Le dernier enseignement de Lacan reprendra la distinction posée dès le début entre le symbolique, l'imaginaire et le réel, pour interroger les différentes formes de leur nouage. On verra que ces conceptions évolutives ne sont pas sans incidences sur la clinique, particulièrement la clinique des psychoses.
Le transfert est une découverte majeure de Freud, aujourd'hui cruciale car seul le traitement psychanalytique du transfert permet de dépasser la suggestion en même temps qu'il rend compte de ses effets. Il est le moteur du mouvement de parole qui va de l'un à l'autre, bien au-delà d'une conversation. Mais ce moment de parole rencontre inévitablement des obstacles qui sont de l'ordre de sa réalisation. L'analyste soutient ce dialogue de sa présence et de son corps. Il lui appartient de l'orienter vers le lieu tiers, parfois espace mythique, où se produit du sujet. Nous interrogeons dans ce numéro les différentes figures du transfert : espace de parole, amour, haine, savoir. Sa disparité, son caractère étrange et toujours surprenant, la temporalité autre de l'inconscient sur laquelle il ouvre.
La psychanalyse n'apporte aucune certitude ; elle les fait, au contraire, plutôt vaciller. La clinique freudienne écoute la singularité que le patient confie, dans le cadre du transfert, à son analyste ; elle repose sur le saisissement des émergences de l'inconscient et conduit à distinguer la structure des névroses, psychoses et perversions. En accueillant le discours de l'autre, le psychanalyste accompagne le sujet dans ses élaborations et l'aide à franchir les obstacles qui l'arrêtent dans sa vie : cet accompagnement a pour objectif de gagner une plus grande liberté intérieure. Mais comment soutenir l'autre dans sa parole ? Comment restituer au plus près son exploration intime ? Le présent livre examine dans cette perspective le rapport de la clinique à l'écriture et le rôle de l'analyste dans la transmission de sa pratique, en ayant parfois recours à la fiction. Si la littérature transforme la vie en lettres, la psychanalyse, quant à elle, vise à redonner ses lettres à la vie. Pour ce faire, ne convient-il pas de laisser libre cours à l'inventivité de la langue ? Ne convient-il pas d'oser la poésie ?
Freud, qui avait observé dans le service du Pr Charcot les limites de la suggestion et de l'hypnose expérimentées sur les hystériques, inventa cette " fiction transférentielle " qu'est la cure psychanalytique, où l'association libre permet de dénouer les symptômes de ceux " qui souffrent de réminiscences " par les effets de la parole. Lacan montre deux versants cliniques de la psychopathologie, qui communiquent par leurs bords : le versant du signifiant, les fantasmes, lapsus, actes manqués, symptômes, inclus dans ce que Freud appelle névrose, et celui du réel impossible, délires, acting out, étrangeté, qui se manifestent avec insistance ou fracas dans la psychose. Les textes rassemblés dans ce numéro explorent les éléments fondamentaux de la clinique psychanalytique, donnent un aperçu de la singularité qui ne peut en être éliminée et soulignent le caractère toujours subversif de la découverte freudienne.
Résumé : "Proposer une biographie de l'inconscient constitue une entreprise particulièrement audacieuse. Pour Salomon Resnik, il s'agit de bien autre chose que de composer une histoire du concept de l'inconscient. Certes, le chapitre qui donne son titre à l'ouvrage décrit avec minutie le long cheminement de ses préconceptions à travers les catégories de l'obscur, de l'occulte, du caché, du secret et de l'énigmatique. Mais ce propos initial est constamment éclairé et enrichi par deux autres thèmes : l'inconscient est aussi notre biographe ; il écrit notre vie et c'est le trajet et l'expérience de la cure qui nous la fait connaître. Enfin Salomon Resnik sait aussi qu'il propose en même temps dans ce livre une véritable autobiographie de son rapport à l'inconscient. Que le lecteur se laisse porter par une pensée éminemment suggestive et associative, et il découvrira que si l'auteur tente de " rendre plus visible " son inconscient, il invite aussi celui qui le lit à rendre le sien moins opaque. Un parcours passionnant et émouvant d'un homme qui a inscrit sa vie dans la psychanalyse pour y scruter l'identité humaine et ses frontières avec la folie, avec l'art, avec l'incessant questionnement de la philosophie.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.