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Jouer le monde. La scène et le travail de l'imaginaire
ET THEATRALES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782930416113
Dans ce titre -Jouer le monde -se nouent les thèmes qui marquent le travail de Robert Abirached, explorateur de l'imaginaire, historien et professeur, auteur dramatique, chroniqueur de l'actualité, grand commis de l'Etat. Un oeil sur l'héritage de Vilar et de Blin, l'autre sur le théâtre à venir, sans concession aux effets de mode, RobertAbirached occupe sur l'échiquier théâtral et culturel une place primordiale et féconde. Les textes ici rassemblés, offerts par quelques-uns de ses amis -écrivains, hommes de théâtre, universitaires -, croisent très librement les champs dans lesquels il a oeuvré. Etudes sur l'acteur et le personnage, essais sur les poétiques du contemporain (Koltès, Beckett, Schéhadé, Matéi Visniec…), réflexions sur la politique théâtrale et la pédagogie, mais aussi hommages d'un poème, d'une nouvelle, d'une pièce brève inédits.
Grâce à son répertoire, le théâtre dispose d'une mémoire, mais elle n'est pas statique et, comme les vagues de l'océan, pour des motivations secrètes, certaines formes anciennes remontent tandis que d'autres déclinent. La tragédie, plus particulièrement dans les trente dernières années, concentre l'attention de la scène qui se confronte à ses récits fondateurs aussi bien qu'aux difficultés de traduction et de représentation qu'elle implique. Pourquoi ce retour à la tragédie ? Quelles attentes comble-t-elle ? Le questionnement ne peut que déboucher sur une exploration des motifs qui impliquent le théâtre tout en le débordant. Pour la mise en scène de la tragédie, il n'y a pas de questions plus urgentes que celles de la distance ou du rapprochement, du regard porté sur l'étrangeté fondatrice ou de l'effort qui vise à procurer un effet de proximité. La trame ancienne et la chaîne moderne ont souvent partie liée au point de fournir une somme temporelle où l'archaïque et l'actuel cohabitent dans un accouplement violent et délibéré des contraires. Le théâtre tout en le débordant. Pour la mise en scène de la tragédie, il n'y a pas de questions plus urgentes que celles de la distance ou du rapprochement, du regard porté sur l'étrangeté fondatrice ou de l'effort qui vise à procurer un effet de proximité. La trame ancienne et la chaîne moderne ont souvent partie liée au point de fournir une somme temporelle où l'archaïque et l'actuel cohabitent dans un accouplement violent et délibéré des contraires.
Le XXème siècle a connu une série de révolutions qui ont affecté la nature et la configuration de la scène et de la salle de théâtre, éloignant celles-ci du modèle dominant du théâtre à l'italienne. Du théâtre total à l'espace vide, du lieu récupéré au lieu consacré, de la scène architecturée à la scène spontanée, cette évolution a bénéficié de l'apport de personnalités aussi diverses qu'Appia, Craig, Piscator, Meyerhold, Artaud, Grotowski, Wilson, Mnouchkine, Brook, Kantor, Vitez et bien d'autres. Des colloques significatifs ont rythmé ce mouvement, tel celui de la Sorbonne en 1948 et celui de Royaumont en 1961, où il fut estimé que le théâtre à l'italienne est chose morte. Etudes théâtrales a voulu faire le point sur l'évolution de l'architecture théâtrale, en rapport avec la dramaturgie et la scénographie, durant le dernier quart de ce siècle. Le temps de l'architecture et le temps de la représentation n'apparaissent plus aujourd'hui en coïncidence. Il s'est sécrété un autre alliage entre le texte et la scène, entre le bâtiment et la ville : l'important est le lien qui se tisse, mais aussi l'écart qui s'instaure, la tension qui naît. Médiatrice, la scénographie s'impose comme une architecture de passage. Les diverses contributions de ce volume émanent de praticiens et d'universitaires, qui établissent un bilan de la situation historique et esthétique en Belgique et en France, en faisant l'inventaire des conceptions passées et présentes, en s'efforçant de préciser le questionnement et de le mettre en perspective. Pour mieux préparer l'avenir.
Le théâtre d'intervention témoigne d'une volonté de sortir du champ clos du théâtre : sortir des théâtres institués pour partir à la recherche de nouveaux espaces collectifs ; sortir du répertoire dramatique pour produire une autre culture ; sortir du clivage acteurs-spectateurs pour créer une parole collective. Il nous paraît opportun de faire le point sur les expériences et les projets qui se réfèrent aujourd'hui au théâtre d'intervention. Il s'agit d'interroger quelques-uns de ceux qui le pratiquent, en Belgique, en France, ailleurs en Europe, et sur d'autres continents. Leurs témoignages et réflexions se font écho de manière particulièrement stimulante, y compris à travers leurs contradictions, assumées de manière productive.
Est-ce bien la peine de s'intéresser à la farce en cette fin de XXème siècle ? D'aucuns pourront juger que cet "affrontement comique de personnages populaires cherchant à duper ou à dominer autrui" n'engendra que gaudrioles bien trop vulgaires pour qu'on s'y attarde. C'est bien sûr faire peu de cas de l'énorme succès européen de la farce et de sa «cousine» la commedia dell'arte entre le XVème et le XVIIème siècle. Les désirs humains, dans ce qu'ils ont d'élémentaire et de primordial -le «bas matériel et corporel» selon la formule de Bakhtine -y sont crûment exprimés, théâtralité ignoble qui ne choquait pas au Moyen Age mais que les humanistes et les «doctes» combattirent avec rage -et avec succès. Chassée des théâtres, l'humeur farcesque se réfugia dans les parades de la foire, les entrées de clowns et les numéros de cabaret ou de caf'conc'. Mais il faut attendre le tournant du XXème siècle pour assister à une véritable résurrection du farceur : Ubu roi de Jarry, théâtre anarchiste de Mirbeau et Malato, Mystère Bouffe de Maïakovski... Plus tard viendront Brecht et Ghelderode, puis Dario Fo et Alain Badiou... Le cinéma et la télévision offriront quant à eux un tremplin à ces autres «farceurs» que sont Charlie Chaplin, Tex Avery ou les Guignols de l'info... Et l'on se remet à «traduire» et à jouer des farces du Moyen Age.